LE TAUX DE RÉUS­SITE EST BON EN BRE­TAGNE

La ré­gion compte da­van­tage d’éta­blis­se­ments af­fi­chant un bon taux de réus­site au per­mis de conduire en 2018 qu’à l’échelle na­tio­nale. Der­rière ces chiffres bruts se cachent de nom­breux fac­teurs et de fortes dif­fé­rences se­lon les ter­ri­toires.

Le Télégramme - Pontivy - - LA UNE - Blan­dine Le Cain

Au ni­veau na­tio­nal, les au­to-écoles bre­tonnes se sont dis­tin­guées par leurs bons taux de réus­site au per­mis de conduire en 2018. Mais ces ré­sul­tats masquent de nom­breux cri­tères qui dif­fèrent se­lon les éta­blis­se­ments et les ter­ri­toires. Ex­pli­ca­tions.

Les ap­pren­tis conduc­teurs bre­tons se dis­tinguent. Sur les 608 au­to-écoles re­cen­sées dans la ré­gion, neuf sur dix ont vu plus de la moi­tié de leurs can­di­dats ob­te­nir leur per­mis en 2018, se­lon des chiffres du mi­nis­tère ob­te­nus via la plate-forme Co­de­clic. Trois éta­blis­se­ments bre­tons sur dix ont ob­te­nu plus de 70 % de réus­site, soit une part deux fois plus éle­vée qu’à l’échelle na­tio­nale.

Le maxi­mum ré­gio­nal a été at­teint à Vi­tré (35), avec 90,63 % pour 32 can­di­dats pré­sen­tés. Il s’agit du dou­zième taux le plus éle­vé à l’échelle na­tio­nale par­mi les éta­blis­se­ments ayant pré­sen­té au moins 30 can­di­dats. Comment ex­pli­quer ces spé­ci­fi­ci­tés ? En rap­pe­lant, avant tout, que le taux de réus­site n’est qu’un in­di­ca­teur par­mi d’autres. Plu­sieurs fac­teurs peuvent l’in­fluen­cer.

Les heures de conduite. L’un des cri­tères qui comptent beau­coup, car le prix en dé­pend di­rec­te­ment : la du­rée des cours de conduite. Le mi­ni­mum lé­gal est de 20 heures, mais le be­soin de for­ma­tion peut être plus éle­vé pour être réel­le­ment en me­sure de conduire et donc d’ob­te­nir son per­mis. Un bon éta­blis­se­ment est donc ce­lui qui pro­pose un nombre d’heures adap­té, sans l’al­lé­ger ni l’alour­dir. Le bon maillage des éta­blis­se­ments dans la ré­gion per­met un ac­cès et un sui­vi plus fa­ciles sur ce point que dans d’autres zones.

Les dé­lais d’at­tente. En Bre­tagne, le nombre moyen de can­di­dats pré­sen­tés par au­to-école est plus im­por­tant qu’à l’échelle na­tio­nale. Les dé­lais d’at­tente avant l’exa­men, et sur­tout entre deux pas­sages du per­mis, n’y sont pas étran­gers. Dans les zones très peu­plées, les de­mandes d’exa­men sont très nom­breuses, et donc plus es­pa­cées. Sa­chant qu’il n’est pas rare d’ob­te­nir son per­mis à la deuxième ou troi­sième ten­ta­tive, cette dif­fé­rence joue sur les taux de réus­site et l’ac­cès dans des ré­gions moins ur­ba­ni­sées.

Le lieu de l’exa­men. Le jour J, les condi­tions ne sont pas tou­jours les mêmes. La den­si­té du tra­fic et les dif­fi­cul­tés qui sur­gissent peuvent va­rier se­lon le lieu et l’ho­raire. Une ex­pli­ca­tion pos­sible des meilleurs taux re­cen­sés dans les com­munes de pe­tite taille que dans les centres urbains. Dans le Fi­nis­tère, par exemple, des éta­blis­se­ments de Plou­hi­nec, Tau­lé, Ban­na­lec, ain­si que Pont-l’Ab­bé et Con­car­neau af­fichent des taux de réus­site par­mi les plus éle­vés, de­vant ceux ba­sés à Quim­per ou Brest.

L’ef­fet conduite ac­com­pa­gnée. Ce dis­po­si­tif per­met de prendre le vo­lant ac­com­pa­gné d’un adulte après une for­ma­tion à la conduite mais avant d’avoir son per­mis. Il offre da­van­tage de réus­site à l’exa­men. Or, cet ap­pren­tis­sage est beau­coup plus re­pré­sen­té en mi­lieu ru­ral. En Bre­tagne, elle concer­nait plus d’un can­di­dat au per­mis sur quatre en 2017. Une spé­ci­fi­ci­té qui peut ti­rer les ré­sul­tats ré­gio­naux vers le haut.

Le ni­veau glo­bal d’édu­ca­tion. Autre piste avan­cée par un pro­fes­sion­nel du sec­teur : le ni­veau glo­bal d’édu­ca­tion des jeunes Bre­tons, plu­tôt dans la moyenne haute. Ces bonnes dis­po­si­tions jouent un rôle dans l’ap­pren­tis­sage et le pas­sage de l’exa­men et fa­vo­risent la ré­gion par rap­port à d’autres ter­ri­toires comptant des dif­fi­cul­tés sco­laires ou so­ciales plus im­por­tantes

De bons taux, mais après… De bons taux de réus­site, soit. Mais, preuve qu’il faut res­ter pru­dent à la lec­ture de ces taux, la suite de la route n’est pas tou­jours bonne. Une fois le per­mis en poche, les Bre­tons fi­gurent plu­tôt par­mi les mau­vais élèves en termes d’al­coo­lé­mie et de stu­pé­fiants, y com­pris sur la route. C’est pour­tant aus­si ça, un bon ap­pren­tis­sage de la conduite : ne pas ou­blier, après l’exa­men, que le do­cu­ment rose n’est pas une as­su­rance contre les ac­ci­dents.

Re­trou­vez le taux de réus­site par éta­blis­se­ment sur le­te­le­gramme.fr

Photo Claude Prigent

Les éta­blis­se­ments de la ré­gion comptent une part plus im­por­tante de can­di­dats reçus qu’à l’échelle na­tio­nale.

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