SU­PER­MAR­CHÉS : L’OU­VER­TURE 24 HEURES/24 DI­VISE

Le Télégramme - Quimper - - LA UNE -

Le test, me­né dans plu­sieurs villes, consis­tant à ou­vrir des grandes sur­faces 24 heures sur 24 semble plu­tôt concluant à Lyon où de nom­breux clients en pro­fitent. Mais dans d’autres lo­ca­li­tés, l’ex­pé­rience a tour­né court, faute de fré­quen­ta­tion. En Bre­tagne, un tel concept a peu de chances de pros­pé­rer.

C’est une pre­mière en France. De­puis le 5 dé­cembre der­nier, le ma­ga­sin Ca­si­no LyonGam­bet­ta ac­cueille ses clients 24 h/24. Une au­baine pour les noc­tam­bules ur­bains mais un concept qui ne convainc pas for­cé­ment en Bre­tagne, où les rythmes de vie sont dif­fé­rents.

Étu­diants en panne de les­sive ou tra­vailleurs à ho­raires décalés, ils consti­tuent les nou­veaux « ha­bi­tués de la nuit » du su­per­mar­ché Ca­si­no LyonGam­bet­ta, le pre­mier à ou­vrir 24 h/24 en France.

« C’est une au­baine pour moi. Je n’ai pas pris de fast-food sur la route car je sais que c’est ou­vert ici », dé­clare Syl­la N’Taye, li­vreur de 54 ans, ba­guette de pain en main. « En ville, les grands ma­ga­sins qui res­tent ou­verts, ça ar­range beau­coup de monde. Donc ça au­ra du suc­cès ; c’est for­cé », pré­dit-il. De­puis le 5 dé­cembre, ce su­per­mar­ché de 2 000 m² au coeur d’un quar­tier où se cô­toient im­meubles de bu­reaux, d’ha­bi­ta­tion, ré­si­dences étu­diantes et hô­tels, ouvre jour et nuit. À par­tir de 21 h, les paie­ments se font sur les caisses au­to­ma­tiques ou via l’application dé­ve­lop­pée par Ca­si­no.

Ri­va­li­ser avec le com­merce en ligne

L’ou­ver­ture du su­per­mar­ché 24 h/24 cor­res­pond « à un be­soin de la clien­tèle », ex­plique le di­rec­teur de Ca­si­no pour la ré­gion lyon­naise Jean-Ber­nard Gau­de­mer, ajou­tant qu’il s’agit aus­si de ri­va­li­ser avec le com­merce en ligne. L’ex­ten­sion des ho­raires d’ou­ver­ture a en­traî­né l’em­bauche d’un ma­na­ger et d’un em­ployé pour la soi­rée, puis, à par­tir de mi­nuit, ce sont quatre vi­giles qui veillent sur le ma­ga­sin. En cas de dif­fi­cul­tés en caisse, un boî­tier per­met de joindre un conseiller.

« Ça reste du dé­pan­nage »

Pour An­tho­ny Fer­rer, cour­sier de 25 ans, l’achat noc­turne reste du « dé­pan­nage » car « payer à la caisse libre-ser­vice avec un gros cha­riot, c’est com­pli­qué ».

« On s’adapte à la vie d’au­jourd’hui. Les courses res­tent une con­trainte pour les gens », es­time le di­rec­teur du su­per­mar­ché, Ro­bert How, qui, après quelques mois, a vu se for­mer une clien­tèle « d’ha­bi­tués de la nuit ». Ces nou­veaux fi­dèles sont am­bu­lan­ciers, po­li­ciers, sa­la­riés dans la res­tau­ra­tion, étu­diants… « C’est la pre­mière fois en France mais ça existe dans d’autres pays. La France suit ce mou­ve­ment-là et c’est une très bonne chose », se fé­li­cite Mou­lay Al-Kan­ta­ri, res­tau­ra­teur de 55 ans. « Bi­zar­re­ment, il y a le gros rush le di­manche soir à mi­nuit. Tout le monde vient faire ses courses de la se­maine, donc je sais qu’il ne faut pas ve­nir », ob­serve cette étu­diante en in­gé­nie­rie in­for­ma­tique de 19 ans, Char­lotte Le­cat, ve­nue pour un pa­quet de les­sive et dont l’im­per­méable peine à ca­cher son py­ja­ma… « On a été très sur­pris de la fré­quen­ta­tion parce qu’on a du monde de mi­nuit jus­qu’à 6 h du ma­tin, avec des clients qui font des cad­dies de 300-400 eu­ros », ren­ché­rit Ro­bert How, qui se fé­li­cite d’une croissance du chiffre d’af­faires très im­por­tante » - sans ré­vé­ler au­cun mon­tant, mais qui af­firme ac­cueillir « 3 000 clients par jour ». L’or­ga­ni­sa­tion a dû être adap­tée pour que les pro­duits soient dis­po­nibles en quan­ti­té suf­fi­sante toute la nuit. Dans les rayons tra­di­tion­nels (bou­che­rie, pois­son­ne­rie…), la mar­chan­dise est mise en place, le soir, en bar­quettes. Le rayon fruits et lé­gumes est, lui, ré­ap­pro­vi­sion­né en fin de jour­née.

Pas d’al­cool après 21 h

L’in­ter­dic­tion de la vente d’al­cool après 21 h est ma­té­ria­li­sée par un cor­don qui em­pêche les clients d’ac­cé­der à ce rayon et les pro­duits al­coo­li­sés ne passent plus en caisse.

Au rayon sur­ge­lés, Jean-Luc Her­nan­dez, 49 ans, chef de pro­jet en in­for­ma­tique, sort d’« un apé­ro entre col­lègues qui a du­ré plus long­temps que pré­vu », alors que son épouse l’avait mis­sion­né par tex­to d’une liste d’achats. « Je sais que je vais me faire en­gueu­ler mais j’au­rai au moins fait les courses », lance-t-il gaie­ment, un des seuls clients in­ter­ro­gés à s’in­quié­ter de la ré­mu­né­ra­tion des em­ployés pra­ti­quant ces ho­raires in­ha­bi­tuels.

Pho­to AFP

Après quelques mois d’ou­ver­ture, la di­rec­tion du ma­ga­sin Ca­si­no Lyon-Gam­bet­ta, ou­vert 24 h/24, a vu se consti­tuer une clien­tèle d’ha­bi­tués de la nuit. Le gros rush in­ter­vient sou­vent le di­manche, à mi­nuit.

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