Chan­tiers de l’At­lan­tique. La barre des 3000 sa­la­riés !

Le Télégramme - Quimper - - ÉCONOMIE - Mer et Ma­rine

Avec un car­net de com­mandes bien rem­pli, des ré­sul­tats po­si­tifs et des ef­fec­tifs qui ont fran­chi la barre des 3 000 sa­la­riés, Les Chan­tiers de l’At­lan­tique confirment leur spec­ta­cu­laire re­dres­se­ment.

Les Chan­tiers de l’At­lan­tique ont le sou­rire. Le plus grand chan­tier na­val ci­vil fran­çais a en­re­gis­tré un chiffre d’af­faires de plus de 1,6 mil­liard d’eu­ros, en 2018. C’est trois fois plus qu’en 2014, ex­plique Mer et Ma­rine. Cette em­bel­lie est, bien en­ten­du, liée à la re­prise des com­mandes de pa­que­bots. Saint-Na­zaire doit, en ef­fet, li­vrer dix pa­que­bots dans les cinq ans, dont la moi­tié pour l’ita­lien MSC et l’autre pour le groupe amé­ri­cain RCCL et ses fi­liales. S’y ajoutent les quatre nou­veaux bâ­ti­ments lo­gis­tiques de la Ma­rine na­tio­nale, li­vrables en 2023, 2025, 2027 et 2029.

Pour l’en­tre­prise, l’en­jeu est main­te­nant de conso­li­der son plan de charge sur les dix pro­chaines an­nées. Pour ce­la, le chan­tier doit no­tam­ment prendre au moins un pa­que­bot pro­to­type. Les Chan­tiers de l’At­lan­tique misent éga­le­ment sur d’autres sec­teurs pour se di­ver­si­fier : les éner­gies ma­rines re­nou­ve­lables et, en par­ti­cu­lier, des sous-sta­tions élec­triques, mais aus­si le mi­li­taire avec, en ligne de mire, le pro­jet de fu­tur porte-avions fran­çais. Le ré­sul­tat net du groupe suit, lui aus­si, une pente as­cen­dante. Il at­teint 25 mil­lions d’eu­ros, sur un chiffre d’af­faires de plus de 1,6 mil­liard. Ce­la si­gni­fie que les marges de ma­noeuvre sont ex­trê­me­ment étroites.

L’un des en­jeux ma­jeurs de l’en­tre­prise est donc d’amé­lio­rer sa pro­fi­ta­bi­li­té afin de pour­suivre sa mo­der­ni­sa­tion et in­ves­tir dans la R & D. L’en­tre­prise es­père ain­si tendre dans moins de cinq ans vers un ré­sul­tat net an­nuel ap­pro­chant les 50 mil­lions d’eu­ros, sa­chant que le chiffre d’af­faires doit at­teindre deux mil­liards d’eu­ros à par­tir de 2022.

Créa­tion d’une école de for­ma­tion

Pour as­su­rer cette crois­sance, la ques­tion des res­sources hu­maines est pri­mor­diale. Le cons­truc­teur, qui a re­pas­sé la barre des 3 000 sa­la­riés (3 090 à ce jour) et compte au­jourd’hui en­vi­ron 5 000 sous-trai­tants sur site, a re­cru­té quelque 1 200 per­sonnes en CDI entre 2013 et 2018. Char­pen­tiers mé­taux, sou­deurs, élec­tri­ciens, tuyau­teurs, conduc­teurs de tra­vaux, tech­ni­ciens de bu­reaux d’études, in­gé­nieurs… Les Chan­tiers de l’At­lan­tique pré­voient de re­cru­ter au moins 150 per­sonnes par an. Le groupe a même dé­ci­dé de rou­vrir sa propre école, qui pro­po­se­ra un par­cours qua­li­fiant de for­ma­tion sur les mé­tiers de char­pen­tier mé­taux, sou­deur et tuyau­teur. Ce nou­veau centre dé­bu­te­ra son ac­ti­vi­té cet au­tomne.

L’in­cer­ti­tude Fin­can­tie­ri

Reste une in­cer­ti­tude : la re­prise des chan­tiers par le cons­truc­teur ita­lien Fin­can­tie­ri. L’abou­tis­se­ment de ce pro­jet est au­jourd’hui condi­tion­né par un feu vert de la com­mis­sion eu­ro­péenne, dont la dé­ci­sion est at­ten­due dans les pro­chains mois.

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