« On vi­vait dans l’hu­mi­di­té et la peur que ça s’écroule »

Le Télégramme - Quimper - - BRETAGNE - Propos recueillis par Her­vé Queillé

Anthony, Sté­pha­nie (*) et leurs deux en­fants ont vé­cu un vé­ri­table cal­vaire pen­dant plu­sieurs an­nées dans une mai­son in­sa­lubre et la peur au ventre, au Centre-Bre­tagne. En­fin dé­cem­ment re­lo­gés, grâce à un bailleur so­cial, ils té­moignent… « Quand on n’a pas vé­cu ce genre de si­tua­tion, on ne peut pas sa­voir le bon­heur de se re­trou­ver dans une mai­son agréable, bien chauf­fée, où on se sent en sé­cu­ri­té et où il n’y a pas de cham­pi­gnons sur les murs », confie le couple de qua­dra­gé­naires.

Les cham­pi­gnons, ils ne peuvent plus les voir en pein­ture. « Les moi­sis­sures noires, il y en avait du sol au pla­fond dans la salle de bains. On avait beau aé­rer, toutes les pièces étaient tou­chées. Il n’y avait pas de VMC, ni d’aé­ra­teurs sur les fe­nêtres. C’était mal­sain ». Le pro­blème ve­nait aus­si de la qua­si-im­pos­si­bi­li­té de chauf­fer cor­rec­te­ment le logement, une mai­son à deux étages des an­nées 50 : « Le grenier et les combles n’étaient pas iso­lés. Et comme l’es­ca­lier n’était sé­pa­ré que par une porte lé­gère et non étanche, le froid gla­cial ga­gnait toute la mai­son ». Dom­mage col­la­té­ral : « On dé­pen­sait une for­tune pour le fuel. Ma com­pagne étant la seule à tra­vailler, on a dû faire un em­prunt à la consom­ma­tion pour payer l’élec­tri­ci­té. Ajou­tés aux agios in­ces­sants de la banque, on ne s’en sor­tait plus », ra­conte Anthony.

Peur que la mai­son ne s’écroule

À l’in­con­fort, l’in­sa­lu­bri­té et au stress va ve­nir s’ajou­ter, il y a deux ans, la peur que la mai­son ne s’écroule : « Les fis­sures sur la fa­çade, le ci­ment au­tour des lin­teaux de fe­nêtres qui s’ef­fri­tait nous ont mis la puce à l’oreille. La char­pente était pour­rie, com­men­çait à tra­vailler et à pous­ser sur les murs. Ce­la de­ve­nait dan­ge­reux et d’au­tant plus difficile à vivre pour ma com­pagne qui était en­ceinte ».

L’ef­fon­dre­ment des deux im­meubles à Mar­seille, le 5 no­vembre der­nier, pousse le couple à pas­ser à la vi­tesse su­pé­rieure : constat d’un ins­pec­teur de l’Agence ré­gio­nale de san­té (ARS), avis de char­pen­tiers… « Mais, mal­gré ces avis et les lettres en re­com­man­dé, le maire va re­fu­ser de prendre un ar­rê­té de pé­ril et de re­lo­ge­ment et les pro­prié­taires d’en­ta­mer des tra­vaux », af­firme Anthony. L’affaire est de­vant la jus­tice : « Pour ob­te­nir des dom­mages-in­té­rêts mais aus­si pour que la mai­son ne soit pas re­louée dans cet état… ».

* Pré­noms d’em­prunt, à la de­mande des in­té­res­sés.

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