Ac­ci­dent d’Ethan. « Le gar­rot ne doit pas être ba­na­li­sé car très dan­ge­reux »

Le Télégramme - Quimper - - PONT-L’ABBÉ -

Le Dr Tho­mas Williams est chi­rur­gien or­tho­pé­diste au CHU de Brest. C’est lui qui est in­ter­ve­nu au­près du jeune Ethan, vic­time d’un grave ac­ci­dent de la route le sa­me­di 2 mars à Tré­méoc. Le jeune Com­bri­tois avait été ren­ver­sé par une voi­ture. Alors qu’il était griè­ve­ment bles­sé à la jambe, Clé­mence, une jeune in­fir­mière en for­ma­tion, l’avait alors se­cou­ru. Elle avait, sur les re­com­man­da­tions du Sa­mu, réa­li­sé un gar­rot, avant qu’Ethan soit trans­por­té vers Brest en hé­li­co­ptère. Suite à la pa­ru­tion des ar­ticles consa­crés à ce su­jet, le Dr Tho­mas Williams nous a contac­tés pour s’ex­pri­mer. « Je pense que Clé­mence a fait ce qu’il fal­lait et elle ne pou­vait rien faire d’autre que ce­la, ex­plique-t-il. Avant d’ajou­ter : en tant que chi­rur­gien, je sou­hai­tais faire un com­men­taire sur l’uti­li­sa­tion d’un gar­rot au membre comme ce­la était le cas pour ce jeune homme ». Se­lon lui, « le gar­rot est ex­ces­si­ve­ment dan­ge­reux et, par le pas­sé, a conduit à plu­sieurs am­pu­ta­tions de cuisse au CHU à cause du temps pas­sé sans per­fu­sion san­guine du seg­ment de jambe en aval du gar­rot. D’autre part (comme c’était le cas pour ce jeune homme ce qui a per­mis de gar­der le membre vas­cu­la­ri­sé), lorsque le gar­rot est in­suf­fi­sam­ment ser­ré, le flux ar­té­riel n’est pas blo­qué dans la jambe alors que la com­pres­sion est suf­fi­sante pour em­pê­cher le re­tour vei­neux, ce qui pa­ra­doxa­le­ment ag­grave l’hé­mor­ra­gie et la perte san­guine au ni­veau de l’ou­ver­ture frac­tu­raire ».

« Il est pré­fé­rable d’uti­li­ser une com­pres­sion par pan­se­ment »

Pour le Dr Tho­mas Williams, « il est pré­fé­rable d’uti­li­ser une com­pres­sion par pan­se­ment, linge et bandes sur le site de l’ou­ver­ture plu­tôt que des gar­rots. Le gar­rot reste utile, mais doit sur­tout être uti­li­sé en chirurgie de guerre. Il ne se­rait pas sou­hai­table que tout le monde se mette à faire des gar­rots de­vant une frac­ture ou­verte qui saigne. Ce geste ne doit pas être ba­na­li­sé car très dan­ge­reux ». Le chi­rur­gien tient éga­le­ment à pré­ci­ser : « Par ailleurs, Ethan n’avait pas per­du trois litres de sang sur place, Les trois litres cor­res­pondent à la perte to­tale de sang après chirurgie. L’his­toire dans ce cas se ter­mine bien mais ce­la peut par­fois tour­ner à la ca­tas­trophe ».

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