Tri­bu­nal. Huit mois ferme au conjoint violent

Le Télégramme - Quimper - - QUIMPER -

Elle a pro­duit deux cer­ti­fi­cats mé­di­caux : l’un de qua­torze jours d’in­ca­pa­ci­té de tra­vail, l’autre de 21 jours pour les faits les plus ré­cents, le

1 2 mars. Ju­gé dans le cadre d’une com­pa­ru­tion im­mé­diate, son conjoint de 43 ans a été condam­né à huit mois ferme et 16 mois de pri­son avec sur­sis par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Quimper pour ces vio­lences vo­lon­taires.

Les mains jointes de­vant lui, il confirme « qu’il s’est pas­sé des faits » ce 12 mars. « Mais je me suis dé­fen­du parce que j’ai re­çu des claques et des droites dans la fi­gure, elle me pousse à bout », as­sure le qua­dra­gé­naire en par­lant de son ex-conjointe. « Vous n’avez pas été bles­sé ? », l’in­ter­roge Anne-Marie Robert, la pré­si­dente. Ré­ponse du pré­ve­nu : « Non, je ne marque pas ». Parce que sa concu­bine, oui.

21 jours d’ITT

Le cer­ti­fi­cat mé­di­cal réa­li­sé deux se­maines après les faits té­moigne de la violence des coups : un trau­ma­tisme fa­cial et une frac­ture du pouce qui valent une in­ca­pa­ci­té de tra­vail de 21 jours. À la pro­cé­dure fi­gure éga­le­ment un autre cer­ti­fi­cat mé­di­cal, réa­li­sé en sep­tembre, qui fait men­tion d’hé­ma­tomes sur le tho­rax, les avant­bras avec une sus­pi­cion de frac­ture aux côtes. Bi­lan : 14 jours d’ITT.

« Ce ne sont pas des scènes de mé­nage qu’on vous re­proche, mais des vio­lences vo­lon­taires ag­gra­vées ! », gronde la pré­si­dente du tri­bu­nal. Lors du dé­pôt de sa plainte, à la gen­dar­me­rie de Pont-l’Ab­bé sa­medi, la mère de deux en­fants d’une pré­cé­dente union af­firme que ces vio­lences datent de­puis plus d’un an, quelques se­maines seule­ment après qu’elle a ren­con­tré le pré­ve­nu. Ils s’étaient mis à vivre en­semble, dans un ap­par­te­ment à Plo­néour-Lan­vern, de­puis le mois d’août.

Blou­son en cuir sur le dos, jean trop large au­tour de la taille, le Plo­néou­riste ga­ran­tit pour­tant « qu’il est gen­til avec tout le monde ». Les vio­lences, il les re­con­naît. Par­tiel­le­ment. En ré­mis­sion de­puis 2015, il confesse avoir des pro­blèmes d’al­cool de­puis deux ans mais n’avoir en­ga­gé au­cune dé­marche pour se faire soi­gner. En dé­cembre der­nier, pour une conduite en état al­coo­lique, il avait fait l’ob­jet d’une or­don­nance pé­nale et s’était vu re­ti­rer son per­mis de conduire.

« Comme un pun­ching-ball »

Do­mi­nique Tail­har­dat, le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, souffle : « Les mêmes ar­gu­ments qu’on en­tend tou­jours… Sauf qu’ici les vio­lences sont par­ti­cu­liè­re­ment sé­rieuses : il l’uti­lise comme un pun­ching-ball et a un com­por­te­ment de psy­cho­pathe en re­je­tant la faute sur sa conjointe ». « Il y a un fort pro­blème d’al­cool des deux cô­tés », plaide Thi­bault Doublet, l’avo­cat du pré­ve­nu, ré­cla­mant une peine de sur­sis avec mise à l’épreuve.

Le tri­bu­nal a fi­na­le­ment condam­né l’homme de 43 ans à deux ans de pri­son : huit mois ferme et seize mois de sur­sis avec mise à l’épreuve com­por­tant une obli­ga­tion de soins et l’in­ter­dic­tion d’en­trer en contact avec la victime.

Pho­to d’illustration du tri­bu­nal.

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