« Ma mis­sion est d’apai­ser les tensions »

Le Télégramme - Quimper - - BRETAGNE -

Ar­mande Le Pel­lec Mul­ler, qui l’a pré­cé­dé à ce poste, avait sou­le­vé un vent de fronde dans l’académie de Rennes. Em­ma­nuel Ethis, le nou­veau rec­teur, prend la pa­role, une se­maine après sa prise de fonc­tion. > Le manque de postes en fi­lière bi­lingue bre­ton, à la ren­trée pro­chaine, a sus­ci­té de vives cri­tiques contre votre pré­dé­ces­seur. Quelle est votre po­si­tion ?

J’ar­rive ici très sim­ple­ment. Je fe­rai un état des lieux de la si­tua­tion. S’il y a un en­ga­ge­ment de l’État, il faudra faire en sorte qu’il soit te­nu. Je n’imagine pas tra­vailler sur la ques­tion des langues ré­gio­nales sans les dif­fé­rents ac­teurs du su­jet. Les ren­con­trer, c’est un préa­lable. Dès lors que l’on se dit que les langues sont une chose im­por­tante, je pense que l’on doit toutes les trai­ter de la même ma­nière.

> Êtes-vous en me­sure d’an­non­cer des postes bi­lingues supplémentaires ?

Je ne suis ar­ri­vé que de­puis quelques jours. Je n’ai pas né­go­cié le nombre de postes pour cette ren­trée et je ne peux pas faire de mi­racles. Pour l’ins­tant, je ne peux pas vous dire si ça va bou­ger. Ce se­rait mal­hon­nête de le faire. Je dois d’abord ren­con­trer les gens, y com­pris ceux en charge de cette ques­tion à l’académie. En re­vanche, je peux vous dire que c’est un de mes su­jets prio­ri­taires pour les pro­chaines se­maines.

> Les pro­vi­seurs et prin­ci­paux sont aus­si en co­lère contre la ré­forme de la gou­ver­nance de l’académie, faite de ma­nière « trop ver­ti­cale », se­lon eux…

En ar­ri­vant, mon idée est d’apai­ser les conflits. Ce­la passe par le fait de ren­con­trer les cadres et de dis­cu­ter avec eux. Une bonne gou­ver­nance doit être co-construite. La réus­site de nos po­li­tiques édu­ca­tives se fait dans le respect de cha­cun et par un mode de fonc­tion­ne­ment qui est partagé et re­con­nu par tous. Les pro­vi­seurs et les prin­ci­paux sont très en de­mande de ce­la. Nous pren­drons le temps qu’il faudra pour le faire.

> Pour­quoi Ar­mande Le Pel­lecMul­ler a-t-elle été écar­tée ?

Je ne le sais pas. Et je vais vous dire : je n’ai pas trop en­vie de le sa­voir. Quand je ren­contre les ac­teurs du rec­to­rat, je ne leur de­mande pas pour­quoi elle est par­tie. Je leur de­mande ce qu’ils veulent dans le cadre de nos re­la­tions de tra­vail. Ma mis­sion est d’apai­ser les choses. Et pour ce­la, je pré­fère avoir un es­prit vierge. Comment puis-je en­core amé­lio­rer le fonc­tion­ne­ment de cette académie d’ex­cel­lence, mettre de l’huile dans les rouages et avan­cer sur les si­tua­tions de ten­sion ? Ce sont les ques­tions que je me pose.

> Comment voit-on l’académie de Rennes de­puis Nice, où vous étiez rec­teur ?

Très bien ! Ce n’est pas un mys­tère si cette ré­gion est l’une des meilleures de France sur le plan édu­ca­tif. L’ap­pé­tence pour l’école est très forte. Il y a une vraie culture com­mune, des va­leurs par­ta­gées de pro­grès, d’éco­lo­gie et de conquête. De­puis que je suis rec­teur, en 2015, mon livre de che­vet est « Com­po­si­tion fran­çaise », de Mo­na Ozouf (écri­vaine bre­tonne, NDLR). Je re­tiens cette phrase qu’elle fait dire à une pe­tite fille de Plou­ha (22) : « Grâce à l’école, je sais que, même quand on est née ici, on peut de­ve­nir une des meilleures pro­fes­seures d’uni­ver­si­té ». C’est la pro­messe que l’école doit te­nir.

Pho­to Romain Roux

Em­ma­nuel Ethis a pris ses fonc­tions de rec­teur de l’académie de Rennes, le 3 avril. Il oc­cu­pait le même poste à Nice de­puis 2015.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.