Ma­ni­fes­ta­tion et lettre au Pré­sident

Le Télégramme - Quimper - - QUIMPER - Jean Le Borgne

Le pouvoir d’achat est tou­jours au coeur des pré­oc­cu­pa­tions des re­trai­tés. Quelque

230 ma­ni­fes­tants l’ont ré­pé­té, jeu­di, dans les rues de Quim­per. Dé­non­çant un mé­pris des po­li­tiques lo­caux, ils ont di­rec­te­ment écrit au Pré­sident de la Ré­pu­blique.

Près de 230 per­sonnes, dont une ma­jo­ri­té de re­trai­tés, sont des­cen­dues dans la rue, jeu­di, à Quim­per, pour ré­cla­mer da­van­tage de pouvoir d’achat. Face à ce qu’ils res­sentent comme du mé­pris, ils ont dé­ci­dé d’écrire au Pré­sident de la Ré­pu­blique.

« Mon­sieur Macron ne nous en­tend pas. Je di­rais même qu’il ne nous écoute pas ». À 76 ans, Je­hanne te­nait à des­cendre dans la rue, jeu­di, pour ré­pondre à l’ap­pel des neuf or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales et as­so­cia­tions mo­bi­li­sées pour « la dé­fense des ac­quis et du pouvoir d’achat ». Le cor­tège presque si­len­cieux s’est éti­ré dans les rues du centre-ville. Évi­tant soigneusement la pré­fec­ture et la per­ma­nence de la dé­pu­tée, les re­trai­tés ont dé­fi­lé dans le calme, der­rière une ban­de­role ré­cla­mant l’in­dexa­tion des retraites sur les sa­laires, leur prin­ci­pale re­ven­di­ca­tion. Re­trai­tée du com­merce, la sep­tua­gé­naire de­mande sim­ple­ment à pouvoir vivre di­gne­ment : « 1 200 € à deux, c’est le revenu d’un tra­vailleur pauvre alors qu’on a tra­vaillé toute notre vie, et pas seule­ment huit heures par jour ». En co­lère, elle ex­plique son quo­ti­dien « à faire le jar­din du ma­tin au soir pour sur­vivre », in­vi­tant le Pré­sident de la Ré­pu­blique « à ve­nir pas­ser une jour­née de re­trai­té », chez elle, à Plo­mo­diern.

Manque d’em­pa­thie

Pour la troi­sième fois dans la rue de­puis le dé­but de l’an­née, les re­trai­tés ont le sen­ti­ment de ne pas être Ils en veulent pour preuve leur mo­tion du 31 jan­vier der­nier, adres­sée au pré­fet et aux par­le­men­taires fi­nis­té­riens. Dix des treize en­vois sont res­tés sans ré­ponse.

Un manque d’em­pa­thie pour Ray­mond Bi­ger, mi­li­tant du syn­di­cat So­li­daires : « Le mo­ment est ve­nu de dire au pré­fet et aux par­le­men­taires que les re­trai­tés, dans le Fi­nis­tère, re­pré­sentent un tiers de la population globale. Ils sont une force économique et so­ciale, ils ont un poids élec­to­ral et dé­montrent quo­ti­dien­ne­ment qu’ils jouent un rôle mo­teur dans les so­li­da­ri­tés in­ter­gé­né­ra­tion­nelles. Ils sau­ront s’en souvenir », a mar­te­lé le syn­di­ca­liste au mi­cro, de­vant les quelque 230 per­sonnes réunies sous le so­leil de la place Saint-Co­ren­tin.

Une lettre au Pré­sident

Nul be­soin de bruit ou d’agres­si­vi­té. « Les Gi­lets jaunes, je les sou­tiens, mais pas pour la violence. Parce qu’au fi­nal, c’est tou­jours nous qui payons les dé­gâts », estime Je­hanne. Dans la rue, la vieille dame dé­nonce elle aus­si « le manque de jus­tice so­ciale », « des po­li­tiques qui ne montrent pas l’exemple en se ser­rant la cein­ture » et « des retraites in­fé­rieures aux aides do­nen­ten­dus. nées aux per­sonnes qui mettent le pied sur le sol de France », une idée chère au Rassemblement na­tio­nal maintes fois dé­mon­trée comme fausse.

La consé­quence de la po­li­tique du gou­ver­ne­ment, pour les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales et as­so­cia­tives. « Son but est clair : di­vi­ser les re­trai­tés voire les op­po­ser entre eux ». Alors, faute d’être écou­tés à Quim­per, les ma­ni­fes­tants ont adres­sé une lettre di­rec­te­ment au Pré­sident de la Ré­pu­blique, jeu­di, avec l’es­poir que leurs re­ven­di­ca­tions soient en­fin en­ten­dues.

Quelque 230 per­sonnes, dont une ma­jo­ri­té de re­trai­tés, ont pris part au rassemblement or­ga­ni­sé jeu­di

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