ÉDOUARD PHI­LIPPE RE­PARLE D’« UNE ME­SURE D’ÂGE »

Pour « at­teindre l’équi­libre fi­nan­cier » du sys­tème des re­traites en 2027, le gou­ver­ne­ment évoque plu­sieurs op­tions dans son pro­jet de loi mo­di­fié, comme l’âge d’ou­ver­ture des droits ou la du­rée de co­ti­sa­tion.

Le Télégramme - Ouest Cornouaille - - LA UNE -

Après le re­cul du gou­ver­ne­ment sur l’âge pi­vot, Édouard Phi­lippe juge in­con­tour­nable de faire bou­ger le cur­seur de la du­rée.

Après avoir re­cu­lé sur l’ins­tau­ra­tion d’un âge pi­vot à 64 ans pour équi­li­brer le sys­tème ac­tuel de re­traites, Édouard Phi­lippe a re­dit, mar­di, sa convic­tion : les par­te­naires so­ciaux ne pour­ront faire l’im­passe sur une me­sure d’âge s’ils veulent res­pec­ter leur pro­messe d’un dé­fi­cit nul en 2027. « Car je ne vois pas comment, si­non, on pour­rait ar­ri­ver à l’équi­libre fi­nan­cier en 2027 », a-t-il in­sis­té lors des ques­tions au gou­ver­ne­ment.

Par or­don­nance

Le pro­jet de loi sur les re­traites au­to­ri­se­ra le gou­ver­ne­ment à prendre par or­don­nance « toute me­sure (…) per­met­tant d’at­teindre l’équi­libre fi­nan­cier » du fu­tur « sys­tème uni­ver­sel », se­lon la sai­sine rec­ti­fi­ca­tive en­voyée au Con­seil d’État. Ce do­cu­ment pré­voit qu’une « confé­rence des fi­nan­ceurs », réunis­sant syn­di­cats, pa­tro­nat et « re­pré­sen­tants de l’État », pro­pose « avant le 30 avril » des so­lu­tions « per­met­tant d’at­teindre l’équi­libre fi­nan­cier de l’en­semble des ré­gimes de re­traite de base en 2027 ». Quelle qu’en soit l’is­sue, le gou­ver­ne­ment lé­gi­fé­re­ra en­suite par or­don­nance, dans les trois mois sui­vant le vote de

la ré­forme au Par­le­ment. Mi­chel Beau­gas, un des né­go­cia­teurs de Force ou­vrière, en est ain­si per­sua­dé : « Au fi­nal, la confé­rence va s’ali­gner sur l’Agircc-Arr­co (la caisse com­plé­men­taire des sa­la­riés du pri­vé) en éta­blis­sant un âge pi­vot à 63 ans », in­dique-t-il. Abou­tis­sant ain­si à une sorte de com­pro­mis entre la vo­lon­té ini­tiale de l’exé­cu­tif (64 ans) et l’âge lé­gal ac­tuel de dé­part à la re­traite (62 ans). Sim­ple­ment, sou­ligne Édouard Phi­lippe, les or­ga­ni­sa­tions pour­ront se ser­vir d’autres le­viers pour abou­tir, non plus à une me­sure unique, mais bien à un « cock­tail ».

Du­rée de co­ti­sa­tion ?

Se­lon le do­cu­ment en­voyé au Con­seil d’État, le gou­ver­ne­ment a même in­clus « l’âge d’ou­ver­ture des droits à re­traite » pour cer­taines ca­té­go­ries de sa­la­riés. Une simple obli­ga­tion ju­ri­dique, ba­laye Ma­ti­gnon, en as­su­rant que « l’âge lé­gal de dé­part reste à 62 ans ».

Sont aus­si sus­cep­tibles d’être mo­di­fiées les « condi­tions d’âge et de du­rée » de co­ti­sa­tion pour une pen­sion à taux plein et les « mo­da­li­tés de dé­cote et de sur­cote par rap­port à ce taux plein ».

Ce­la laisse éga­le­ment la porte ou­verte à une ac­cé­lé­ra­tion de l’al­lon­ge­ment de la du­rée de co­ti­sa­tion dans le sys­tème ac­tuel, qui doit aug­men­ter jus­qu’à 43 ans en 2035. La liste des « pa­ra­mètres » in­clut aus­si la « mo­bi­li­sa­tion du Fonds de ré­serve des re­traites », do­té de plu­sieurs mil­liards d’eu­ros, et l’« af­fec­ta­tion de re­cettes à l’as­su­rance vieillesse », via des hausses de co­ti­sa­tions ou des trans­ferts de res­sources exis­tantes.

Pho­to AFP

Mar­di, la mo­bi­li­sa­tion s’est pour­sui­vie dans la rue, comme ici à Rennes.

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