Le Télégramme - Lorient

Daghestan. Mobilisati­on autour d’une famille

- Céline Le Strat

462 c’est, pour le moment, le nombre de signataire­s de la pétition en ligne contre l’expulsion d’Islamoutdi­ne, de Nouria et de leurs enfants. Cette famille originaire du Daghestan, une république fédérée de Russie, est arrivée à Riec-sur-Bélon en 2014, dans un logement du Cada (Centre d’accueil de demandeurs d’asile). Leur histoire et leur intégratio­n ont touché bon nombre d’habitants qui se battent aujourd’hui pour leur permettre de rester en France et particuliè­rement à Riec-sur-Bélon.

Le samedi 21 juillet, Islamoutdi­ne et Nouria ont reçu une OQTF, une Obligation de quitter le territoire français après sept ans passés en France. Ils sont arrivés à Mont-de-Marsan (40), en bus avec leur enfant de 1 an. Hébergés dans un Cada, un centre d’accueil pour réfugiés, ils ont vécu dans les Landes la naissance de leur second bébé.

Le père de famille, dans un français balbutiant, explique pourquoi il a dû fuir son pays : « J’ai fait de la prison, j’étais en danger là-bas. Pour sortir de prison,

Mellac

j’ai dû signer un accord avec la police pour devenir informateu­r, je ne voulais pas faire ça mais c’était le seul moyen pour sortir ».

« Ils sont courageux et admirables »

Alors qu’ils sont encore dans les Landes, une première demande d’asile leur est refusée. La famille retourne au Daghestan en 2012 mais est de nouveau contrainte de fuir. Islamoutdi­ne, Nouria et leurs deux enfants passent par l’Allemagne en camion pour rejoindre la France. Le Cada les oriente alors vers Riec-sur-Bélon. Après un second refus de droit d’asile en février 2016, leur logement leur est retiré. Ils sont depuis hébergés dans un logement, mis à dispositio­n de l’associatio­n par la commune de Riec-sur-Bélon. La solidarité s’est organisée autour de cette famille. « Ils sont courageux et admirables », explique Nachida Delagnes, membre de Cent pour un toit, qui leur a donné des cours de français. « En quatre ans, la famille s’est complèteme­nt adaptée, les enfants sont bilingues et très intégrés. Ils font partis du club de judo, les habitants sont choqués, leurs enfants sont amis avec ceux de Nouria et Islamoutdi­ne. Les parents sont bénévoles aux Restos du coeur, à l’école », énumère les membres de Cent pour un toit. Nouria, 39 ans et Islamoutdi­ne, 50 ans n’ont pas encore parlé à leurs enfants de leur possible expulsion, « ils n’ont pas besoin de savoir, je sais qu’ils ne veulent pas partir d’ici ». La famille vit dans la peur d’une décision défavorabl­e, « Ma mère m’a dit : Ne revenez pas, c’est dangereux ici », déclare Islamoutdi­ne. L’associatio­n

Réunion publique lundi

Dès la réception de l’OQTF, Cent pour un toit a contacté un avocat quimpérois spécialisé dans le droit des réfugiés. « Il nous a dit qu’il fallait agir vite, qu’il fallait transmettr­e au préfet des lettres d’habitants, d’employeurs qui plaideraie­nt pour la cause d’Islamoutdi­ne et de Nouria », explique l’associatio­n. Des heures de ménages, quelques dépannages à droite à gauche ont permis à la famille de gagner un peu d’argent mais surtout le soutien des habitants, « certains sont prêts à les embaucher, à leur faire un contrat, à écrire des lettres si ça peut leur permettre de rester », explique Cent pour un toit. L’associatio­n cherche également à recevoir le soutien des politiques locaux. Côté juridique, un recours a été déposé mardi par l’avocat, il sera examiné sous trois mois. Sans réponse positive, la famille pourra faire appel. L’associatio­n Cent pour un toit organisera une réunion publique ce lundi, « pour informer et rassembler tous les soutiens ». L’associatio­n est prête à aller jusqu’au bout pour permettre à la famille de rester en France, « on sera assez nombreux pour s’accrocher à l’avion ».

 ?? Télégramme/Céline Le Strat ?? L’associatio­n Cent pour un toit se mobilise pour que Nouria, Islamoutdi­ne et leurs enfants, originaire­s du Daghestan, puissent rester en France.Lemet en avant le fait que les deux derniers enfants sont nés en France, « Ils ont trois enfants de 8, 7 et 2 ans et on leur demande de retourner dans un pays qu’ils ne connaissen­t pas ! »
Télégramme/Céline Le Strat L’associatio­n Cent pour un toit se mobilise pour que Nouria, Islamoutdi­ne et leurs enfants, originaire­s du Daghestan, puissent rester en France.Lemet en avant le fait que les deux derniers enfants sont nés en France, « Ils ont trois enfants de 8, 7 et 2 ans et on leur demande de retourner dans un pays qu’ils ne connaissen­t pas ! »

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