Ro­de­lin, noir c’est noir

Le Télégramme - Quimper - - FINALE DE LA COUPE DE LA LIGUE - En­voyé spé­cial Mat­thieu Huet

En­tré en jeu à l’is­sue du temps ré­gle­men­taire lors de la fi­nale de la Coupe de la Ligue, sa­me­di, face à Stras­bourg, Ron­ny Ro­de­lin a li­vré une pres­ta­tion à l’image de sa sai­son : plom­bé par un manque de confiance, l’at­ta­quant guin­gam­pais peine à for­cer son ca­rac­tère pour faire re­jaillir des qua­li­tés tech­niques pour­tant évi­dentes. Re­cru­té à la fin du mois d’août pour rem­pla­cer nu­mé­ri­que­ment Jim­my Briand, Ron­ny Ro­de­lin vit dé­ci­dé­ment une sai­son bien dif­fi­cile. Frei­né par plu­sieurs bles­sures au mol­let en 2018, qui lui firent manquer de longues se­maines, l’an­cien Caen­nais n’a, pour le mo­ment, ja­mais brillé lorsque l’oc­ca­sion s’est pré­sen­tée. A l’image d’une fi­nale qui au­rait pu le re­lan­cer.

Nonchalance na­tu­relle

En­tré en jeu à la place de Ni­co­las Be­ne­zet à la fin du temps ré­gle­men­taire, l’at­ta­quant de 29 ans, pour­tant au­teur de 24 buts lors de ses trois sai­sons pré­cé­dentes sous les cou­leurs du SMC, a man­qué une si­tua­tion in­té­res­plaide sante en pre­mière mi-temps de la pro­lon­ga­tion (104’). Celle-ci a d’ailleurs il­lus­tré les maux dont il souffre ac­tuel­le­ment, à tra­vers une frappe trop molle et man­quant de convic­tion. Du­rant la séance fa­ti­dique des tirs au but, sa ten­ta­tive re­pous­sée par Ka­ma­ra, le por­tier stras­bour­geois, a dé­fi­ni­ti­ve­ment noir­ci le ta­bleau.

Deux illus­tra­tions d’un manque de confiance criant chez un joueur pour­tant si doué. Car sa nonchalance na­tu­relle, dont il ne se dé­par­tit ja­mais, même lors­qu’il tourne à plein ré­gime, en sa dé­fa­veur dès qu’il ne per­forme pas. Celle-ci passe en ef­fet pour un manque de dé­ter­mi­na­tion qui n’est sans doute qu’un trompe-l’oeil. Bro­car­dé par le pu­blic guin­gam­pais qui ne to­lère pas cette im­pres­sion qu’il dé­gage, Ro­de­lin ne par­vient dé­ci­dé­ment pas à for­cer son ca­rac­tère dans un contexte com­pli­qué. Au contraire, dans la dif­fi­cul­té ac­tuelle, seuls ses dé­fauts re­montent à la sur­face alors qu’il est pé­tri de qua­li­tés, à l’image de ses prises de balle et de sa jus­tesse tech­nique.

Dé­cep­tion lé­gi­time

Joueur le mieux payé de l’effectif avec No­lan Roux, il in­carne au­jourd’hui une forme de dé­cep­tion eu égard aux es­poirs qu’il in­car­nait. Car sur le pa­pier, son association avec l’an­cien Bres­tois in­vi­tait à l’op­ti­misme, les deux pro­fils lais­sant en­tre­voir une belle com­plé­men­ta­ri­té.

« Ron­ny, il sur­git tou­jours là où on ne l’at­tend pas », nous avait confié, il y a un mois, Alaed­dine Ya­hia, son an­cien co­équi­pier et par­te­naire de chambre à Caen. Tout n’est donc peut-être pas per­du pour le na­tif de Saint-De­nis, qui avait su si sou­vent sor­tir les Nor­mands de l’obs­cu­ri­té.

Pho­to Ni­co­las Créach

Ron­ny Ro­de­lin, ar­ri­vé de Caen en août der­nier, réa­lise une sai­son dé­ce­vante.

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