« On ne sait pas à quoi faire at­ten­tion, on est désar­més »

Le Télégramme - Quimper - - BRETAGNE -

« Tout le monde ne parle que de ça. Les gens sont vrai­ment très in­quiets ». Dans sa Re­nault Mé­gane, sta­tion­née face à l’école Notre-Dame-de-Lourdes, non loin de l’église qui s’ap­prête à son­ner les 12 coups de mi­di, Sa­bine at­tend la sor­tie de son plus jeune en­fant. « J’en ai trois, âgés de 3 à 19 ans, et ce qui se passe fait peur, confesse cette ma­man. Nos en­fants vont à l’école avec cer­tains des en­fants tou­chés et on se pose des ques­tions. Est-ce que ça vient de notre en­vi­ron­ne­ment ? De l’eau ? Des pro­duits d’en­tre­tien ? Est-ce que l’école est saine ? On n’a au­cune ex­pli­ca­tion… »

Cinq ma­raî­chers, quatre en bio

Le maire de Sainte-Pa­zanne, Ber­nard Mo­rilleau, est as­sailli de de­mandes… « par les jour­na­listes es­sen­tiel­le­ment », coupe-t-il, ma­ni­fes­te­ment aga­cé. Pas de psy­chose, se­lon lui, mal­gré « l’em­bal­le­ment mé­dia­tique ». L’élu ne veut « pas re­la­ti­vi­ser ». Mais il tient à rap­pe­ler que « la moi­tié des cas rap­por­tés est is­sue de trois autres com­munes voi­sines ». « En tout, ce­la fait 12 cas pour 15 000 ha­bi­tants », pointe-t-il. Ber­nard Mo­rilleau met aus­si en avant qu'« au­cune ex­pli­ca­tion cré­dible n’a été trou­vée jus­qu’à pré­sent ». La com­mune ne compte « au­cune usine ».

Sainte-Pa­zanne est certes une com­mune ru­rale. « Mais d’éle­vage très ma­jo­ri­tai­re­ment, com­plète le maire. On a cinq ma­raî­chers, dont quatre sont en bio et font de la vente di­recte sur les mar­chés… »

« Les en­fants com­mencent à po­ser des ques­tions »

Pas da­van­tage d’ex­pli­ca­tions du cô­té des sites où ré­sident les fa­milles tou­chées : elles ne sont pas voi­sines ou si­tuées dans la même zone et pas en bor­dure de champs. « Elles sont ré­par­ties en plu­sieurs en­droits du bourg », pré­cise le maire. « On ne sait pas à quoi faire at­ten­tion. On est désar­més », ré­sume cette com­mer­çante du bourg. « On veut sa­voir ce qui se passe mais il ne faut pas non plus som­brer dans la psy­chose », re­la­ti­vise San­drine, croi­sée non loin d’une école avec sa pous­sette.

Cette nour­rice met en garde : « Les pa­rents ne font pas at­ten­tion à ce qu’ils disent à cô­té des en­fants. Ils com­mencent eux aus­si à po­ser des ques­tions ».

Le ma­tin même, Lo­la, six ans, est ve­nue la voir « toute triste, prête à pleu­rer ». Elle n’avait pas vu son pe­tit co­pain de­puis deux jours à l’école. La pe­tite fille lui a de­man­dé : « Il a le cancer ? »

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