POUR­QUOI LE NOU­VEAU BAC PA­TINE

Les élèves de pre­mière plan­che­ront sur les épreuves du contrôle conti­nu du nou­veau bac, lun­di 20 jan­vier. Mais des syn­di­cats de­mandent le re­port de cette ses­sion.

Le Télégramme - Morlaix - - LA UNE - Ma­rine Le Clech

Dans une se­maine, les élèves de pre­mière vont se frot­ter aux épreuves du nou­veau bac­ca­lau­réat qui s’éche­lon­ne­ront en trois phases. Mais plu­sieurs syn­di­cats pointent des dys­fonc­tion­ne­ments et de­mandent le re­port des exa­mens.

« Im­pré­pa­ra­tion, banque de su­jets ou­verte très tar­di­ve­ment, su­jets in­adap­tés, condi­tions de cor­rec­tions in­dé­ter­mi­nées… » : les cri­tiques contre le contrôle conti­nu du nou­veau bac, ap­pe­lé E3C dans le jar­gon, se mul­ti­plient à quelques jours des pre­mières épreuves.

Dès lun­di 20 jan­vier, les élèves de pre­mière com­men­ce­ront à plan­cher sur l’his­toire-géo­gra­phie, les langues vi­vantes et les ma­thé­ma­tiques pour les fi­lières tech­no­lo­giques. Mais pas tous en même temps. Les épreuves pour­ront se te­nir jus­qu’à la fin fé­vrier. Les éta­blis­se­ments fixent, en ef­fet, eux-mêmes les dates d’exa­men. Une deuxième ses­sion est en­suite pré­vue entre avril et la mi-juin. La troi­sième et der­nière vague d’épreuves com­munes est pro­gram­mée à la fin de l’an­née de ter­mi­nale. Ces trois phases comp­te­ront pour 30 % de la note fi­nale du bac.

« Saut dans l’inconnu »

« La ré­forme était cen­sée fa­ci­li­ter les épreuves du bac. Au fi­nal, c’est très com­pli­qué », es­time Vé­ro­nique Bas­lé, se­cré­taire ad­jointe du SgenCFDT Bretagne. « La banque de su­jets est "ra­chi­tique" ». Elle a été mise en ligne trop tar­di­ve­ment. Ré­sul­tat, en­sei­gnants et élèves sont en­core dans l’inconnu. L’im­pré­pa­ra­tion est to­tale, ce qui ra­joute du stress », ajoute-t-elle. C’est dans cette banque que les en­sei­gnants doivent ef­fec­tuer une sé­lec­tion des su­jets. Charge en­suite aux pro­vi­seurs de choi­sir ce­lui qui se­ra pré­sen­té aux élèves.

« Les su­jets pro­po­sés ne cor­res­pondent pas à l’avan­cée des pro­grammes en classe », es­time, de son cô­té, Gwé­naël Le Paih, se­cré­taire gé­né­ral du Snes-FSU Bretagne, syn­di­cat d’en­sei­gnants ma­jo­ri­taire.

Afin de ma­ni­fes­ter leur mé­con­ten­te­ment, cer­tains en­sei­gnants au­raient d’ores et dé­jà re­fu­sé de pio­cher dans cette banque, se­lon lui. Dans un contexte so­cial dé­jà très ten­du, les en­sei­gnants veulent aus­si faire pres­sion sur le mi­nistre. Gwé­naël Le Paih an­nonce aus­si de pos­sibles per­tur­ba­tions sur le dé­rou­lé des épreuves. Il pointe éga­le­ment les craintes sur l’équi­té. Comment être sûr que tous les élèves se­ront aus­si bien pré­pa­rés et lo­gés à la même en­seigne ? Un sen­ti­ment par­ta­gé par de nom­breux élèves.

Ras­sem­ble­ment de­vant le rec­to­rat ce mer­cre­di Face à ces mul­tiples in­quié­tudes, les deux syn­di­cats, ac­com­pa­gnés de la CGT, l’Un­sa, Snalc, Sgen-CFDT, Sud, CNT, mais aus­si la Fé­dé­ra­tion des pa­rents d’élèves (FCPE), ap­pellent à un ras­sem­ble­ment ce mer­cre­di après-mi­di, de­vant le rec­to­rat de Rennes.

« La de­mande de toutes les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales comme celle des pa­rents d’élèves est d’an­nu­ler cette ses­sion pour la re­por­ter avec la sui­vante fin mai », écrit l’in­ter­syn­di­cale. Du cô­té du mi­nis­tère, on se veut ras­su­rant et on ren­voie à la prise de pa­role du mi­nistre de l’Édu­ca­tion, Jean-Mi­chel Blan­quer, an­non­cée pour jeu­di. Vu le contexte, elle se­ra for­cé­ment très at­ten­due.

Pho­to Fran­çois Des­toc

Pho­to Fran­çois Des­toc

Dès lun­di 20 jan­vier, le bac com­mence pour cer­tains élèves de pre­mière.

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