Mo­bi­li­sa­tion contre la ré­forme Blan­quer

Le Télégramme - Quimper - - QUIMPER - Thier­ry Char­pen­tier

Cin­quante en­sei­gnants ont ma­ni­fes­té, jeu­di mi­di, de­vant la per­ma­nence de la dé­pu­tée. « L’école de la confiance » prô­née par Jean-Mi­chel Blan­quer ne passe dé­ci­dé­ment pas. En l’ab­sence d’An­naïg Le Meur, ils l’ont dit avec force à son at­ta­ché par­le­men­taire.

La loi Blan­quer de­vrait ar­ri­ver de­vant le Sé­nat à la mi-mai. L’in­ter­syn­di­cale « Édu­ca­tion du Finistère » la suit à la trace, et tente de lui bar­rer le che­min. Jeu­di, une cin­quan­taine de pro­fes­seurs sont ve­nus re­dire tout le mal qu’ils pen­saient du pro­jet de loi à la dé­pu­tée de la pre­mière cir­cons­crip­tion du Finistère. Son at­ta­ché par­le­men­taire lui fe­ra un compte ren­du, qui risque d’être dense. Car les griefs sont mul­tiples : « L’ar­ticle 1 in­dique que nous de­vons obéir et nous taire ? Ce n’est pas notre concep­tion de la démocratie au tra­vail », as­sène Yannick Les­né, de Sud Édu­ca­tion. Par­mi les prin­ci­pales in­quié­tudes, il y a ce poste de su­per di­rec­teur, qui se­rait as­su­mé par le res­pon­sable du col­lège de sec­teur, sup­plan­tant ain­si les di­rec­tions de plu­sieurs écoles, « contri­buant à l’éloi­gne­ment des pa­rents de l’école. Cette ré­forme in­tro­duit le fait que ce n’est plus la ges­tion pé­da­go­gique qui prime. Le rap­port à l’école se­ra com­plè­te­ment trans­for­mé ».

« Ab­sence to­tale de concer­ta­tion »

Yannick Les­né pointe en­core la fu­sion pré­vue d’un cer­tain nombre de com­mis­sions et de co­mi­tés tech­niques. « Les com­mis­sions pa­ri­taires qui traitent les pro­blèmes des per­son­nels et les com­mis­sions d’hy­giène et de sé­cu­ri­té ont des ob­jec­tifs dif­fé­rents. Ges­tion tech­nique et pro­blèmes de per­son­nels vont se re­trou­ver mê­lés. Il n’y au­ra plus qu’une ou deux per­sonnes par or­ga­ni­sa­tion. Elles se­ront dé­char­gées de leur tra­vail, cou­pées du ter­rain. Ce n’est pas l’idée que nous nous fai­sons des dé­lé­gués ».

Tous les ma­ni­fes­tants dé­plorent, voire se disent « cho­qués » par « l’ab­sence to­tale de concer­ta­tion », confi­nant se­lon eux au « cy­nisme », qui pré­side à cette ré­forme. Yannick Delaunay, pro­fes­seur au lycée Thé­pot, évoque l’en­sei­gne­ment pro­fes­sion­nel : « Les ly­cées pro­fes­sion­nels vont de­ve­nir des centres d’ap­pren­tis­sage, tout ce­la au dé­tri­ment des élèves. En dix ans, le bac pro dans le­quel j’évo­lue a été ré­for­mé trois fois, sans qu’au­cune éva­lua­tion n’ait ja­mais été faite. Ces ré­formes ne sont là que pour par­ve­nir à des sup­pres­sions de poste et de fi­lières, comme c’est ar­ri­vé à la fi­lière EDPI (étude et dé­fi­ni­tion des pro­duits in­dus­triels), que seul le lycée Thé­pot pro­po­sait », rap­pelle-t-il.

Comme de­vant les per­ma­nences des autres dé­pu­tés du Finistère, une cin­quan­taine d’en­sei­gnants ont de­man­dé une en­tre­vue avec An­naïg Le Meur. En vain.

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