Aé­rien. Ea­sy­jet pose ses va­lises à Nantes

Le Télégramme - Quimper - - ÉCONOMIE - Phi­lippe Cré­hange

La com­pa­gnie aé­rienne bri­tan­nique a inau­gu­ré, jeu­di, sa sep­tième base fran­çaise à Nantes, la pre­mière dans l’Ouest.

À la clé : trois avions, 110 sa­la­riés et de nouvelles des­ti­na­tions. Le tout dans un climat très in­cer­tain lié au Brexit.

La fan­fare, les dra­peaux orange aux cou­leurs de la com­pa­gnie low cost, le dis­cours « in en­glish » du big boss Jo­han Lund­gren et des ste­wards et hô­tesses tout sou­rire. C’était pe­tits plats dans les grands, jeu­di, à l’aé­ro­port de Nantes At­lan­tique. Ea­sy­jet a inau­gu­ré sa sep­tième base fran­çaise. Con­crè­te­ment, ce­la si­gni­fie que la com­pa­gnie sta­tionne en per­ma­nence trois de ses avions dans la Cité des ducs et le per­son­nel qui va avec, soit 110 sa­la­riés. Con­sé­quence pre­mière de cette dé­ci­sion : le dé­ve­lop­pe­ment de l’offre de­puis Nantes, avec 14 nouvelles des­ti­na­tions ve­nant se ra­jou­ter aux 13 pre­mières. Par­mi elles : Gre­nade, Ba­ri, Ibi­za, Du­brov­nik ou en­core Bil­bao. Mais ce­la per­met aus­si à la com­pa­gnie de com­plé­ter les routes exis­tantes. Lyon se­ra ain­si dé­sor­mais des­ser­vie quatre fois par jour. Avec trois avions, la base nan­taise est pour le mo­ment la plus pe­tite d’Ea­sy­jet dans l’Hexa­gone. Bor­deaux et Tou­louse en ont dé­jà quatre, Lyon huit et Nice cinq. Mais avec 40 % de crois­sance pas­sa­gers en­re­gis­trée sud Loire l’an pas­sé pour la com­pa­gnie, il n’est pas im­pos­sible que d’autres aé­ro­nefs com­plètent le dis­po­si­tif. « Ce n’est en­core qu’une start-up avec trois avions », sou­ligne François Bac­cet­ta, di­rec­teur gé­né­ral France. En­ten­dez une jeune pousse qui ne de­mande qu’à gros­sir. Ce sont les pas­sa­gers qui sont dé­sor­mais les juges de paix. Mais avec un bas­sin de huit mil­lions d’ha­bi­tants au­tour de l’aé­ro­port, la com­pa­gnie reste op­ti­miste. Plu­sieurs in­cer­ti­tudes pèsent néan­moins sur l’en­tre­prise. Lo­ca­le­ment, il y a la ques­tion de l’ave­nir de la plate-forme nan­taise suite à l’aban­don de Notre-Dame-des-Landes. Sau­ra-t-elle en­core en­cais­ser une crois­sance de son tra­fic ? « Tout dé­pend du plan de dé­ve­lop­pe­ment de Nantes At­lan­tique. On at­tend de sa­voir ce qu’il en est du cô­té de l’État et de Vinci », répond Re­gi­nald Ot­ten, di­rec­teur ad­joint d’Ea­sy­jet pour la France.

Quid du Brexit ?

Plus glo­ba­le­ment, la com­pa­gnie a pré­sen­té, il y a quelques jours, des ob­jec­tifs plus que pru­dents pour le se­cond se­mestre 2019 en Eu­rope. En cause : le Brexit. Un dé­part de l’UE ne risque-t-il pas de frei­ner les en­vies de trans­port des Fran­çais ? « Ea­sy­jet s’est pré­pa­ré à tous les scé­na­rios, deal ou no deal. Nous avons tout or­ga­ni­sé pour être ca­pable de vo­ler quelle que soit la dé­ci­sion ! », mar­tèle le P-DG Jo­han Lund­gren. « Al­lez en An­gle­terre, même s’il y a le Brexit ! », com­plète Re­gi­nald Ot­ten. Des ré­ponses te­nant plus de la mé­thode Coué et qui masquent mal les in­quié­tudes des di­ri­geants.

Mais en at­ten­dant la dé­ci­sion du gou­ver­ne­ment bri­tan­nique, Ea­sy­jet main­tient son cap, avec une stra­té­gie qui passe, comme pour beau­coup de com­pa­gnies, par une meilleure ges­tion de ses coûts, en par­ti­cu­lier le car­bu­rant. « On s’est fixé l’ob­jec­tif à 2022 d’amé­lio­rer de 34 % notre em­preinte car­bone », ex­plique Re­gi­nald Ot­ten. L’in­ves­tis­se­ment dans une cen­taine d’Air­bus Neo, la nou­velle gé­né­ra­tion des A320, va l’y ai­der. L’avion per­met en ef­fet une économie de car­bu­rant de 15 %. Sans par­ler des décibels lors des at­ter­ris­sages. Ce ne sont pas les Nan­tais qui s’en plain­dront.

Pho­to P. C

La com­pa­gnie aé­rienne Ea­sy­jet, pré­si­dée par Jo­han Lund­gren, ins­talle sa sep­tième base fran­çaise à Nantes.

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