Gui­pry-Mes­sac. La ferme des 800 veaux fait po­lé­mique

Le Télégramme - Quimper - - ÉCONOMIE - Claire Staes

La Con­fé­dé­ra­tion pay­sanne d’Ille-et-Vi­laine s’op­pose au pro­jet de créa­tion d’un site d’en­grais­sage de 800 veaux qui pour­rait voir le jour à Gui­pry-Mes­sac (35). Éle­veur sur la com­mune, Sé­bas­tien Vé­til dé­nonce une fi­nan­cia­ri­sa­tion de l’agriculture.

« On fran­chit une nou­velle étape dans le gi­gan­tisme et la re­cherche de pro­fits ! », dé­nonce Sé­bas­tien Vé­til, éle­veur d’une ving­taine de vaches ar­mo­ri­caines sur la com­mune de Gui­pryMes­sac. Comme ses col­lègues de la Con­fé­dé­ra­tion pay­sanne, l’éle­veur s’op­pose à l’ex­ten­sion du site d’en­grais­sage de la Coo­perl à Gui­pryMes­sac. Ob­jec­tif : pas­ser de 220 veaux à 868. « Cette ex­ten­sion s’ins­crit dans un pro­jet plus glo­bal de la co­opé­ra­tive de construction d’une fi­lière bo­vine ver­tueuse, argue de son cô­té la Coo­perl dans un com­mu­ni­qué. Les ani­maux se­ront éle­vés sans an­ti­bio­tique, dans le respect de leur bien-être et nour­ris sans OGM. »

Le site d’en­grais­sage de Gui­pry-Mes­sac ac­cueille des veaux âgés de 3 à 11 se­maines. Ils sont en­suite re­ven­dus à un autre site d’en­grais­sage qui les nour­rit jus­qu’à leurs 18 mois. Âge au­quel les gé­nisses à viande partent pour l’abat­tage.

Ar­gu­ment contre ar­gu­ment

« Ce genre d’usine gé­nère beau­coup de dé­pla­ce­ments, donc de stress pour les ani­maux », rap­pelle Sé­bas­tien Vé­til. « Au-delà de la condi­tion de ces ani­maux qui ne voient pas le jour, nous dé­non­çons le por­tage fi­nan­cier. Éle­ver des veaux pen­dant seule­ment quelques se­maines n’a au­cun in­té­rêt si ce n’est de pro­fi­ter de la niche fis­cale sur le chep­tel, qui per­met de dé­fis­ca­li­ser des re­ve­nus. » Con­tac­tée, la Coo­perl ne ré­pond pas sur le vo­let fi­nan­cier du pro­jet mais rap­pelle que ce site « équi­vaut en poids d’ani­maux à une ferme de 65 vaches lai­tières ». L’in­dus­triel rap­pelle éga­le­ment que le Co­derst (con­seil dé­par­te­men­tal de l’En­vi­ron­ne­ment et des risques sa­ni­taires et tech­no­lo­giques) a au­to­ri­sé cette ex­ten­sion en mars et que la dé­ci­sion fi­nale se­ra ren­due par la pré­fec­ture dans les pro­chaines se­maines.

Un co­mi­té de ri­ve­rains

En jan­vier 2018, le maire de Gui­pryMes­sac a ac­cor­dé un per­mis de construire. Mais pre­nant connais­sance des nui­sances, fin jan­vier, le con­seil mu­ni­ci­pal, via un avis consul­ta­tif, a désa­voué la dé­ci­sion du maire.

Un co­mi­té de ri­ve­rains s’est for­mé. Une pé­ti­tion contre cette ex­ten­sion a re­cueilli 2 300 si­gna­tures. Di­dier Ge­lé, porte-pa­role des ri­ve­rains, liste les nui­sances : « Tout d’abord, l’odeur. Le site d’en­grais­sage est si­tué à 700 mètres à vol d’oi­seau de l’église et à 250 m de l’ar­bo­re­tum et d’un lo­tis­se­ment. Les vents d’ouest se­ront char­gés d’une odeur de li­sier. De plus, le bourg se­ra tra­ver­sé sans cesse par des ca­mions qui iront épandre le li­sier dans les champs dé­si­gnés, ou amè­ne­ront et ra­mè­ne­ront les veaux. » MAR­CHÉ DE L’OR

DR

Membre de la con­fé­dé­ra­tion pay­sanne, Sé­bas­tien Vé­til est éle­veur d’une ving­taine de vaches ar­mo­ri­caines à Gui­pry-Mes­sac.Pho­to

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