Cam­ping. L’Ile-Tu­dy les pieds dans l’eau

Le Télégramme - Quimper - - PONT-L’ABBÉ - Mar­tin Schock

Le cam­ping mu­ni­ci­pal est un in­con­tour­nable des villes cô­tières. Sou­vent très simple et fa­mi­lial comme au Sillon, à l’Ile-Tu­dy.

Les pre­mières ca­ra­vanes sont ar­ri­vées le week-end der­nier et les cam­peurs sont heu­reux de re­trou­ver leur em­pla­ce­ment où ils ont sou­vent plein de beaux sou­ve­nirs.

La sai­son vient tout juste de dé­mar­rer au cam­ping mu­ni­ci­pal Le Sillon, à l’IleTu­dy. Pour le mo­ment, on est bien loin de la foule de la pleine sai­son es­ti­vale. Une en­trée en dou­ceur ha­bi­tuelle pour Pas­cal Le Corre, le gé­rant du cam­ping. « Sa­me­di der­nier, une pe­tite di­zaine de per­sonnes sont ar­ri­vées pour ré­ser­ver les meilleures places en front de mer. Elles ne ré­sident pas en­core au cam­ping pour le mo­ment. On ap­pelle ça ré­ser­ver en “ga­rage », ex­plique-t-il. Pour l’heure, quatre à cinq ca­ra­vanes trônent par­mi les 136 em­pla­ce­ments du cam­ping deux étoiles de la pres­qu’île. Ici pas de pis­cine, de dis­co­thèque ou de club en­fant, seule­ment l’océan. « C’est ça qui fait la force du cam­ping. L’ac­cès di­rect à la plage, à même pas 30 mètres », lâche le pa­tron en poin­tant l’océan du re­gard. Un em­pla­ce­ment pa­ra­di­siaque qui en­gendre par­fois quelques tensions l’été. « Quand la plage est noire de monde, c’est dif­fi­cile de faire la dif­fé­rence entre les clients et les autres quand les gens vont aux sa­ni­taires et se douchent pen­dant la jour­née. On s’est équi­pés de badges ma­gné­tiques pour s’as­su­rer que seuls les clients aient ac­cès aux toi­lettes », sou­ligne Pas­cal Le Corre, en fonc­tion de­puis 1992.

Ces quelques tra­cas d’usage n’af­fectent en rien Yves Gué­vel, 80 ans, et client du cam­ping de­puis 42 ans. « Pro­mort” ba­ble­ment le plus an­cien des ha­bi­tués ! », sou­rit-il.

Exac­te­ment comme dans le film

Yves connaît par coeur l’his­toire du cam­ping. Une vieille tra­di­tion qui n’existe plus au­jourd’hui l’a par­ti­cu­liè­re­ment mar­qué : « À l’époque, dans les an­nées 70, l’at­tri­bu­tion des meilleures places se fai­sait au ti­rage au sort. Ça se pas­sait à la bu­vette du ter­rain de foot un peu plus loin. Les gens étaient fous quand ils n’avaient pas gain de cause et ça gueu­lait », ra­conte-t-il tout sou­rire. Pas­cal Le Corre d’ajou­ter : « C’était exac­te­ment comme Claude Bras­seur alias Ja­cky Pic dans le film Cam­ping. Le vieil ha­bi­tué bou­deur parce qu’il n’a pas eu l’em­pla­ce­ment 17. C’était vrai­ment ça ». Des sou­ve­nirs qui en amènent d’autres pour Yves Gué­vel. « Ce cam­ping, c’est aus­si des per­son­nages pour moi. Il y avait Fer­nan­dez, sans cesse dis­pu­té par sa femme qu’on en­ten­dait crier dans tout le cam­ping. Et puis il y avait aus­si Cor­riou, mon co­pain, avec qui nous al­lions pê­cher tous les ma­tins. Dites-vous qu’ici il y avait 35 ba­teaux au mouillage dans les an­nées 70 pour un ou deux au­jourd’hui ».

Lan­cer d’oeufs et pé­tanque

Se­lon les mots du gé­rant, le cam­ping qui a comp­ta­bi­li­sé 5 700 nui­tées en 2018, garde un es­prit fa­mi­lial, convivial et bon en­fant. Tous les ans, les cam­peurs or­ga­nisent un tour­noi de pé­tanque au mois d’août. « Les gens jouent le jeu et c’est tou­jours très sym­pa », confie Pas­cal Le Corre. Car le cam­ping, c’est fait pour se dé­tendre, les cam­peurs ont tou­jours dé­bor­dé d’ima­gi­na­tion. « Les pre­mières an­nées où je ve­nais, on jouait au lan­cer d’oeufs dans les dunes. Mon re­cord, c’est 70 mètres sans qu’il ex­plose dans les mains du par­te­naire qui le re­çoit », se rap­pelle Yves Gué­vel de­puis son em­pla­ce­ment au bord de l’eau. Avec sa femme Guille­mette, ils al­ter­ne­ront entre leur mai­son quim­pé­roise et leur ca­ra­vane du Sillon au gré de la météo des pro­chains mois.

Guille­mette et Yves Gué­vel, ha­bi­tués du cam­ping Le Sillon de­puis une qua­ran­taine d’an­nées.

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