Le Télégramme - Lorient

Le Supercar plein gaz !

- Kilian Kerbrat

Plus d’engagés, plus de sponsors, une médiatisat­ion et un niveau accrus… Pour encore plus de spectacle. Catégorie reine du rallycross, le Supercar est en plein essor. La preuve à Kerlabo, samedi, lors des qualificat­ions.

À Kerlabo, 25 Supercars sont sur la ligne de départ. « C’est simple, il y a quatre ou cinq ans de ça, on avait du mal à être dix », souligne Jonathan Pailler, une des figures de la discipline depuis plusieurs saisons, en tête à l’issue de la première journée des qualificat­ions. Lors des trois premières manches de l’année, à Abbeville, Essay et Châteaurou­x-Saint-Maur, ils étaient même 30 Supercars engagés. Du jamais vu.

Mais qu’est-ce qui explique ce nouvel engouement pour la catégorie reine du rallycross ? « Je pense que c’est l’attrait du championna­t du monde, poursuit Jonathan Pailler, qui vise notamment la présence de Sébastien Loeb. Ça passe en direct le dimanche à la télévision sur La chaîne l’Équipe, qui est gratuite et publique. C’est vachement télégéniqu­e et on a de bonnes retombées. »

Quand le monde s’invite

Son frère Fabien, 13e à l’issue de la première journée, poursuit : « Ce qui se fait dans le championna­t du monde descend progressiv­ement dans toutes les branches de la discipline du championna­t de France. On a de plus en plus de voitures issues du championna­t du monde qui arrivent, avec de très bons pilotes ». « Cela leur plaît, car ils peuvent déplacer leur famille, leur épouse, ils trouvent ce côté-là beaucoup plus sympa, avec une proximité avec le public également plus grande », détaille Laurent Bouliou. Cette présence nouvelle accroît donc automatiqu­ement le niveau. « On le voit dans mon cas, j’arrive à être dans le tour des meilleurs et je me retrouve septième lors de la première manche. Alors qu’il y a peutêtre cinq ans, je me serai trouvé premier, analyse Fabien Chanoine, finalement deuxième ce dimanche matin. C’est ce qui est bien aussi : la moindre petite erreur fait la différence. Ça permet de repousser les limites, mais qui dit repousser les limites, dit de possibles fautes, ce qui fait du spectacle ».

« Des actions intenses »

Et ce spectacle, c’est ce que cherchent les diffuseurs. Les annonceurs et le public, évidemment. « Avant, le rallycross était un sport qui était un peu étouffé et aujourd’hui, via les réseaux sociaux, c’est un sport qui plaît, les gens ont des actions intenses pendant de courtes durées, ça part, c’est vraiment un sport dynamique », s’enthousias­me Laurent Bouliou. À Kerlabo, le public ne s’y trompe pas, se plaçant en nombre derrière le premier virage, puis dans la magnifique parabole. Les sponsors semblent également séduits par la formule. « Ça coûte beaucoup d’argent, entre 150.000 et 200.000 euros pour une saison, déroule Fabien Chanoine, mais les team sont en train de mettre de plus en plus de moyens ». « Tous les constructe­urs sont en train de s’impliquer avec l’électrique en 2020, qui va venir en parallèle du thermique, se réjouit Laurent Bouliou. Ça va drainer d’autres sponsors, d’autres partenaire­s ». L’avenir du Supercar semble radieux. Et, sans oublier les autres catégories, Kerlabo va de nouveau en profiter ce dimanche.

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Jonathan Pailler a pris la tête à l’issue des deux premières manches en Supercars, sur sa 208 RW.

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