L’élec­tri­ci­té pour sou­la­ger les dou­leurs chro­niques

Blo­quer les mes­sages en­voyés au cer­veau Une pé­riode de test Plus d’au­to­no­mie

Le Télégramme - Quimper - - LA UNE -

res­sen­tez une brû­lure, un en­gour­dis­se­ment, une dé­charge élec­trique dans le bras ou les jambes ? Une dou­leur du dos al­tère votre quo­ti­dien de­puis plus de trois mois ? La gêne vous ré­veille la nuit ? Une prise en charge mé­di­cale a toute sa place et, quand la dou­leur per­siste, on peut dans cer­tains cas envisager une tech­nique de neu­ro­sti­mu­la­tion peu in­va­sive. La dou­leur chronique est une ma­la­die « en tant que telle, quelle que soit son ori­gine », ex­plique le Pr Phi­lippe Ri­goard, neu­ro­chi­rur­gien spé­cia­li­sé en neu­ro­sti­mu­la­tion et en chirurgie des nerfs pé­ri­phé­riques au CHU de Poi­tiers. Cer­taines dou­leurs pro­voquent des sen­sa­tions ca­rac­té­ris­tiques de dé­charges élec­triques, de pi­co­te­ments, de chaud, de froid, ou en­core de feu dans les jambes (ou d’autres par­ties du corps). Ces at­teintes sont ap­pe­lées dou­leurs neu­ro­pa­thiques et concer­ne­raient en­vi­ron 4,6 mil­lions de per­sonnes en France.

Si le ca­rac­tère neu­ro­pa­thique d’une dou­leur est avé­ré, divers trai­te­ments peuvent être en­vi­sa­gés. En pre­mière ligne, des « mé­di­ca­ments sont pres­crits ». Viennent en­suite « des ap­proches plus in­ter­ven­tion­nelles comme les in­fil­tra­tions ». Mais par­fois, ces trai­te­ments ne suf­fisent pas. Les équipes mé­di­cales peuvent pro­po­ser la neu­ro­sti­mu­la­tion « aux pa­tients dou­lou­reux, chro­niques, ré­frac­taires, qui ont es­suyé tous les échecs des trai­te­ments », pré­cise le Pr Ri­goard. Elle re­pose sur l’uti­li­sa­tion d’un neu­ro­sti­mu­la­teur mé­dul­laire (re­la­tif à la moelle épi­nière) im­plan­té sous la peau, gé­né­ra­le­ment dans le haut de la fesse. Ce­lui-ci en­voie de faibles im­pul­sions élec­triques, qui sont des­ti­nées au sys­tème ner­veux pour blo­quer les mes­sages dou­lou­reux en­voyés au cer­veau.

Pour le pa­tient, les étapes sont proVous gres­sives : une phase de test d’une se­maine pré­cède la dé­ci­sion d’im­plan­ta­tion dé­fi­ni­tive. Pen­dant cette phase, une élec­trode est im­plan­tée et re­liée à un boî­tier ex­terne per­met­tant de gé­né­rer le cou­rant élec­trique. Cette tech­nique est donc ré­ver­sible. « Si la neu­ro­sti­mu­la­tion confirme son ef­fi­ca­ci­té (…), on im­plante le sti­mu­la­teur dé­fi­ni­tif dans la fesse, le­quel ali­men­te­ra l’élec­trode en éner­gie pen­dant des an­nées », dé­taille le Pr Ri­goard. « Si ce n’est pas le cas, on re­tire l’élec­trode test ». Une si­tua­tion « rare, car la sé­lec­tion des pa­tients est dras­tique ».

À terme, cette thé­ra­pie per­met à cer­tains pa­tients de di­mi­nuer leurs trai­te­ments mé­di­ca­men­teux et de re­trou­ver une plus grande au­to­no­mie. « Comme la dou­leur va durer toute la vie, on part du prin­cipe que le neu­ro­sti­mu­la­teur est im­plan­té sur le long terme, avec un chan­ge­ment du gé­né­ra­teur tous les 5 à 9 ans ». En­fin, « les gé­né­ra­teurs de neu­ro­sti­mu­la­tion ont beau­coup évo­lué », dé­crit le Pr Ri­goard, les der­nières gé­né­ra­tions in­cluent la pos­si­bi­li­té d’adap­ter la sti­mu­la­tion aux po­si­tions du pa­tient ou de pas­ser des exa­mens IRM.

Si vous êtes concer­né(e) par ce type de dou­leurs, consul­tez votre mé­de­cin trai­tant. Il vous di­ri­ge­ra vers une struc­ture spé­cia­li­sée en dou­leur chronique dont on peut re­trou­ver la liste sur so­li­da­rites-sante.gouv.fr

Fo­rum de dis­cus­sion sur le site de l’Association fran­co­phone pour vaincre les dou­leurs sur le site : www.association-afvd.com

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