Léa Ja­me­lot, tête en bas et idées à l’en­droit

Le Télégramme - Quimper - - SPORTS - Oli­vier Louarn

Des­cen­due sur Tou­louse après une an­née com­pli­quée à Pa­ris, Léa Ja­me­lot vient d’en­chaî­ner deux stages de six se­maines en Aus­tra­lie. De quoi rendre le sou­rire à la kaya­kiste du CCK Quim­per au mo­ment d’abor­der la qua­li­fi­ca­tion olym­pique pour la course en ligne. Cap, ce week-end, sur l’In­ter­na­tio­nal Race, à Bou­logne-sur-Mer.

Pour re­joindre To­kyo en kayak d’ici le 24 juillet 2020, date de la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture des JO, il vaut mieux par­tir tôt et Léa Ja­me­lot a choi­si d’y al­ler par étapes. Pas­sée l’an der­nier du pôle de Ces­son à l’Insep, la Fi­nis­té­rienne de 26 ans ne s’était pas faite à la vie pa­ri­sienne et a choi­si de re­joindre le pôle de Tou­louse. Où elle a re­joint l’en­traî­neur du kayak dames de course en ligne, Fré­dé­ric Re­bey­rol, et sa partenaire en équipe de France, Ma­non Hos­tens.

Quatre fois 27 heures de vol

Mais elle n’a en­core sé­jour­né que peu de temps sur les bords de la Ga­ronne. « Une se­maine en no­vembre, trois en janvier. Je viens juste d’em­mé­na­ger dans mon ap­par­te­ment ». Pour la troi­sième an­née, la 12e des Jeux de Rio en K4 a, en ef­fet, pas­sé l’hi­ver aux an­ti­podes. Après la Nou­velle-Zé­lande en 2016, elle est re­tour­née en Aus­tra­lie pour la troi­sième fois. « Pour deux ses­sions de six se­maines, une pre­mière. La Fé­dé­ra­tion avait même pro­po­sé de par­tir de no­vembre à fé­vrier, mais c’était im­por­tant pour moi d’être en Bre­tagne pour les fêtes. Et une pause quatre se­maines entre les deux pé­riodes, ça m’al­lait bien », ex­plique celle qui est aus­si char­gée de com­mu­ni­ca­tion pour la so­cié­té châ­teau­li­noise, Ke­rhis.

Et, en­core une fois, les 27 heures de vol - à quatre re­prises, donc ! va­laient le dé­pla­ce­ment ! « On est les seuls avec Maxime Beau­mont (vi­ce­cham­pion olym­pique en K1) et Ma­non à avoir tes­té ce for­mat et on est très content. On a fait deux bons cycles d’en­traî­ne­ment au so­leil, dans de su­per condi­tions. On a aus­si pu dis­pu­ter les cham­pion­nats aus­tra­liens à Ade­laide et un Grand Prix à Syd­ney. »

« On a re­mis du plai­sir dans ma pra­tique »

Autre nou­veau­té qui semble avoir boos­té la kaya­kiste qui ne manque pour­tant pas d’éner­gie, elle était très bien ac­com­pa­gnée. « Cette an­née, les coachs fran­çais étaient avec nous. J’ai pu ef­fec­tuer un gros tra­vail tech­nique avec Fred Re­bey­rol. On a re­mis du plai­sir dans ma pra­tique sportive in­ten­sive. Je suis vrai­ment contente d’avoir re­trou­vé ça ». Et ce­ci ne fait que la confor­ter dans son choix d’avoir quit­té Pa­ris et l’Insep. « Après huit ans à Rennes, j’étais ve­nue cher­cher plus d’ému­la­tion, un cadre dif­fé­rent. J’ai es­sayé mais ça ne me conve­nait pas. Un spor­tif de haut ni­veau doit être ca­pable de faire des choix forts et j’en ai fait un nou­veau. Là, j’ai fait le plein d’éner­gie en Aus­tra­lie et je le res­sens en­core ici. Moi, plus j’en­grange du bien-être, plus ce­la m’aide à être performante ». Et c’est ce que le staff tri­co­lore at­tend d’elle si, après Rio, elle veut voir To­kyo. « J’ai la chance d’être dé­jà re­te­nue pour les Coupes du monde, fin mai. Les ré­sul­tats là-bas dé­ter­mi­ne­ront la sé­lec­tion pour les Jeux Eu­ro­péens (21-30 juin en Bié­lo­rus­sie) et les Mon­diaux (21-25 août en Hon­grie), qui dé­livrent les quo­tas olym­piques par pays ». Reste à ap­prendre dans quel ba­teau elle em­bar­que­ra ? K1, K2 ou K4 ? « Ne pas sa­voir m’avait un peu pris la tête en dé­but de sai­son mais j’ai com­pris que je de­vais me concen­trer sur ce que je maî­tri­sais », conclut la jeune femme qui n’a ja­mais pa­ru aus­si zen avant de ten­ter le grand voyage jus­qu’au Ja­pon !

Pho­to Phi­lippe Ave­rous

Du­rant douze se­maines, Léa Ja­me­lot a pu pro­fi­ter de « l’été » en Aus­tra­lie.

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