Cinq choses à sa­voir sur le skate

Le Télégramme - Quimper - - SKATE-BOARD - Mael Moi­zant

Ce week-end, l’Open na­tio­nal de Plou­gas­tel, plus grande com­pé­ti­tion en Bre­tagne, était l’oc­ca­sion de com­prendre un peu mieux le ska­te­board. Quelles sont les bases à sa­voir de ce sport qui fe­ra son en­trée aux Jeux Olym­piques à To­kyo, en 2020, et est en bonne place pour se main­te­nir à Paris en 2024. 1. Un sport ouvert à tous

Des hommes, peu de femmes mais beau­coup de jeunes, gar­çons et filles, le skate à Plou­gas­tel a of­fert un large pa­nel de pro­fils de ska­teurs et de ska­teuses. Kris­ten Billon (Gui­del), dix ans, était l’un des plus jeunes en­ga­gés. La dé­mo­cra­ti­sa­tion du skate a sor­ti ce sport de rue, né aux Etats-Unis, pour l’ou­vrir à tous les ama­teurs de sen­sa­tion et/ ou de surf, son cou­sin.

Le skate peut être pé­rilleux - quel ska­teur n’a ja­mais chu­té ? - mais les casques (obli­ga­toires pour les mi­neurs), les ge­nouillères, les cou­dières sont cen­sés amor­tir les chocs pour ceux qui en mettent. « Avec, on est moins libres pour les fi­gures », re­con­naît Ni­co­las Hé­mous, or­ga­ni­sa­teur de l’Open na­tio­nal qui rap­pelle que sa pra­tique est très abordable : « Une planche, pre­mier prix, coûte 70 eu­ros ».

2. Des fi­gures à l’in­fi­ni

Une fi­gure. Des fi­gures. « Le dé­bu­tant com­mence par un ol­lie, ex­plique Valentin Agnus, li­cen­cié à Plou­gas­tel. On saute avec sa planche ». La pré­fé­rée ? « Le 3.6 flip », lance le Pa­ri­sien Hugo Cor­bin. Un tour com­plet de la planche pen­dant le saut. « C’est la fi­gure que je pré­fère, sou­rit Fanch Mon­nier, 13 ans, venu de Brech (56). J’ai mis six mois avant de bien la maî­tri­ser ».

La plus belle ? Trop sub­jec­tif. « Tu peux réa­li­ser une fi­gure simple avec beau­coup de style ou une fi­gure com­pli­quée sans im­pres­sion­ner », pense Valentin Agnus. Trop nom­breuses. « Il y a trois types de fi­gures : les « grind », qu’on fait sur les « trucks » (les barres mé­tal­liques entre la planche et les roues) ; les « slide » quand on glisse sur les autres par­ties de la planche ; et les fi­gures aé­riennes », ex­plique Louise Cres­pin, une jeune Ren­naise. Trois ti­roirs et une in­fi­ni­té de fi­gures à ranger à l’in­té­rieur : de face, de dos, avec la main, sans les mains, etc.

3. Une no­ta­tion à mi-che­min entre le surf et le pa­ti­nage ar­tis­tique

Les ska­teurs sont no­tés par un ju­ry. A Plou­gas­tel ce week-end, comme à To­kyo à l’été 2020 aux JO. Quels sont les cri­tères ? La qua­li­té et la difficulté des fi­gures réa­li­sées sont une base, mais loin d’être suf­fi­sante. « Il faut faire le plus de fi­gures, le plus d’en­chaî­ne­ments, avec le plus d’am­pli­tude, le plus de vi­tesse », dé­taille Louise.

« La note prend aus­si en compte le style, la va­rié­té, l’oc­cu­pa­tion de l’es­pace », pour­suit Ni­co­las Hé­mous, qui ac­cepte sans ciller la com­pa­rai­son du pa­ti­nage ar­tis­tique. D’autres font le pa­ral­lèle avec les cri­tères d’éva­lua­tion du surf ou en­core de la danse.

La chute fait… chu­ter la note, quand elle n’in­ter­rompt pas dé­fi­ni­ti­ve­ment le pas­sage. En com­pé­ti­tion, le ska­teur est ju­gé sur plu­sieurs pas­sages, dont le ju­ry retient le meilleur. Chaque pas­sage se fait dans un temps li­mi­té, 45 secondes en gé­né­ral.

4. Les Fran­çais et les Bre­tons pro­gressent

« On a de très bons Fran­çais, as­sure Hugo Cor­bin, qui ap­par­tient au team France. Le plus connu est Au­ré­lien Gi­raud ». Mais les pre­mières places du clas­se­ment mon­dial restent trus­tées par les Amé­ri­cains et les Bré­si­liens. Le Team France, les Bleus de la dis­ci­pline, se réunit pour quelques mee­tings dans l’an­née. Si des Fran­çais ac­cèdent aux JO, ils sor­ti­ront de ses rangs. La Ren­naise Louise Cres­pin fait par­tie du Team France es­poirs.

La pra­tique se dé­ve­loppe en Bre­tagne, même si le très dy­na­mique et fré­quen­té club de Plou­gas­tel masque le re­tard ré­gio­nal. « Ils ont de super équi­pe­ments, dans le Mor­bi­han on n’a pas ça », souffle un pa­rent de jeune ska­teur. L’Open Na­tio­nal, plus d’une dé­cen­nie d’exis­tence, est cham­pion­nat de Bre­tagne de­puis l’an der­nier et per­met de se qua­li­fier pour les cham­pion­nats de France.

5. L’en­trée aux Jeux Olym­piques di­vise

Cer­taines dis­ci­plines piaffent d’en­trer aux Jeux. Le mi­lieu du skate a du mal à sa­voir si To­kyo 2020 se­ra son plus grand rêve ou son plus grand cau­che­mar. « D’un cô­té, les JO vont faire connaître notre sport. De l’autre, on perd l’es­prit du skate », hé­sitent les dif­fé­rents pra­ti­quants. L’es­prit du skate ? « Le plai­sir », « le fun », « se vi­der la tête », des dé­parts désor­ga­ni­sés, un joyeux ba­zar où tous se confrontent sans pen­ser au chro­no et aux points que lui rap­por­te­ra sa fi­gure…

« Des gens vivent main­te­nant du skate, ce sont les moins sym­pas. Ils ne par­tagent rien, viennent seule­ment faire leur com­pète à cô­té de toi… », re­grette un ska­teur. « Les JO di­visent, on at­tend tous de voir, re­con­naît Hugo Cor­bin, qui lui-même ne fait pas de To­kyo un ob­jec­tif in­con­tour­nable. Mais ça va per­mettre de par­ler en bien du skate, pour les gens qui ne connaissent pas et trouvent qu’on fait trop de bruit… »

Pho­to Ni­co­las Créach

Le ska­te­board se­ra aux Jeux Olym­piques de To­kyo. Di­manche, à Plou­gas­tel, il y a eu du beau spec­tacle au ni­veau du street.

Ni­co­las Créach

Dans le bowl de Plou­gas­tel, les ska­teurs se sont ré­ga­lés...

Ni­co­las Créach

Nombre de fi­gures, qua­li­té, en­chaî­ne­ment et am­pli­tude des fi­gures sont la base de la no­ta­tion.

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