Le Draou­lec, sans prise de tête

Le Télégramme - Quimper - - SPORTS - Phi­lippe Eliès

Vain­queur de la Mi­niT­ran­sat 2017 en Sé­rie, Er­wan Le Draou­lec, ma­rin d’ori­gine bour­gui­gnonne, dé­barque sur le cir­cuit Fi­ga­ro 3. Sans se prendre la tête, pas im­pres­sion­né le moins du monde par ce chan­ge­ment de sup­port et d’uni­vers.

Une ti­gnasse blonde, un sou­rire franc, une pa­role rare. Er­wan Le Draou­lec, 22 ans, est un jeune homme pai­sible. Après le 6.50, le voi­là en Fi­ga­ro 3. On lui a ven­du que le mo­no­type était un fun, que le bud­get était abor­dable. Comme son par­te­naire « Emile Hen­ry » conti­nuait l’aven­ture, il a dit ban­co. « Lors de la Tran­sat Ag2r, où je fai­sais équipe avec Loïs Ber­re­har, j’avais tes­té le Fi­ga­ro 2. »

Son mo­teur, le plai­sir

Après une tran­sat à sur­fer en Po­go 3, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’avait pas trou­vé le Fi­ga­ro 2 sen­sa­tion­nel… « Le Fi­ga­ro 3 est plus proche d’un mi­ni avec son bout-de­hors, ses spis asy­mé­triques. C’est même plus simple qu’un 6.50 mais c’est plus phy­sique. »

Avec sa par­te­naire d’en­traî­ne­ment pré­fé­rée, Cla­risse Cré­mer, ils se sont entraînés à Lo­rient pour cette Sar­din­ha Cup. « On s’en­tend su­per bien avec Cla­cla, on ne s’est ja­mais en­gueu­lé. On ap­prend et on pro­gresse en­semble. » Sur les pon­tons, le gar­çon se la joue dis­cret. Comme d’ha­bi­tude. Les CV des stars de la course au large ? Il s’en contre-fiche. Non pas qu’il ne les res­pecte pas mais trouve sa mo­ti­va­tion ailleurs. Son mo­teur, c’est le plai­sir. Uni­que­ment le plai­sir en mer. « Le jour où je n’en prends plus, j’ar­rête. »

« Je suis un peu ti­mide..»

La pres­sion, il n’en a au­cune. Per­sonne ne l’at­tend. Il le sait et ça lui va très bien. Pour son spon­sor, il fait le job et joue le jeu de la com­mu­ni­ca­tion. S’il pou­vait s’en pas­ser… « Je laisse Cla­risse faire ça car elle est bien meilleure que moi dans ce do­maine. Moi, je suis un peu ti­mide en plus. »

Ti­mide ? A terre peut-être mais lors­qu’il est à la barre d’un ba­teau, c’est un autre homme… A l’ar­ri­vée vic­to­rieuse en Mar­ti­nique, il avait ex­pli­qué que, pour ga­gner la Mi­ni-Tran­sat, il « avait bour­ri­né comme un âne ». Qu’il ne vi­vait que la nuit. Que, le jour, il n’était pas trop pré­sent. « Je dor­mais par tranches, je ré­glais, je dor­mais, je man­geais, je ré­glais, je dor­mais. Je vi­vais omme un ani­mal. » A la dure. A l’an­cienne.

Pas de plan de car­rière

En fait, Er­wan La Draou­lec est presque né 30 ans trop tard. A l’époque de Ta­bar­ly, où ça cau­sait moins, où la comm' était presque un gros mot, où la voile ne s’ap­pre­nait pas dans des centres d’en­traî­ne­ment, il au­rait été à son aise.

Il y a deux ans, ce blon­di­net a stop­pé ses études pour dis­pu­ter la fa­meuse Mi­ni. Il pen­sait y re­ve­nir mais il n’avait pas ima­gi­né qu’il al­lait ga­gner. « J’étais en BTS construc­tion na­vale, je vou­lais être ar­chi­tecte na­val et voi­là. » La vie et la mer en ont dé­ci­dé au­tre­ment. La suite de sa car­rière ? « Je n’en sais rien et c’est très bien comme ça. » Il a si­gné pour deux sai­sons en Fi­ga­ro 3. Ce­la suf­fit am­ple­ment à son bon­heur.

Ch­ris­tophe Bres­chi

Après la Mi­ni-Tran­sat rem­por­tée par Er­wan Le Draou­lec de­vant Cla­risse Cré­mer, les deux ma­rins ont choi­si de na­vi­guer en­semble sur le nou­veau Fi­ga­ro 3.Pho­to

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