La coque n’au­rait pas cé­dé

Le Télégramme - Quimper - - FRANCE - Di­dier Dé­niel

Mar­di après-mi­di, le pré­fet ma­ri­time de Brest a an­non­cé, lors d’un point presse, que les pre­miers cli­chés de la coque du Grande Ame­ri­ca, qui a som­bré, il y a une ving­taine de jours, par 4 600 mètres de fond, étaient par­ve­nus aux au­to­ri­tés. Des opé­ra­tions de pom­page des hy­dro­car­bures conte­nus dans les soutes pour­raient être en­vi­sa­gées.

Le pré­fet ma­ri­time de l’At­lan­tique, Jean-Louis Lo­zier, a ex­pli­qué que, ces der­nières heures, l’épave du Grande Ame­ri­ca avait été lo­ca­li­sée d’une ma­nière très pré­cise. « L’ar­ma­teur a af­fré­té l’Is­land Pride, un na­vire spé­cia­li­sé en tra­vaux sous-ma­rins, a pré­ci­sé le pré­fet. Il est ar­ri­vé sur zone, sa­medi der­nier, et a com­men­cé son tra­vail de re­pé­rage et d’éva­lua­tion ». Ce na­vire est équi­pé d’un Rov, un ro­bot sous-ma­rin té­lé­gui­dé. Les cli­chés pris par ce Rov laissent à pen­ser que la coque ne s’est pas dis­lo­quée pen­dant le nau­frage, ni sous la pres­sion de l’eau. « Ces images ont été confiées à des spé­cia­listes d’ar­chi­tec­ture na­vale. Elles sont en cours d’ana­lyse » a sou­li­gné le pré­fet de l’At­lan­tique. « Tou­te­fois, on ne peut pas écar­ter un en­fon­ce­ment par le bas ». Le pré­fet a dé­cla­ré aus­si qu’il avait de­man­dé à l’ar­ma­teur de pré­sen­ter un plan d’ac­tion pour trai­ter, sur le long terme, l’im­pact de ce nau­frage. Des opé­ra­tions de pom­page ne sont pas écar­tées.

De la coque conti­nuent à s’échap­per, à la ver­ti­cale, des hy­dro­car­bures. La pré­fec­ture ma­ri­time parle d’iri­sa­tions. Un na­vire spé­cia­li­sé dans la dé­pol­lu­tion, le VN Sa­peur, est ac­tuel­le­ment sur zone et traite di­rec­te­ment ces re­jets.

Peu de traces de la pol­lu­tion ini­tiale

Les nappes d’hy­dro­car­bures qui avaient été lo­ca­li­sées dans le golfe de Gas­cogne, peu après le nau­frage, semblent po­ser moins de pro­blèmes qu’avant. La der­nière nappe de ce type a été trai­tée ven­dre­di der­nier. « Cette pol­lu­tion ini­tiale a dé­ri­vé, se dis­per­sant for­te­ment, et sa na­ture a évo­lué vers de pe­tits amas de fioul mor­ce­lés », a pour­sui­vi le pré­fet ma­ri­time. Autre point positif : ces nappes, sur les­quelles des ba­lises ont été po­sées, ont dé­ri­vé vers le sud, puis vers l’ouest sous l’ac­tion des vents. S’éloi­gnant donc des côtes fran­çaises et es­pa­gnoles.

Se­lon le pré­fet ma­ri­time, le fait que ces pe­tites zones de pol­lu­tion ne soient plus lo­ca­li­sées ne si­gni­fie pas, pour au­tant, qu’elles aient dis­pa­ru. Comme rien n’est dé­tec­té par les avions qui conti­nuent à sur­vo­ler quotidiennement les flots, ces zones ne peuvent être trai­tées par les na­vires de lutte an­ti­pol­lu­tion.

Plu­sieurs di­zaines de tonnes de fioul lourd ré­cu­pé­rées

« À ce jour, nous avons pu ré­cu­pé­rer en mer plu­sieurs di­zaines de tonnes de fioul lourd sous forme so­lide, et plu­sieurs cen­taines de tonnes d’eau pol­luées par des hy­dro­car­bures, a pour­sui­vi Jean-Louis Lo­zier. Ces pol­luants sont dé­bar­qués dans le port de La Ro­chelle pour être traités par une en­tre­prise spé­cia­li­sée ». Des opé­ra­tions fi­nan­cées par l’ar­ma­teur du Grande Ame­ri­ca, le groupe na­po­li­tain Gri­mal­di Lines.

Par ailleurs, six conte­neurs qui dé­ri­vaient ont pu être ré­cu­pé­rés. Rap­pe­lons que, quand il a som­bré, le ba­teau trans­por­tait 365 conte­neurs et plus de 2 000 vé­hi­cules.

Le pré­fet a de­man­dé que toutes les par­ties en­ga­gées dans ces ac­tions restent vi­gi­lantes et at­ten­tives à toute évo­lu­tion de la si­tua­tion, dans les se­maines à ve­nir. Il a te­nu à sou­li­gner l’ac­tion du Cedre et de l’Ifre­mer, ain­si que celle des per­son­nels des ser­vices de l’État. « Ils conti­nue­ront à m’épau­ler pen­dant cette phase de ges­tion à plus long terme des consé­quences en­vi­ron­ne­men­tales de ce nau­frage ». Le pré­fet n’écarte pas l’ar­ri­vée sur nos côtes, un jour ou l’autre, de bou­lettes de fioul ré­si­duelles. « Mais cette pol­lu­tion de­vrait être très dis­per­sée et li­mi­tée ».

Pho­to AFP

Se­lon le pré­fet ma­ri­time de l’At­lan­tique, les cli­chés pris par un ro­bot sous-ma­rin té­lé­gui­dé laissent à pen­ser que la coque du Grande Ame­ri­ca ne s’est pas dis­lo­quée pen­dant le nau­frage.

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