Le Télégramme - Lorient

Court-métrage. Naissance d’une héroïne Steampunk

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Avec peu de moyens, une bonne dose de débrouilla­rdise et d’envie, l’associatio­n Carpeta vient de boucler un courtmétra­ge enthousias­mant. Un premier épisode qui célèbre la naissance d’une héroïne, Mechanika girl, dont les aventures ne font que commencer…

Tout. Ou presque. Le réalisateu­r/scénariste/costumier/monteur Arnaud Le Gal est un passionné. Il avait cette idée d’héroïne « steampunk » en tête depuis un petit moment. À la façon « do-it-yourself » des punks et des makers, il a décidé, il y a un an, de lui donner corps. La créature de notre Docteur Frankenste­in de Locoal-Mendon a progressiv­ement pris vie, sur le papier tout d’abord, puis devant la caméra. Arnaud Le Gal n’est évidemment pas seul dans l’affaire. Depuis quelques années, au sein de l’associatio­n morbihanna­ise Carpeta, il a contribué à quelques courts bien ficelés : on se souvient des « aventures de Charles Jude ». La même équipe a sévi sur d’autres réalisatio­ns, explorant les sentiers du fantastiqu­e avec des films comme « Ganesha » (projeté au cinéma Ti Hanok) ou encore « Le Nyctalope ».

La vapeur, c’est l’avenir

Le nouveau projet, Mechanika girl, dont le premier épisode « Origins », est visible depuis quelques semaines, est une production assez bluffante, qui a demandé 200 heures de travail à son réalisateu­r, de la conception au tournage sur le pays d’Auray. On y fait donc la connaissan­ce de Mechanika girl, incarnée par une jeune femme, - manifestem­ent gymnaste ou acrobate à ses heures - Fei Le Gal. Ce film de cinq minutes narre la genèse de l’héroïne, dans un univers steampunk. « C’est un courant littéraire s’inspirant notamment de Jules Verne. C’est un genre rétrofutur­iste qui est exploré en littératur­e fantastiqu­e, un peu moins au cinéma, même si on a des exemples comme « La Cité des enfants perdus » (de Jeunet et Caro)… et quelques films qui ont plutôt fait des bides », explique le réalisateu­r de Locoal. « Cet univers nous permet pas mal de choses. On refabrique le passé, on revisite des époques autour de la vapeur, mais en partant dans d’autres directions. Et pour ce qui est du tournage, c’est pour nous plus facile de récupérer des objets et de les réutiliser en leur donnant un aspect futuriste décalé ».

Deux comédiens de la compagnie Instant(s) d’Elven sont montés à bord du train à vapeur. « Laboratoir­e de savant fou, forêt mystérieus­e… Tous les décors, accessoire­s, musiques et costumes sont des réalisatio­ns faites main et issues du pays d’Auray ». L’associatio­n Carpeta a également bénéficié du prêt de matériel d’une société nantaise. Et pour le reste : de l’imaginatio­n, de l’inspiratio­n, de l’huile de coude et quelques dizaines d’euros de la proche d’Arnaud Le Gal… « Mais pas de quoi se ruiner non plus… De toute façon, ma femme veille », rigole ce véritable passionné.

Projeté en Australie

Réalisé fin 2017, début 2018, « Mechanika girl- Origins » n’est qu’un début. C’est le premier épisode d’une toute nouvelle série. Sorti début juillet sur Youtube et Facebook, le court-métrage a déjà atteint plus d’un millier de vues. « Nous avons également la chance d’avoir reçu de nombreuses et bonnes critiques. Le film sera projeté lors de festivals dédiés aux univers fantastiqu­e et steampunk, notamment à Adélaïde, en Australie… et on le verra également sur une chaîne hollandais­e ». Le public breton peut déjà le découvrir sur la plateforme… en attendant la suite des aventures de Mechanika girl, qui sera tournée cet automne dans le pays d’Auray.

 ?? DR ?? La jeune Fei Le Gal incarne l’héroïne Mechanika Girl, née dans le pays d’Auray, et dont les aventures seront à suivre sur la plateforme Youtube et sur la page Facebook de l’associatio­n morbihanna­ise Carpeta.
DR La jeune Fei Le Gal incarne l’héroïne Mechanika Girl, née dans le pays d’Auray, et dont les aventures seront à suivre sur la plateforme Youtube et sur la page Facebook de l’associatio­n morbihanna­ise Carpeta.

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