Agri­cul­ture. Une so­lu­tion zé­ro phyto

Be­noît Le Lay veut jouer la carte de la trans­pa­rence. Le jeune ex­ploi­tant ins­tal­lé à Plo­meur a dé­ci­dé de s’orien­ter vers une agri­cul­ture rai­son­née. Quitte à faire moins mais mieux. Ren­contre.

Le Télégramme - Quimper - - PONT-L’ABBÉ - Ste­ven Le­cor­nu

Dans la pro­fes­sion, on n’a pas l’ha­bi­tude de trop cau­ser. La dis­cré­tion est la norme. Be­noît Le Lay, lui, a dé­ci­dé de cas­ser les codes. Le jeune homme âgé de 31 ans aime son mé­tier et veut le faire sa­voir. « On est sou­vent ac­cu­sé de tous les maux. Il est bon de rap­pe­ler que l’on ne fait pas n’im­porte quoi ». L’agri­cul­teur ori­gi­naire de Plo­néourLan­vern est vis­cé­ra­le­ment at­ta­ché à sa terre. Une terre qu’il tra­vaille à Plo­meur de­puis main­te­nant huit ans. C’est en 2011 qu’il re­prend l’ex­ploi­ta­tion ins­tal­lée au Gi­bit, à deux pas de la Torche. Sur 200 ha, Be­noît Le Lay cultive des cé­réales (blé, orge, maïs) dont 15 ha dé­diés aux pommes de terre. Celles-ci sont toutes ra­mas­sées à la main, tous les ma­tins. Fraî­cheur ga­ran­tie. Cette an­née, les primeurs se­ront ré­col­tées à la fin du mois. Elles se­ront en­suite ven­dues dans les grandes sur­faces de la ré­gion, de Com­brit à Saint-Gué­no­lé, mais aus­si aux col­lec­ti­vi­tés, as­so­cia­tions et res­tau­rants. La de­mande est forte. Les pro­duits lo­caux ont le vent en poupe.

« Rien n’est lais­sé au ha­sard. C’est un vrai chal­lenge »

Les autres variétés de pommes de terre se­ront ré­col­tées à par­tir de juillet à l’aide d’une ar­ra­cheuse-trieuse ré­cem­ment ache­tée. Elles se­ront sto­ckées dans de grandes caisses en bois. En 2018, Be­noît Le Lay, qui em­ploie un sa­la­rié, en a ven­du 200 tonnes. « De­puis le dé­but, je cherche des tech­niques pour li­mi­ter pro­gres­si­ve­ment l’em­ploi de pro­duits phy­to­sa­ni­taires dans mes champs, confie ce­lui qui a va­li­dé un cur­sus agri­cole com­plet (bac, BTS et li­cence pro­fes­sion­nelle). L’idée, c’est de pas­ser d’une agri­cul­ture conven­tion­nelle à une agri­cul­ture rai­son­née. Je veux maî­tri­ser ma pro­duc­tion. Rien n’est lais­sé au ha­sard. C’est un vrai chal­lenge ». Le Bi­gou­den uti­lise des moyens mé­ca­niques comme la bi­neuse. « Je pré­fère pri­vi­lé­gier la qua­li­té à la quan­ti­té », confie l’agri­cul­teur. Sa fa­çon de tra­vailler a réel­le­ment pris un tour­nant il y a quatre ans, en dé­cou­vrant la so­cié­té Tech­sea­lab. Ins­tal­lée à Pen­marc’h, l’en­tre­prise com­mer­cia­lise des pro­duits na­tu­rels éla­bo­rés à base d’ex­traits d’algues. Ces der­niers sont mé­lan­gés avec des acides ami­nés et des oli­go-élé­ments. « Ce­la per­met aux plantes d’être plus ré­sis­tantes aux ma­la­dies comme le mil­diou pour la pomme de terre. Les ré­sul­tats sont concluants. De­puis un an, je n’uti­lise plus de gly­pho­sate, ex­plique Be­noît Le Lay. Au­jourd’hui, la pres­sion des consom­ma­teurs nous oblige à être trans­pa­rent ».

Len­tilles, pois chiches et so­ja pour se di­ver­si­fier

Dans un sou­ci de pré­ser­va­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, l’ex­ploi­tant a dé­ci­dé de di­ver­si­fier ces cultures. Sur deux hec­tares, il a se­mé des len­tilles, des pois chiches et du so­ja. Les pre­miers tests sont sa­tis­fai­sants. « Cet été, j’es­père com­mer­cia­li­ser les len­tilles et les pois chiches en cir­cuit court. Quant au so­ja, il est des­ti­né à un éle­veur de porcs à Saint-Jean-Tro­li­mon ».

Du cô­té des pro­jets, Be­noît Le Lay sou­haite dé­ve­lop­per une gamme de pommes de terre bio. Une corde de plus à son arc. L’ex­ploi­tant a éga­le­ment ins­tal­lé une ving­taine de ruches dans ses champs. Il s’agit d’une col­la­bo­ra­tion avec Ré­gis Le Guen, api­cul­teur à Foues­nant. « Je consacre 3 ha de ja­chères fleu­ries aux abeilles. Ces sur­faces abritent des plantes mel­li­fères comme le blé noir, le trèfle ou en­core le mé­li­lot ». Un pe­tit Éden en somme. Pré­ser­ver l’en­vi­ron­ne­ment, c’est pré­ser­ver l’ave­nir. « C’est à nous, la jeune gé­né­ra­tion, de mon­trer l’exemple ».

« Je pré­fère pri­vi­lé­gier la qua­li­té à la quan­ti­té »

Be­noît Le Lay, agri­cul­teur à Plo­meur

Le Té­lé­gramme/Ste­ven Le­cor­nu

Be­noît Le Lay, 31 ans, est à la tête d’une ex­ploi­ta­tion de 200 ha, au Gi­bit, à Plo­meur.

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