Ar­naques. « Un manque de vi­gi­lance sur in­ter­net »

Le Télégramme - Quimper - - QUIMPER - Paul Bohec

An­cien pré­sident de l’an­tenne quim­pé­roise de l’UFC Que Choi­sir, Pas­cal Ton­nerre est dé­sor­mais pré­sident de l’association Ré­seau an­ti-ar­naques. À l’aide de plus de 200 cor­res­pon­dants à tra­vers la France, il lutte contre les offres frau­du­leuses et alerte le consom­ma­teur. Il était à Lan­nion, ven­dre­di, pour ani­mer une confé­rence : « Com­ment on vous ma­ni­pule ? ». > Quand et com­ment est née l’idée de cette association pour lut­ter contre les ar­naques ?

Il faut re­mon­ter au mois de jan­vier 1986 pour trou­ver la ge­nèse du Ré­seau an­ti-ar­naques. J’étais alors bé­né­vole de l’UFC Que Choi­sir à Quim­per. C’est un ar­ticle du Télégramme qui rap­por­tait l’ar­naque d’un jeu-concours qui m’a mis la puce à l’oreille. L’en­tre­prise, France Di­rect Ser­vices, pro­met­tait des gains fa­ra­mi­neux alors qu’il n’en était rien. Cette offre a été le dé­clen­cheur.

Le Ré­seau an­ti-ar­naques a donc d’abord gran­di comme une branche de l’UFC-Que Choi­sir Quim­per avant de de­ve­nir une association loi 1901 en 2008. Nous sommes une struc­ture to­ta­le­ment bé­né­vole, sans adhé­rents, et nous ap­puyons sur un ré­seau d’une quin­zaine d’ex­perts ain­si que plus de 200 cor­res­pon­dants dans toute la France.

> Quelles sont au­jourd’hui les prin­ci­pales sources d’ar­naques ? Au­pa­ra­vant, on chas­sait beau­coup tout ce qui était lié aux lo­te­ries, à des cadeaux rem­por­tés. Mais in­ter­net a lar­ge­ment pris le des­sus. L’ar­naque a pris une ex­pan­sion in­croyable avec son es­sor no­tam­ment via des es­cro­que­ries ou des achats. Les ar­naques aux pla­ce­ments d’ar­gent re­viennent éga­le­ment en force. Un autre pro­cé­dé qui s’est ré­pan­du en 2018 conti­nue de beau­coup fonc­tion­ner : ce sont des in­vi­ta­tions gra­tuites à des re­pas au cours des­quels un dé­mar­cheur pro­pose des pro­duits à des coûts exu­bé­rants qui lui per­mettent de fa­ci­le­ment ren­ta­bi­li­ser le res­tau­rant. Et puis il y a tou­jours le dé­mar­chage à do­mi­cile.

> Quels sont les ré­flexes à avoir pour ne pas se lais­ser du­per ?

Ce qu’il faut sa­voir, c’est que cha­cun peut être vic­time d’ar­naques et qu’il ne faut pas stig­ma­ti­ser ceux qui le sont. En cer­taines oc­ca­sions, le consom­ma­teur doit avoir des « lumières rouges » qui s’al­lument. On a d’ailleurs ten­dance à dire que tout ce qui est gra­tuit ne l’est pas, ou que ce qui gué­rit tout ne gué­rit rien, rap­port aux re­mèdes mi­racles ven­dus par des escrocs. Il faut aus­si se mé­fier des modes de paie­ment exo­tiques comme les trans­ferts d’ar­gent Wes­tern Union ou les cartes pré­payées. En­fin, il faut être prudent sur les sites do­mi­ci­liés à l’étran­ger car les re­cours y sont beau­coup plus com­pli­qués, voire im­pos­sibles.

Sur le net, le consom­ma­teur n’est pas as­sez vi­gi­lant : il suf­fit d’une belle vitrine pour qu’il se laisse du­per. On conseille aux gens de vé­ri­fier les men­tions lé­gales des sites in­ter­net et sur­tout de faire en ligne la même chose qu’ils fe­raient dans la vie de tous les jours : c’est-à-dire se renseigner sur le ven­deur. Une fois l’ar­naque ef­fec­tuée, il est très dif­fi­cile de re­trou­ver l’es­croc. Dans ce do­maine, prévention vaut mieux que ré­pres­sion.

▼ Pra­tique

Ren­sei­gne­ments et in­for­ma­tions sur www.ar­naques-in­fos.org ou par mail à [email protected]­naques-in­fos.org.

Pas­cal Ton­nerre est le pré­sident de l’association Ré­seau an­ti-ar­naques, qui re­cense et étu­die les offres trom­peuses.

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