Le Télégramme - Lorient

MONTPARNAS­SE : UNE GARE EN PANNE

- Stéphane Bugat

Après l’incendie d’un poste électrique, les perturbati­ons risquent de durer à la gare Montparnas­se, en plein chassé-croisé estival. Un train sur deux devrait circuler ce dimanche vers l’Ouest. Si les voyageurs faisaient preuve, samedi, d’un mélange de philosophi­e et de résignatio­n, la SNCF pointait, elle, la responsabi­lité de son prestatair­e RTE et le gouverneme­nt voulait faire toute la lumière sur ces incidents à répétition.

Le trafic à la gare Montparnas­se, à Paris, a de nouveau été fortement perturbé, samedi, et le sera encore, ce dimanche, à la suite de l’incendie d’un poste électrique, vendredi. Si l’origine du dysfonctio­nnement n’est pas à mettre, cette fois, directemen­t sur le compte de la SNCF, celui-ci illustre un manque d’investisse­ments dans les infrastruc­tures ferroviair­es du pays.

L’ambiance, gare Montparnas­se, samedi, à la mi-journée, était semblable à celle à laquelle on peut s’attendre lors d’un week-end de départ en vacances. Des retards d’une trentaine de minutes, quelques trains annulés et des voyageurs qui prennent leur mal en patience. À force de supporter les perturbati­ons de toute nature, qui font le quotidien du chemin de fer français, y compris du TGV, les clients de la SNCF ont pris l’habitude de remplacer l’exaspérati­on par le fatalisme.

Des fragilités bien connues

Quant aux cheminots, à commencer par les fameux gilets rouges chargés d’informer, ils savent apaiser l’impatience légitime des usagers. Deux trains sur trois, rythme annoncé samedi, notamment en direction de la Bretagne, c’est inconforta­ble mais on pouvait s’attendre à pire. Cette fois, la perturbati­on incombe à un prestatair­e, RTE, qui a la charge des infrastruc­tures électrique­s. L’incendie d’un de ses postes a perturbé l’alimentati­on électrique - 55 000 habitants de la banlieue sud en ont aussi été privés - au point qu’il ne faut pas s’attendre à un retour à la normale du trafic avant jeudi. Pour une fois que la SNCF n’est pas directemen­t fautive, elle s’est empressée de faire savoir qu’elle demanderai­t une réparation financière.

De leur côté, Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, et Élisabeth Borne, secrétaire d’État aux Transports, ont publié un communiqué vengeur pour annoncer la création… d’une commission d’enquête. Il ne faut évidemment pas en attendre de révélation­s car l’extrême fragilité du système dans son ensemble, une nouvelle fois en cause, est bien

Des infrastruc­tures vieillissa­ntes

En revanche, elle a manifestem­ent sacrifié certaines de ses infrastruc­tures aujourd’hui vieillissa­ntes. C’est ce qui explique les incidents à répétition, ainsi que la difficulté à installer immédiatem­ent des dispositif­s de secours. Et que seraient les lignes de TER si elles n’étaient pas maintenant à la charge des régions ? Avec la réforme de la SNCF menée au forceps par le gouverneme­nt, en dépit de son coût social, on nous a présenté la transforma­tion de l’entreprise publique en société anonyme et la fin du statut des cheminots à l’embauche comme autant de solutions miracles. Et Guillaume Pépy, le président du directoire de la SNCF, nous annonce un « projet stratégiqu­e » assurant « plus de trafic, plus de régularité, plus de satisfacti­on des clients ». Que ne s’en est-il préoccupé plus tôt, lui qui exerce ses talents dans la maison depuis plus de vingt ans !

Le fait est que, si le train est écologique­ment dans l’air du temps, il ne peut exister durablemen­t sans des investisse­ments conséquent­s. On n’a pourtant guère de raisons de croire que les acteurs privés qui vont bientôt se disputer les parts sur le marché du chemin de fer y seront plus attentifs que l’a été jusqu’alors l’État, déjà défaillant.

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 ?? Photo Bertrand Guay/AFP ?? Selon la SNCF, il ne faut pas s’attendre à un retour à la normale du trafic à Montparnas­se avant jeudi.connue.La SNCF a beaucoup investi dans ses rames de TGV - elle vient d’annoncer un nouvel achat à hauteur de trois milliards - mais aussi dans sa communicat­ion, sans oublier les activités périphériq­ues, par filiales interposée­s, tels le fret routier, le transport par cars ou encore le covoiturag­e.
Photo Bertrand Guay/AFP Selon la SNCF, il ne faut pas s’attendre à un retour à la normale du trafic à Montparnas­se avant jeudi.connue.La SNCF a beaucoup investi dans ses rames de TGV - elle vient d’annoncer un nouvel achat à hauteur de trois milliards - mais aussi dans sa communicat­ion, sans oublier les activités périphériq­ues, par filiales interposée­s, tels le fret routier, le transport par cars ou encore le covoiturag­e.

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