L’is­sue est cruelle

Le Télégramme - Quimper - - FOOTBALL - Laurent Aqui­lo

Arc-bou­tés sur le but ins­crit par Eboa Eboa en pre­mière pé­riode, les Guin­gam­pais ont fi­ni par cé­der dans les ar­rêts de jeu sur un ul­time coup de bou­toir de Jo­ve­tic, sa­me­di. La pi­lule est amère, d’au­tant que Di­jon a gagné à Lyon.

A quoi tient un match de foot ? A quoi tient une sai­son mal em­bar­quée et dont l’ho­ri­zon n’ar­rive ja­mais vrai­ment à se dé­ga­ger ? A de très longues mi­nutes de temps ad­di­tion­nel, à un ul­time rush mo­né­gasque que la vaillance de Sor­bon et de ses co­équi­piers n’a pu, cette fois, en­rayer. Au bout d’une nuit d’avril trop vite tom­bée, au bout de la pluie d’un hi­ver qui n’en fi­nit guère, Guin­gamp a lais­sé échap­per, sa­me­di, deux points très pré­cieux dans sa lutte pour la sur­vie, une place de re­lé­gable conser­vée jusque-là dans la dou­leur et un ad­ver­saire, Mo­na­co, qu’il ne re­ver­ra donc ja­mais.

Au vu du rap­port de force, per­sonne n’af­fir­me­ra que l’éga­li­sa­tion mo­né­gasque est im­mé­ri­tée, tant le der­nier quart d’heure, avec une dé­fense ren­for­cée par l’ap­port d’un cin­quième élé­ment, Dji­lo­bod­ji, ne fut qu’une longue souf­france pour une équipe lo­cale ar­ri­vée au bout de sa jauge d’es­sence. Mais au vu des cir­cons­tances, les re­grets se­ront éter­nels, au moins jus­qu’au pro­chain match, pour des joueurs qui sont al­lés au bout d’eux­mêmes sans en être plei­ne­ment ré­com­pen­sés. Ils le se­ront éga­le­ment pour un coach mê­lant, au rayon des cir­cons­tances dé­fa­vo­rables, l’ar­bi­trage et le ca­len­drier.

L’éner­gie de l’es­poir

Bien plus vaillants qu’à Mont­pel­lier, les Guin­gam­pais ont pour­tant réus­si ce que leur per­met­taient les ar­gu­ments du mo­ment, au terme d’une se­maine à trois matchs agré­men­tés d’une pro­lon­ga­tion.

Ce­la n’a pas suf­fi au fi­nal d’une jour­née plom­bée à l’heure de l’apé­ri­tif par l’an­nonce de l’in­croyable suc­cès de Di­jon sur la pe­louse de Lyon, qui fai­sait suite à la vic­toire caen­naise sur le ter­rain mo­né­gasque une se­maine plus tôt. Dans l’im­pi­toyable lutte à trois en bas de ta­bleau, les mo­ri­bonds d’hier ap­pa­raissent presque res­sus­ci­tés.

Dans ce contexte, le coup de tête dé­croi­sé d’Eboa Eboa, de­van­çant Je­mer­son à la ré­cep­tion d’un cor­ner par­fai­te­ment en­rou­lé par Re­bo­cho, sem­blait avoir très long­temps fait le bon­heur fra­gile de Guin­gam­pais qui n’au­ront fi­na­le­ment ja­mais trou­vé en­suite le che­min des gants de Su­ba­sic.

Mais à l’image d’un No­lan Roux en pleine crise of­fen­sive mais ir­ré­pro­chable à l’heure de dé­fendre le bout de gras de­vant ses propres buts, les Guin­gam­pais se­ront al­lés au bout de leurs pos­si­bi­li­tés, à dé­faut d’ex­ploi­ter les es­paces qui se des­si­naient. Tout le contraire d’une for­ma­tion mo­né­gasque qui a long­temps sem­blé se conten­ter de dic­ter le rythme de la ren­contre sans ja­mais vrai­ment prendre la peine d’ac­cé­lé­rer.

Une échéance re­tar­dée

Bien en­ten­du, il au­ra fallu évi­dem­ment un Caillard dé­ci­sif par deux fois de­vant Go­lo­vin puis Vi­ni­cius pour tour­ner en tête à la pause, puis le des­sus de la trans­ver­sale pour re­pous­ser un es­sai d’Adrien Sil­va dès la re­prise et main­te­nir l’avan­tage mi­ni­mal en fa­veur d’une for­ma­tion un peu plus bal­lot­tée chaque mi­nute pas­sant. Sans grande ins­pi­ra­tion, si­non celles d’un Gel­son Mar­tins in­te­nable dans son cou­loir après la pause, mais avec la convic­tion du bûcheron appuyant ses coups, les Mo­né­gasques ont fi­ni par trou­ver la solution. Elle au­rait pu ve­nir du Bré­si­lien Vi­ni­cius, dont le coup de tête a as­sez in­ex­pli­ca­ble­ment manqué le cadre alors qu’on en­trait dans les dix der­nières mi­nutes. Elle est fi­na­le­ment ar­ri­vée par les pieds du ren­trant Jo­ve­tic, sur un énième bal­lon en­voyé dans la boîte et ex­ploi­té un peu plus ha­bi­le­ment par le Mon­té­né­grin, qui s’en al­lait battre Caillard de près.

Une éga­li­sa­tion cruelle, mais qui ne lais­sait plus qu’un maigre point de con­so­la­tion aux Guin­gam­pais, de nou­veau re­lé­gables. Et qui au­ront eu le pe­tit bon­heur d’ap­prendre qu’à Nîmes, leurs concur­rents caen­nais avaient fi­ni par tom­ber. Maigre éclair­cie dans une as­sez sombre soi­rée.

Ni­co­las Créach

La dé­cep­tion de No­lan Roux suite l’éga­li­sa­tion mo­né­gasque si­gnée Ste­van Jo­ve­tic.Pho­to

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