Le­clerc, une étoile est née

Le Télégramme - Quimper - - SPORTS -

Une dé­faillance mé­ca­nique l’a peut-être pri­vé, di­manche à Bah­reïn, d’un Grand Prix qui au­rait dû être le sien, qu’à ce­la ne tienne ! Charles Le­clerc a dé­mon­tré ce week-end qu’il est d’ores et dé­jà une force sur la­quelle la For­mule 1 doit comp­ter.

Les mé­dias du monde en­tier ont im­mé­dia­te­ment ti­ré leur cha­peau. Ex­traits. « Le sang-froid du Mo­né­gasque, son ha­bi­le­té en piste, ain­si que son ex­traor­di­naire ma­tu­ri­té dans la ges­tion de ce coup du sort confirment qu’il est un cham­pion du monde en de­ve­nir », pou­vait-on lire, lun­di, sur le site du quo­ti­dien bri­tan­nique The Guar­dian. « Il y a cette émo­tion de vivre la nais­sance d’une étoile et, en même temps, la peur d’al­ler trop vite et de ris­quer de la détruire », s’ex­ta­siait, pour sa part, la Gaz­zet­ta del­lo Sport ita­lienne.

Ce n’était que la deuxième course de sa deuxième sai­son, sa deuxième seule­ment avec une voi­ture ca­pable de ga­gner, mais Le­clerc a co­ché toutes les cases pour mon­ter pour la pre­mière fois sur un po­dium de For­mule 1. Di­manche, le jeune homme a tout réus­si sauf son dé­part. Se­bas­tian Vet­tel, son co­équi­pier de la Scu­de­ria, en a pro­fi­té pour le dé­pas­ser. Mais, avec une pré­ci­sion chi­rur­gi­cale, le jeune homme de 21 ans a re­pris la pole qu’il avait du­re­ment ac­quise sa­medi.

Ha­mil­ton :

« Il mé­ri­tait de ga­gner »

Sans un pro­blème de mo­teur qui l’a em­pê­ché de te­nir son rythme, les Mercedes de Le­wis Ha­mil­ton et de Valt­te­ri Bot­tas ne se­raient ja­mais par­ve­nues à le dé­pas­ser. « Charles mé­ri­tait vrai­ment de ga­gner, a d’ailleurs re­con­nu le pre­mier ci­té, quin­tuple cham­pion du monde. Il a un ave­nir brillant de­vant lui (…) Nous al­lons avoir du bou­lot pour ar­ri­ver à le suivre ! » Im­pres­sion­nant en piste, le Mo­né­gasque l’a été aus­si par la fa­çon sobre et digne dont il a, tout le week-end, maî­tri­sé ses émotions. C’est l’un des traits de per­son­na­li­té les plus mar­quants du dis­cret mais néan­moins cha­ris­ma­tique Le­clerc. « Nous étions cer­tai­ne­ment les plus forts au­jourd’hui. Mal­heu­reu­se­ment, des pro­blèmes nous ont em­pê­chés de ga­gner. Mais ce sont des choses qui ar­rivent dans une sai­son, et si à chaque fois que j’ai un pro­blème, je ter­mine troi­sième, je pense que nous pou­vons en être heu­reux, a-t-il ré­agi. Ça n’était pas notre jour. C’est triste parce que j’étais si près de réa­li­ser un rêve d’en­fance. Mais j’es­père que ce jour vien­dra dans l’ave­nir. Je vais tra­vailler pour et je suis sûr que l’équipe le fera éga­le­ment ». De son propre aveu, il était il n’y a pas si long­temps un être plu­tôt émo­tif, no­tam­ment de­puis le dé­cès de Jules Bian­chi, le pi­lote fran­çais dé­cé­dé en 2015 qu’il consi­dé­rait comme un frère et dont il a pris le flam­beau. S’il n’a pas ca­ché son bon­heur quand il a ap­pris sa pro­mo­tion chez Fer­ra­ri, l’an der­nier, ou en­core au mo­ment de dé­voi­ler la mo­no­place rouge, il a mis ses sen­ti­ments « sous contrôle » dès qu’il a été temps de s’ins­tal­ler au vo­lant, lors des es­sais hi­ver­naux. C’était en­core fla­grant à Ba­heïn. Il y a fort à pa­rier, tou­te­fois, que la joie se­ra bien­tôt de re­tour. Et en­tière cette fois.

EPA

Pre­mière pole, pre­mier po­dium… Charles Le­clerc s’est ré­vé­lé aux yeux du monde, di­manche, à Ba­rhaïn.Pho­to

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