ÂGE DE LA RE­TRAITE : SIX MOIS PLUS TÔT EN BRE­TAGNE

Soixante-deux ans et trois mois : c’est l’âge au­quel les Bre­tons prennent au­jourd’hui leur re­traite, soit six mois plus tôt que la moyenne na­tio­nale. Mais c’est tou­jours au-de­là de la barre des 62 ans qui sus­cite en ce mo­ment la po­lé­mique au sein de la ma

Le Télégramme - Quimper - - LA UNE - Mar­tin Vau­goude

L’âge moyen de dé­part à la re­traite des Bre­tons est six mois plus bas que la moyenne na­tio­nale. Il a, mal­gré tout, dé­pas­sé la barre des 62 ans, au coeur d’une po­lé­mique qui se­coue la ma­jo­ri­té pré­si­den­tielle. 1. L’âge moyen de dé­part in­fé­rieur à la moyenne na­tio­nale.

En 2018, l’âge moyen de dé­part à la re­traite se si­tuait en Bre­tagne à 62 ans et trois mois pour les sa­la­riés du pri­vé dé­pen­dant du ré­gime gé­né­ral. Soit un dé­ca­lage de six mois par rap­port à la moyenne na­tio­nale, qui s’éta­blis­sait l’an der­nier à 62 ans et neuf mois. Les rai­sons d’un tel écart ? Prin­ci­pa­le­ment le poids des dé­parts anticipés, du fait des car­rières longues, ain­si que l’im­pact des mesures dé­ro­ga­toires liées à la ré­forme de 2010 (amiante et pé­ni­bi­li­té), in­dique-t-on à la Carsat Bre­tagne. Deux phé­no­mènes par­ti­cu­liè­re­ment mar­qués dans la ré­gion, en rai­son de la sur­re­pré­sen­ta­tion de cer­tains sec­teurs d’ac­ti­vi­té (agroa­li­men­taire et chan­tiers na­vals notamment).

2. La barre des 62 ans at­teinte en 2017 en Bre­tagne. Mal­gré ce dé­ca­la

ge avec la moyenne na­tio­nale, la barre des 62 ans a été at­teinte dans notre ré­gion dès 2017. À noter, tou­te­fois, que l’âge moyen reste très lé­gè­re­ment in­fé­rieur pour les hommes (il s’éta­blit, en 2018, à 61 ans et neuf mois).

Comme au plan na­tio­nal, il existe en ef­fet un fort dif­fé­ren­tiel entre les sexes. Les femmes partent net­te­ment plus tard que les hommes (les Bre­tonnes ont pris leur re­traite en moyenne à 62 ans et six mois en 2018). Les femmes paient en ef­fet le fait d’avoir des car­rières beau­coup plus ha­chées que les hommes, ce qu’elles doivent com­pen­ser en tra­vaillant plus tard.

3. Les Bre­tons ne courent pas après les sur­cotes.

« On constate que dans d’autres ré­gions de France, il y a da­van­tage de per­sonnes tra­vaillant plus tard pour bé­né­fi­cier d’une sur­cote », note-t-on à la Carsat Bre­tagne. « Le pour­cen­tage de bé­né­fi­ciaires de sur­cote par­mi nos nou­veaux re­trai­tés est in­fé­rieur d’en­vi­ron quatre points par rap­port à ce­lui ob­ser­vé au plan na­tio­nal (9 % contre 13 %) ». Pour mé­moire, il faut, pour bé­né­fi­cier d’une sur­cote, conti­nuer à tra­vailler, tout en rem­plis­sant les condi­tions pour per­ce­voir une re­traite à taux plein, c’est-à-dire avoir at­teint l’âge mi­ni­mal de dé­part en re­traite et avoir co­ti­sé suf­fi­sam­ment de tri­mestres.

4. Da­van­tage d’in­va­lides en Bre­tagne.

Autre élé­ment no­table, la part des ex-in­va­lides et in­aptes est de 14,98 % chez les hommes à la Carsat Bre­tagne et 17,24 % chez les femmes (14,57 % pour les hommes au ni­veau na­tio­nal et 16,77 % pour les femmes). Ce qui a d’ailleurs un lé­ger im­pact sur l’âge moyen de dé­part, rap­pelle la Carsat, « ces ca­té­go­ries de pen­sions per­met­tant d’avoir une li­qui­da­tion au taux plein dès l’âge lé­gal ». Et ce, quelle que soit la du­rée d’as­su­rance.

5. Les spé­ci­fi­ci­tés bre­tonnes ap­pe­lées à s’es­tom­per ?

L’âge moyen du dé­part à la re­traite a for­te­ment aug­men­té de­puis dix ans, du fait des dif­fé­rentes ré­formes des re­traites. En Bre­tagne, il est pas­sé de 61 ans en 2009 à 62 ans et trois mois en 2018. Le dé­ca­lage entre l’âge au­quel les Bre­tons prennent leur re­traite par rap­port à l’en­semble des Fran­çais est en re­vanche res­té stable.

Cet écart de six mois va-t-il per­du­rer dans les pro­chaines an­nées ? À la Carsat Bre­tagne, on répond avec pru­dence. « Il y au­ra sans doute tou­jours une dif­fé­rence, mais il est pro­bable que l’on se rap­proche peu à peu de la moyenne na­tio­nale ».

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