Les maires corses ont la cote en Bre­tagne

Le Télégramme - Quimper - - DÉBATS - Anne Les­sard

Em­ma­nuel Macron n’a pas es­qui­vé le dé­bat avec les cen­taines de maires bre­tons réu­nis mer­cre­di à Saint-Brieuc. De quoi épa­ter les in­ter­nautes ? Que nen­ni.

« Bla bla, réunion Tup­per­ware… ». Comme Kris­ten, Pas­cal et Do­mi­nique n’at­tendent rien ni des maires, ni d’Em­ma­nuel Macron : « De la com, des ef­fets d’an­nonce puis la montagne ac­couche d’une sou­ris ! » Macron « mo­narque d’opé­rette » pour Joël, les in­ter­nautes l’ont bien cer­né. Pour Vé­ro­nique et Jean-Bap­tiste, « c’est clair, il est juste en cam­pagne ! » Mais, les maires, les maires bre­tons ? « Au­cun d’entre eux pour lui te­nir tête ? », s’in­digne Jean. « Plus des mou­tons que des tau­reaux », précise Ber­na­dette. « Des mou­tons qui manquent de fier­té », pour­suit Reun. Catherine en­fonce le clou : « Des maires qui ca­ressent Macron dans le sens du poil, de peur de voir sau­ter leurs sub­ven­tions ». C’est qu’ils étaient « sé­lec­tion­nés », af­firme Jo­hanne, sûre d’elle, ajou­tant une pin­cée de com­plot an­ti-peuple à un fo­rum au ras des pâ­que­rettes.

Et pour cause, per­sonne ne semble avoir sui­vi de près le dé­bat re­trans­mis en di­rect par les té­lés lo­cales. Dom­mage, ils y au­raient croi­sé des élus aus­si pug­naces - mais plus po­sés - qu’un gi­let jaune sur­pris au pe­tit ma­tin sur un rond-point de Bre­tagne…

Rien de bien éton­nant pour au­tant. Les maires ne sont fi­na­le­ment élus que par six Fran­çais sur dix. Quatre sur dix pré­fèrent donc al­ler à la pêche le jour du scru­tin (ou sur­fer en conti­nu sur Fa­ce­book). Même en Bre­tagne, ré­gion plu­tôt ci­vique s’il en faut, où seule­ment 51 % des élec­teurs se sont dé­pla­cés en 2014 à Brest, 58 % à Con­car­neau (29) ou Guin­gamp (22)…

Le Corse, lui, est bien vi­vant

Abs­ten­tion­nistes de 2014 ou pas, nos Bre­tons n’at­tendent donc « rien des maires bre­tons » in­ca­pables, à la dif­fé­rence de leurs com­pères corses, « de tour­ner le dos à Macron, alors qu’ici, en Bre­tagne, on lui cire les pompes… », re­grette Ro­nan. « Le Corse lui est bien vi­vant », en dé­duit Reun, amer.

Louis en tombe de sa chaise : « Il y a quatre mois, au dé­but du mou­ve­ment des gi­lets jaunes, on pleu­rait parce que le Pré­sident mé­pri­sait les maires, ou­bliait les ci­toyens. Il n’a, de­puis, pas manqué de ve­nir à leur ren­contre. Tou­jours pas bien ! ».

Jo­han, Jean-Yves et Franck en pro­fitent alors pour sa­luer « la pres­ta­tion de Macron » et dé­non­cer le pro­cès d’in­ten­tion. « Les maires et les élus lo­caux sont cer­tai­ne­ment plus près de la po­pu­la­tion que les blo­gueurs com­plo­teurs » : Gwen ré­sume en ces termes le sen­ti­ment de plu­sieurs. Di­dier, élu lo­cal, s’en trouve d’un coup d’un seul tout ra­gaillar­di.

Montagne pho­to CPR/Le Té­lé­gramme

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