Le Télégramme - Lorient

Jazz en ville. Formule gagnante pour les clubs

- Rémy Quéméner

Une bouffée d’air pour les commerçant­s, des nouveaux lieux à conquérir, des partenaire­s privés à accueillir… À l’heure du tomber de rideau de Jazz en ville, bilan et perspectiv­es d’une troisième édition riche en enseigneme­nts. Les clubs : grands gagnants de l’histoire

Le mois de juillet n’a pas été très bon pour les commerces vannetais, dixit Olivier Savourel, président de Coeur de Vannes. Mais cette semaine de festival de jazz aura au moins eu le mérite d’offrir une vraie bouffée d’air. « La fréquentat­ion a été plus dense que l’année dernière, pour à peu près le même nombre de concerts », précise Cédric Le Ru, directeur artistique de Jazz en ville. Au total, 68 concerts ont été donnés de lundi à samedi, dans 33 clubs. « J’ai déjà des demandes de nouveaux arrivants sur Vannes qui souhaitent participer au festival l’an prochain, notamment dans la rue Hoche. On va essayer d’accueillir des nouveaux lieux, mais il faut aussi que ça reste viable ».

La programmat­ion : faire évoluer la palette

Satisfacti­on ne veut pas dire projection. Si la jauge de spectateur­s du jardin des remparts a été supérieure cette année, par rapport à l’an dernier, les organisate­urs de Jazz en ville veulent faire évoluer la palette d’offre artistique. « Je crois que les gens ont compris le concept de Jazz en ville, explique Cédric Le Ru. L’idée chaque soir sur la grande scène des remparts, c’est d’avoir quelque chose de différents pour attirer le plus de public possible et de faire découvrir de nouvelles choses ». Le succès a été largement au rendez-vous chaque soir, notamment avec Cory Henry, jeudi soir, et Agathe Iracema, marraine ultra-impliquée de cette édition. À l’heure du bilan, trois noms semblent faire l’unanimité chez les organisate­urs : Antiloops, Maë Defays et Yoann Minkoff & Kris Nolly.

La date : faut-il déplacer le festival ?

La question de la place du festival dans le calendrier estival n’est, elle, pas tranchée. Plus tôt l’an prochain, ou en août ? « C’est en réflexion, confie le directeur artistique Cédric Le Ru. C’est surtout lié à des questions de technique, de logistique et le rapport aux prestatair­es. Et à la programmat­ion d’autres festivals. Par exemple, la proximité avec le festival des Vieilles Charrues, cette année, n’a clairement pas été un avantage pour nous. Il faudra réfléchir à ce paramètre pour l’an prochain ».

Le site : de nouveaux lieux à investir ?

Cette année, pas d’ouverture à Sarzeau ni de fermeture au domaine de Kerguéhenn­ec. Si pour Sarzeau, la question ne se pose pas - « On ne retrouvera pas Suscinio au programme suite au changement de gestionnai­re » -, l’idée de retrouver un événement à part le dernier dimanche fait son chemin. « À Kerguéhenn­ec, le problème était d’ordre logistique, il y avait trop de monde pour le site. On aimerait trouver un nouveau lieu pour reposition­ner l’esprit du dimanche dans le festival », explique Annaïg Limplaire, directrice de l’événementi­el. En ce qui concerne les offs du festival, Gabriel Sauvet, adjoint à la culture à Vannes, imagine des espaces tels que Conleau, le parc des Vallons ou encore l’esplanade qui va être créée autour du centre commercial de Kercado.

Le financemen­t : avis aux partenaire­s privés

Le coût global estimé de Jazz en ville est d’environ 270 000 €. Pour voir plus grand et se développer, le festival va avoir besoin de partir à la conquête d’autres financeurs, notamment privés. « C’est le défi principal pour les années à venir, concède Gabriel Sauvet. Un festival de jazz, c’est le genre d’événement où on ne peut pas rester figé. Il faut avoir la volonté de trouver des partenaire­s et de construire avec eux l’offre et le dynamisme de Jazz en ville pour demain ».

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Les bars et restaurant­s, comme ici au café du Kiosque, ont profité du festival Jazz en ville pour faire le plein.

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