Loi Pacte. Les me­sures phares dé­fi­ni­ti­ve­ment adop­tées

Le Télégramme - Quimper - - FRANCE -

Fa­ci­li­ter la vie des en­tre­prises, mieux as­so­cier les sa­la­riés : le Par­le­ment a dé­fi­ni­ti­ve­ment adop­té, jeu­di, dans une am­biance ten­due, le vo­lu­mi­neux pro­jet de loi Pacte, ob­jet d’un bras de fer sur la pri­va­ti­sa­tion d’Aé­ro­ports de Paris, contre la­quelle un ré­fé­ren­dum d’ini­tia­tive par­ta­gée est en­clen­ché. La contro­ver­sée pri­va­ti­sa­tion d’ADP.

Le Par­le­ment a va­li­dé dé­fi­ni­ti­ve­ment, jeu­di, la loi Pacte. Les dé­pu­tés ont adop­té le texte par 147 voix (LREM, MoDem et Jean-Luc Mé­len­chon par er­reur), 50 contre (l’en­semble de la gauche et une ma­jo­ri­té de LR) et huit abs­ten­tions.

Me­sure phare, le pro­jet de pri­va­ti­sa­tion du groupe ADP a connu, mar­di, un re­bon­dis­se­ment de der­nière mi­nute. Près de 250 par­le­men­taires, de LFI à LR, et avec le sou­tien du RN, ont sor­ti, pour la pre­mière fois, la carte d’un RIP (Ré­fé­ren­dum d’ini­tia­tive par­ta­gée) afin de ten­ter d’em­pê­cher le gou­ver­ne­ment de « vendre la poule aux oeufs d’or ». Mais plu­sieurs obs­tacles de­vront être le­vés pour que le RIP, qui né­ces­site le sou­tien de 10 % de l’élec­to­rat (4,5 mil­lions de per­sonnes), ait une chance d’abou­tir à une consul­ta­tion des Fran­çais. Con­crè­te­ment, l’État pour­ra pro­cé­der à la vente au pri­vé de tout ou par­tie des ac­tifs qu’il dé­tient dans Aé­ro­ports de Paris, soit 50,63 % des parts re­pré­sen­tant quelque 9,5 mil­liards d’eu­ros. Il était jus­qu’alors lé­ga­le­ment te­nu d’en conser­ver la ma­jo­ri­té. Des « ga­ran­ties » ont été ajou­tées : sur les ta­rifs aé­ro­por­tuaires, le foncier, les nui­sances aux ri­ve­rains… L’opé­ra­tion doit ai­der au « désen­det­te­ment » de la France et fi­nan­cer un fonds pour l’in­no­va­tion, avec « 250 mil­lions d’eu­ros de re­ve­nus ga­ran­tis » an­nuel­le­ment, se­lon le gou­ver­ne­ment.

La Fran­çaise des jeux aus­si.

Outre ADP, le gou­ver­ne­ment en­tend pri­va­ti­ser la Fran­çaise des jeux (FDJ), ce qui sou­lève aus­si des op­po­si­tions. L’État, dé­ten­teur de 72 % des parts, de­vien­dra ac­tion­naire mi­no­ri­taire à hau­teur de 20 % « au mi­ni­mum ». Préa­lable à la pri­va­ti­sa­tion : la re­fonte de la ré­gu­la­tion des jeux, via des or­don­nances. Le mo­no­pole de la FDJ sur les jeux de ti­rage et de grat­tage est maintenu mais pour 25 ans maxi­mum.

Des sou­plesses pour les en­tre­prises.

Par­mi les autres me­sures, le pro­jet de loi en­tend sim­pli­fier la vie des en­tre­prises, no­tam­ment en as­sou­plis­sant les seuils qui dé­clenchent des obli­ga­tions fis­cales et so­ciales, pri­vi­lé­giant trois d’entre eux : onze, cin­quante et 250 sa­la­riés. Ce­lui de vingt sa­la­riés est sup­pri­mé à l’ex­cep­tion du cas où il dé­clenche des obli­ga­tions liées à l’em­ploi de per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap. À la clé, une économie pour les en­tre­prises éva­luée à près de 500 mil­lions d’eu­ros. Le texte sup­prime, en outre, le stage préa­lable à l’ins­tal­la­tion, obli­ga­toire pour les ar­ti­sans.

Un gui­chet unique se­ra ins­tau­ré à l’ho­ri­zon 2021 pour re­grou­per les for­ma­li­tés ad­mi­nis­tra­tives et « jouer un rôle d’in­ter­face » avec les struc­tures im­pli­quées.

Les chefs d’en­tre­prises ar­ti­sa­nales, com­mer­ciales ou li­bé­rales se­ront obli­gés de dé­cla­rer l’ac­ti­vi­té de leur conjoint collaborateur.

Ont été ajou­tés la pu­bli­ca­tion des écarts de sa­laires dans les grandes en­tre­prises, et un pro­chain en­ca­dre­ment des retraites cha­peaux.

Sa­la­riés : par­ti­ci­pa­tion et re­traite.

Pour fa­vo­ri­ser la par­ti­ci­pa­tion ou l’in­té­res­se­ment des sa­la­riés aux ré­sul­tats de leur en­tre­prise, le gou­ver­ne­ment sup­prime le for­fait so­cial, co­ti­sa­tion pa­tro­nale pré­le­vée sur l’épargne sa­la­riale.

Pour en­cou­ra­ger l’épargne re­traite, les condi­tions de ce pro­duit fi­nan­cier re­pré­sen­tant au­jourd’hui à peine 200 mil­liards d’eu­ros d’en­cours, contre 1 700 mil­liards pour l’as­su­ran­ce­vie, sont as­sou­plies. Cha­cun pour­ra conser­ver et ali­men­ter son épargne pen­dant son par­cours pro­fes­sion­nel et la sor­tie en ca­pi­tal se­ra fa­ci­li­tée.

Pho­to AFP

ADP est un groupe sep­tua­gé­naire qui pèse 17,4 mil­liards d’eu­ros et s’est dé­ve­lop­pé à l’in­ter­na­tio­nal de­puis 2012. Il gère, di­rec­te­ment ou in­di­rec­te­ment, 25 aé­ro­ports dans le monde.

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