Kaï­ros. L’Imo­ca de Maxime So­rel mis à l’eau

Le Télégramme - Quimper - - CONCARNEAU - Gaël Co­gné

V & B, l’Imo­ca avec le­quel Maxime So­rel am­bi­tionne de participer au Ven­dée Globe, en 2020, a été mis à l’eau, lun­di. Il sort de trois mois de chan­tier chez Kaï­ros.

Len­te­ment, le ba­teau vert et noir, à la dé­co­ra­tion im­pec­cable, a été des­cen­du par l’énorme élé­va­teur. Sous les re­gards d’une cin­quan­taine d’in­vi­tés, la quille rouge est en­trée dé­li­ca­te­ment dans l’eau du port de Con­car­neau, avant que la coque ne vienne re­po­ser sur la sur­face lisse.

Après trois mois de chan­tier, chez Kaï­ros, V & B, l’Imo­ca de Maxime So­rel, a re­trou­vé la mer, lun­di. « On a tra­vaillé sur un ‘re­fit’ gé­né­ral », ex­plique le pa­tron du chan­tier, Ro­land Jour­dain. « On a mis le ba­teau à poil et on a fait la pein­ture et la dé­co­ra­tion ». Pas de grosses mo­di­fi­ca­tions, mais une opé­ra­tion qui vi­sait à fia­bi­li­ser le plan de 2007 conçu par le ca­bi­net VPLP et Guillaume Ver­dier. « Le but, avant de ga­gner, c’est de ter­mi­ner les courses », rappelle « Bi­lou ». « Le ba­teau, ce n’était plus qu’une coque en car­bone. On a dé­mon­té les câbles élec­triques, l’ac­cas­tillage, le mo­teur, de fa­çon à tout ré­vi­ser (…), dans un but de fia­bi­li­sa­tion pour l’en­semble des courses qu’on va faire », dé­crit Maxime So­rel.

Vic­toires en Class40

Jus­qu’ici, le skip­per de 32 ans, s’est illus­tré pen­dant cinq ans en Class40, avec un cru 2017 par­ti­cu­liè­re­ment réus­si : deux vic­toires, dans la Tran­sat Jacques Vabre en com­pa­gnie d’An­toine Carpentier, et dans la Ro­lex Fast­net Race. Il a aus­si fi­ni troi­sième de la Nor­man­dy Chan­nel Race en 2016 et 2017. En 2018, la route du Rhum lui ou­vrait les bras, mais il a dé­mâ­té le 12 no­vembre, dans une édi­tion mou­ve­men­tée, mar­quée par de nom­breux aban­dons, en par­ti­cu­lier en Class40.

En ra­che­tant l’an­cien 60 pieds de Tho­mas Ruyant (ex-Souffle du Nord), Maxime So­rel change de bra­quet. C’est une « grosse marche », re­con­naît le Malouin qui a une for­ma­tion d’in­gé­nieur en gé­nie civil, avec une « plus grosse équipe », mais aus­si un ba­teau plus exi­geant qui de­mande d’an­ti­ci­per d’avan­tage les ma­noeuvres que sur un 40 pieds. « C’est une dé­cou­verte pour moi, mais j’ai hâte de m’y mettre ».

Rien de tel qu’ava­ler les milles pour prendre en main la ma­chine. Dans un mois, il par­ti­ci­pe­ra donc au Grand Prix Guya­der à Douar­ne­nez, avant la Ber­mudes 1 000 Race. Le pro­gramme se­ra en­suite char­gé : Ro­lex Fast­net Race en août, Dé­fi Azi­mut à Lo­rient en sep­tembre et pre­mier gros chal­lenge en oc­tobre avec la Tran­sat Jacques Vabre. En 2020, il de­vrait cou­rir sur deux trans­at­lan­tiques, avant de s’attaquer à l’Eve­rest de la course au large : le Ven­dée Globe.

Un bud­get à bou­cler

Pour y par­ve­nir, il bé­né­fi­cie de la confiance de son par­te­naire his­to­rique : V & B. Après quatre an­nées de col­la­bo­ra­tion sur Class40, « ça au­rait été dom­mage de ne pas tou­cher le Graal », en se lan­çant dans le Ven­dée Globe, ex­plique Jean-Pierre De­rouet, co­fon­da­teur des ma­ga­sins. Si ce Mayen­nais n’était pas fa­mi­lier du monde de la voile au com­men­ce­ment, il se fé­li­cite de cette « très belle his­toire » qui per­met de mettre en avant les va­leurs qu’il sou­haite dé­fendre pour son en­tre­prise : « par­ta­ger de bons mo­ments ».

Mais le jeune skip­per cherche en­core à bou­cler son bud­get. Il est en quête d’un autre par­te­naire pour réa­li­ser son rêve. En at­ten­dant qu’un second spon­sor vienne ap­po­ser sa marque, le ba­teau s’ap­pelle V & B - Sai­ling To­ge­ther. Mais, dé­jà, Maxime So­rel ne boude pas son plai­sir : « C’est un pro­jet de dingue. Il y a cinq ans, avant de me lan­cer en Class40, j’étais loin de m’ima­gi­ner que j’irai sur un pro­jet de tour du monde ! ».

Avec V & B, Maxime So­rel passe du Class40 à l’Imo­ca avec, pour ob­jec­tif, de participer au pro­chain Ven­dée Globe.

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