Le Télégramme - Lorient

Thomas. Ce pistard qui aimait la bière

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Yves-Marie Théréné En terminant 3e du contre-la-montre de samedi, à 14 secondes du vainqueur Tom Dumoulin, Geraint Thomas a assuré son premier Tour de France. Pour y parvenir, le Gallois de 32 ans a fait de nombreux sacrifices. A commencer par renoncer à boire des pintes de bière.

Le parcours de Geraint Thomas ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France avec la Sky en 2012. Comme le Britanniqu­e, le Gallois s’est construit un sacré palmarès sur les vélodromes. Spécialist­e de la poursuite, il est double champion olympique de poursuite par équipes en 2008, à Pékin, et en 2012, à Londres. C’est à ce moment-là qu’il a définitive­ment tourné la page de la piste pour se consacrer exclusivem­ent à la route, où il avait montré de solides aptitudes dans sa jeunesse. En 2004, il avait en effet remporté Paris-Roubaix juniors.

Avant-dernier de son premier Tour

Passé profession­nel en 2007 dans l’équipe Barloworld, Geraint Thomas a découvert le Tour de France en 2007. Il avait alors 21 ans et était le plus jeune coureur de la Grande Boucle, qu’il a terminée à la 140e place sur 141. À cette époque, il n’imaginait pas gagner la plus grande course au monde onze ans après.

Cycliste puissant, capable d’envoyer des braquets énormes, comme il l’a fait samedi sur le contre-la-montre entre Saint-Péesur-Nivelle et Espelette, le Gallois, recruté par Sky en 2010, s’est transformé en coureur capable de gagner un Grand Tour en perdant du poids, sans perdre sa puissance.

« J’aimais vider les pintes »

« Quand je faisais de la piste, j’étais gros. Comme tout bon Gallois, j’aimais vider les pintes », confessait-il au journal L’Equipe. Thomas a fait une croix sur la bière et il a perdu cinq kilos depuis ces années de pistards. Aujourd’hui, il est passé sous les 70 kg pour 1,83 m. Présenté comme un gros travailleu­r à l’entraîneme­nt, le Gallois a alors fait de gros progrès en montagne. Vainqueur de Paris-Nice 2016 et du Critérium du Dauphiné 2018, il a montré sa fiabilité sur des courses d’une semaine mais, avant ce Tour 2018, il n’avait jamais affiché de garantie à tenir trois semaines. Sur ses huit premières participat­ions du Tour, son meilleur classement était 15e (2015 et 2016). Geraint Thomas a aussi la réputation d’être un coureur qui tombe souvent. En 2013, lors du premier sacre de Chris Froome sur le Tour, il avait chuté dès la première étape et avait bouclé l’épreuve, malgré une fracture du bassin. En 2017, la poisse ne l’avait pas quitté.

Au Tour d’Italie, où il était leader, il avait abandonné après avoir percuté une moto. Quelques semaines après, il avait quitté le Tour de France sur chute.

« La piste m’a aidé »

La roue de la malchance a tourné cette année. Super-équipier de Froome, Geraint Thomas a fait un Tour sans faute. Il s’est vite retrouvé devant son leader au général sans avoir cherché à l’être. Ensuite, rien ne l’a perturbé.

Ni les sifflets subis par la Sky tous les jours, ni les tentatives d’opposition entre lui et Froome sur le thème « qui est le leader ? », ni les coups de moins bien du quadruple vainqueur du Tour. « La piste m’a aidé à rester dans ma bulle. »

Cela vaut bien une bonne bière, voire plus. « Ce soir (samedi), je ne vais pas trop fêter. Je prendrai une bière ou deux, peut-être un burger. Mais la vraie célébratio­n, ce sera à Paris. »

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Parti de Vendée avec le statut de super-équipier, Geraint Thomas a bousculé la hiérarchie établie dans l’équipe Sky.
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