SPA. Gwé­naëlle Li­der, la femme de la si­tua­tion

Le Télégramme - Quimper - - CONCARNEAU - Da­vid Le Tiec

Ar­ri­vée à la SPA de Cor­nouaille dès 2005, Gwé­naëlle Li­der en est la pré­si­dente de­puis un an. Les bé­né­voles de l’association l’ont vou­lu à ce poste et cette pas­sion­née d’ani­maux semble bel et bien être la femme de la si­tua­tion.

Aus­si loin que re­montent ses sou­ve­nirs, Gwé­naëlle Li­der a la sen­sa­tion d’avoir tou­jours été sen­sible aux ani­maux. « J’ai vé­cu dans un corps de ferme et je pense que tout est par­ti de là. Il y a plein de photos de moi, toute pe­tite, avec des ani­maux », ré­sume la jeune femme de 32 ans. « De mes 5 à mes 10 ans, dès qu’on trou­vait un chat ou un chien dans la rue, je sup­pliais ma mère de ne pas le lais­ser là ». Une fois in­dé­pen­dante, Gwé­naëlle com­mence par s’en­tou­rer de chats, qui laissent peu à peu la place aux chiens, « parce que mon conjoint est al­ler­gique aux chats ». Par­mi les tou­tous de sa vie, Sam s’est éteint il y a quelques se­maines à l’ap­proche de ses 18 ans, Ti­na va bien­tôt avoir 17 ans et Lily, la pe­tite der­nière, a eu 1 an au mois de dé­cembre. « Avec mon com­pa­gnon, on s’était tou­jours dit qu’on ne pren­drait pas de jeunes chiens, car ce sont ceux qui ont le plus de chances d’être adop­tés. Pour Lily, on était fa­mille d’ac­cueil. Avant d’ar­ri­ver chez nous, elle pas­sait son temps dans le noir, dans une chauf­fe­rie de 2 m2. On a craqué ».

Cette re­la­tion avec les ani­maux, Gwé­naëlle es­time « qu’elle ap­porte tel­le­ment de choses… C’est en­ri­chis­sant d’avoir un ani­mal. Je les consi­dère comme des membres de la fa­mille. Et de les voir évo­luer quand ils ont été mal­heu­reux avant, c’est fort. Sam, qui nous a quit­tés ré­cem­ment, on l’a ré­cu­pé­ré quand il avait 14 ans. En quelques mois, c’est re­de­ve­nu un su­perbe chien. Il a re­pris du poids, ses poils ont re­pous­sé. Et puis des études prouvent que c’est bon pour la san­té des hommes de vivre avec des ani­maux », ra­conte celle qui vit aus­si avec deux la­pins et deux per­ro­quets.

Les bé­né­voles l’ap­pellent au secours

L’at­ten­tion que porte Gwé­naëlle aux ani­maux s’est éga­le­ment tra­duite par un en­ga­ge­ment bé­né­vole à la SPA de Cor­nouaille, dès ses 18 ans, en 2005. « Je suis par­tie pour di­ver­gence en 2009, puis je suis re­ve­nue de 2011 à 2015. J’étais se­cré­taire quand j’ai dé­mis­sion­né, en­core pour des di­ver­gences. Je n’aimais pas la fa­çon dont évo­luaient les choses, les fonc­tion­ne­ments ne me conve­naient pas. Mais j’ai mal vé­cu de ne plus pou­voir ve­nir à la SPA. No­tam­ment parce que j’avais beau­coup bos­sé sur le nou­veau re­fuge, qui a ouvert en 2014. Ça avait été une belle vic­toire et de par­tir juste après l’ou­ver­ture, ça ren­dait les choses dif­fi­ciles ». Pour­tant, Gwé­naëlle a gar­dé le contact avec une par­tie de l’équipe. « On conti­nuait à l’ap­pe­ler pour prendre des conseils et des in­fos », glisse Bri­gitte Le Meur, la tré­so­rière de la SPA de Cor­nouaille. Et la fin de l’an­née 2017 marque le re­tour de Gwé­naëlle : « Il fal­lait quel­qu’un ca­pable de re­dy­na­mi­ser le pro­jet. Et puis ce n’est pas com­pli­qué, le re­fuge cou­lait. On n’avait pra­ti­que­ment plus de quoi payer les sa­laires », sou­ligne Bri­gitte Le Meur. En mars 2018, cette der­nière ra­conte avec hu­mour que lorsque le poste de pré­si­dente a été va­cant, « un groupe de bé­né­voles a fait du chan­tage à Gwé­naëlle pour qu’elle prenne la pré­si­dence ». La jeune femme, qui est ges­tion­naire comp­table et mar­ché pu­blic à la mairie de Com­brit, ac­cepte, « mais pour un an », pré­cise-t-elle.

C’est re­par­ti pour deux ans… au moins

« Gwé­naëlle, c’est une fon­ceuse, mais elle est or­ga­ni­sée et elle à la tête sur les épaules. Elle a des idées et du ré­seau. Elle s’ex­prime avec fa­ci­li­té et sait écou­ter, tou­jours sans préjugés. Elle est vrai­ment très hu­maine et ne manque pas d’hu­mour », ex­plique Bri­gitte Le Meur. Le 10 mai, lors de l’as­sem­blée gé­né­rale de l’association, Gwé­naëlle an­non­ce­ra qu’elle peut pour­suivre son man­dat en­core deux ans. « Ce n’est pas fa­cile pour moi. En plus de mon tra­vail, je pré­pare un concours ad­mi­nis­tra­tif et je suis éga­le­ment bé­né­vole d’une association de pro­tec­tion de la faune sau­ve­tage, Vo­lée de piafs, qui est ba­sée à Lan­gui­dic (56) ».

Si la pré­si­dente pour­suit au-de­là de l’an­née sur la­quelle elle s’était en­ga­gée, c’est pour conso­li­der la si­tua­tion d’une SPA de Cor­nouaille qui va mieux : « On a re­don­né confiance aux do­na­teurs et aux com­mer­çants qui nous sou­tiennent. Il faut aus­si al­ler au bout des amé­na­ge­ments des in­fra­struc­tures et continuer à amé­lio­rer les condi­tions d’ac­cueil et de tra­vail de nos quatre sa­la­riés », an­nonce celle qui se dit « sou­la­gée, confiante et confor­tée ».

Gwé­naëlle Li­der, la pré­si­dente de la SPA de Cor­nouaille et sa chienne Lily.

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