Un pied de chaise pour ré­gler des his­toires de soeurs

Le Télégramme - Quimper - - QUIMPER. TRIBUNAL -

Dans l’his­toire des in­sultes, il y a les ma­mans, qu’il ne faut pas tou­cher. Mais il y a aus­si les soeurs. Alors, quand l’un des deux amis a in­sul­té la soeur des deux fran­gins, dans la nuit du 25 no­vembre der­nier, dans une boîte de nuit quim­pé­roise, ça a été trop. Re­trou­vés à la sor­tie, les quatre en sont ve­nus aux mains. Deux ont été condam­nés à une peine mixte, jeu­di, par le tri­bu­nal de Quim­per.

Les uns comme les autres étaient par­tis faire la fête en ce 25 no­vembre der­nier. Les deux fran­gins fê­taient l’an­ni­ver­saire de leur cou­sine, la bande de potes vou­lait sim­ple­ment s’am­bian­cer à Lo­rient. Avant d’être re­fou­lée à l’en­trée et de re­prendre la di­rec­tion de la ville pré­fec­to­rale et l’une de ses boîtes de nuit. Deux d’entre eux, 19 et 21 ans, sont à la barre, ce jeu­di après-mi­di, tan­dis que les deux frères sont sur le banc des par­ties ci­viles.

Les faits, les deux pré­ve­nus ne les contestent pas. Ils sont al­lés en boîte, lais­sant deux de leurs amis, qui n’ont pas as­sez plu aux vi­deurs, dans la voi­ture. Ils sont là pour sé­duire et se lâchent sur la piste de danse. Jus­qu’à ce « qu’un mec vienne me voir en di­sant que je dra­guais sa soeur ou sa cou­sine, je ne sais plus », re­late le plus âgé. Les es­prits s’échauffent, des in­sultes fusent, des deux cô­tés, mais c’est lui qui se­ra viré par l’agent de sé­cu­ri­té. « Vous êtes alors re­par­ti très vite vers votre voi­ture où dor­maient vos amis et vous leur avez de­man­dé d’ou­vrir le coffre », pré­cise la pré­si­dente Ka­men­noff. Le pré­ve­nu, dé­jà con­dam­né pour des vio­lences en sor­tie de boîte de nuit, ac­quiesce. « J’ai cru qu’ils al­laient sor­tir pour fi­nir l’his­toire ».

« Qui a in­sul­té ma soeur ? »

Alors il a dé­ci­dé de prendre les choses en main, en de­man­dant à son ami, de deux ans son ca­det, de prendre le pied de chaise en guise de ma­traque. « C’est un mor­ceau de bois de 45 cm de long !, s’ex­clame la pré­si­dente. Pour­quoi vous aviez ça dans votre coffre ? ». Pas de ré­ponse.

C’est là qu’ar­rivent les deux frères. L’un de­mande : « Qui a in­sul­té ma soeur ? ». Le pro­prié­taire de la voi­ture, ma­çon de pro­fes­sion, n’y va pas avec le dos de la truelle : « J’ai dit que c’était moi et je l’ai in­sul­tée, sa soeur ! ». Le même frère avance mais l’ami ar­mé prend les de­vants, lui as­sé­nant un coup de pied de chaise sur la tête. Un seul, se­lon ses dires. L’in­ju­rieux prend le se­cond, et plu­sieurs claques fusent. As­sez pour que la fra­trie soit en sang. Ils se­ront hos­pi­ta­li­sés. L’un, quatre frac­tures sur le crâne et ayant per­du connais­sance, se­ra opé­ré et re­ce­vra dix jours d’ITT. Le se­cond au­ra trois jours d’ITT.

Peine mixte pour les « fau­teurs de trouble »

Six mois ont pas­sé de­puis les faits. Les marques ne sont plus là pour at­tes­ter de la vio­lence des coups, « hor­mis une ci­ca­trice sur le crâne » de l’un des frères « qui la gar­de­ra à vie », re­late Me Lau­ret, avo­cat des par­ties ci­viles, de­man­dant 2 300 € de dom­mages et in­té­rêts pour ce­lui qui a re­çu des claques et une ex­per­tise pour ce­lui aux mul­tiples frac­tures. Pour le pro­cu­reur Le­moine, les deux jeunes hommes à la barre sont « des fau­teurs de trouble ». Il re­quiert des peines mixtes, un an dont dix mois avec sur­sis et mise à l’épreuve pen­dant deux ans avec in­ter­dic­tion de fré­quen­ter des dé­bits de bois­sons pour le plus jeune, un an pour huit mois avec sur­sis pour l’aî­né, as­sor­ti des mêmes obli­ga­tions et in­ter­dic­tions. Pour Me Buors, avo­cat du plus âgé, son client s’est re­pen­ti. Il a un tra­vail de­puis deux ans, il a trou­vé sa pro­mise. Il s’est ran­gé. Ça ne chan­ge­ra pas grand-chose. Son client se­ra con­dam­né à douze mois dont neuf avec sur­sis, as­sor­ti de la ré­vo­ca­tion du sur­sis de trois mois da­tant de 2018, soit six mois ferme. Son aco­lyte éco­pe­ra d’un an dont six mois avec sur­sis. Les deux, in­ter­dits de fré­quen­ter des dé­bits de bois­sons, de por­ter une arme et d’en­trer en contact avec les vic­times, de­vront en outre dé­dom­ma­ger les frères, à hau­teur de 2 000 € pour pré­ju­dice mo­ral. Les pré­ju­dices phy­siques se­ront re­vus en in­té­rêt civil.

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