EX­PRES­SION

Le sa­viez-vous ?

Le Télégramme - Quimper - - LES MOTS POUR LE DIRE -

« Vo­ler bas de peur des branches », « voir des anges vio­lets », « ma langue me dit vas-y vas-y », « mar­di s’il fait chaud »… Toute langue est sou­mise à des modes, la nôtre ne fait pas ex­cep­tion : des ex­pres­sions uti­li­sées à tire-la­ri­got à une époque n’évoquent plus rien à une autre… Qui sait en­core ce que si­gni­fient « rai­son­ner pan­toufle », « se chauf­fer à l’es­pa­gnole » ou « re­prendre la chèvre à la barbe » et qui connaît « Guille­min Cro­que­folle car­re­leur de sa­bots » ? Catherine Guen­nec a re­cen­sé 100 ex­pres­sions d’an­tan, lé­gères ou sé­rieuses qui montrent une langue cu­rieuse, amu­sante, dé­bor­dante de mots tom­bés dans l’ou­bli ou usi­tés mais sous un autre sens !

Exemple : Mar­di s’il fait chaud

C’est-à-dire à la Saint-Glin­glin, à la ve­nue des co­que­ci­grues, à Pâques ou à La Tri­ni­té, pour la se­maine des quatre jeu­dis, quand les poules au­ront des dents ou iront en bé­quille, quand les ânes par­le­ront latin, « quand les gre­nouilles au­ront des poils » disent les Es­pa­gnols… C’est-à-di­re­ja­mais !

« Mar­di s’il fait chaud, les ca­lendes grecques du peuple », écri­vait Claude Du­ne­ton.

L’ex­pres­sion - em­ployée pour se dé­bar­ras­ser d’un im­por­tun ou se mo­quer - pour­rait aus­si se tra­duire par un « pour­vu que ça n’ar­rive ja­mais » et sous-en­tend que « l’on ne tien­dra pas ce que l’on pro­met », que « l’on n’au­ra pas ce qu’on de­mande ». Équi­va­lents : Di­manche après la grand-messe ;

Trois jours après ja­mais…

« Au­jourd’hui, elle les ta­pait de dix sous, de­main ce se­rait de vingt et il n’y au­rait plus de rai­son de s’ar­rê­ter. Non, non pas de ça. Mar­di, s’il fait chaud ! ».Émi­leZo­la,« L’As­som­moir ».

« À trille­bar­dou chez Jean Guille­mette ! et 99 autres ex­pres­sions co­casses d’an­tan » de Catherine Guen­nec, First édi­tions, 9,95 €.

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