Brest joue la me­sure

Le Télégramme - Quimper - - FOOTBALL - Pierre-Yves Hen­ry

Mar­qués par la non­mon­tée il y a deux ans, les Bres­tois, dont cer­tains étaient dé­jà pré­sents à l’époque, ba­layent ar­dem­ment une quel­conque en­flam­made. Pour­tant, le Stade Bres­tois, vain­queur à Nan­cy ven­dre­di (3-2), file tout droit vers la Ligue 1. Avec beau­coup de voyants au vert.

« Shut up (*), shut up, shut up, tu vas nous porter la poisse. » Jean-Marc Fur­lan le dit en sou­riant. Mais l’en­traî­neur du Stade Bres­tois n’aime pas trop être ques­tion­né sur ce qui pour­rait em­pê­cher son équipe de mon­ter en Ligue 1. À six jour­nées de la fin, Brest, en at­ten­dant la ren­contre de lun­di soir entre le Pa­ris FC et Lo­rient, pos­sède sept points d’avance sur le troi­sième, l’Es­tac. Huit si on prend en compte le goal-ave­rage, lar­ge­ment à l’avan­tage des Fi­nis­té­riens.

Le trau­ma­tisme de 2017

« Ferme-la, ri­gole en­core le tech­ni­cien bres­tois. J’es­père que cette dy­na­mique va nous en­voyer vers les som­mets, oui. Mais tant que comp­ta­ble­ment tu n’es pas en haut… » Ven­dre­di, dans les coulisses de Mar­cel-Pi­cot, le Gi­ron­din n’était pas le seul à jouer la me­sure : « Il faut tou­jours faire at­ten­tion, ça va très vite le foot­ball », ap­puie An­tho­ny We­ber. « On touche du bois, pour­vu que ça dure », sou­rit Gaë­tan Char­bon­nier. Le dis­cours en in­terne est ro­dé, four­ni par cette « mau­vaise ex­pé­rience » d’il y a deux ans quand Brest, pre­mier à la 33e jour­née, s’était écrou­lé pour fi­nir à la cin­quième place. « Je me sou­viens d’une vic­toire dé­but avril à Lens en 2017, té­moigne Quentin Ber­nard. Après ça, on s’y était peut-être un peu trop cru, mais on a re­te­nu la le­çon. Main­te­nant le contexte est dif­fé­rent, le groupe a plus de vé­cu en­semble, plus de maturité. »

Les Bres­tois sont mé­fiants, par su­per­sti­tion, sans doute, et c’est fi­na­le­ment as­sez lo­gique. Mais au­jourd’hui on voit mal comment ils pour­raient ne pas ac­cé­der à l’élite dans un mois, six ans après l’avoir quit­tée.

Pour­quoi Brest est très bien par­ti

Les rai­sons sont as­sez simples. 1 : le Stade Bres­tois n’a plus bou­gé de la deuxième place de­puis dé­but no­vembre et une telle ré­gu­la­ri­té l’em­porte sou­vent à l’heure de payer les mu­si­ciens. 2 : de­puis que Jean-Marc Fur­lan re­dis­pose d’un ef­fec­tif presque au com­plet (seul Julien Faus­su­rier manque à l’ap­pel), Brest se re­met à ga­gner. 3 : le Gi­ron­din aime bien convo­quer l’his­to­rique et ce­lui de la Ligue 2 de­puis le pas­sage à 20 équipes, en 1998, en dit long. En 20 sai­sons, 14 équipes ont dé­jà eu au moins 62 points après 32 jour­nées (quatre à 62 pile-poil). Toutes ont fi­ni dans les deux pre­mières places…

4 : le ca­len­drier des Bres­tois est abordable avec les ré­cep­tions d’Or­léans, certes très à l’aise à l’ex­té­rieur mais pas non plus une mon­tagne, Niort (11e) et Lens, dé­cro­ché. Pour trois dé­pla­ce­ments à l’AC Ajac­cio (15e), Bé­ziers (19e) et Metz, lors de la der­nière jour­née, vrai­sem­bla­ble­ment dé­jà champion… Le Stade Bres­tois peut en­core griller au moins deux jo­kers dans le sprint fi­nal. Un luxe ! « Je sais qu’il est là, ce pe­tit ma­te­las, mais je ne compte pas des­sus, conclut Ma­thias Au­tret. Mais si on conti­nue à être sé­rieux et jouer de cette fa­çon, ef­fec­ti­ve­ment, il ne pour­ra rien nous arr­ri­ver ».

(*) Tais-toi

▼ In­fir­me­rie

Ibra­hi­ma Dial­lo, rem­pla­cé juste après la pause, souffre d’une contrac­ture au psoas.

Pho­to PQR/L’Est Ré­pu­bli­cain

Court (à droite) et les Bres­tois sont res­tés me­su­rés, mal­gré leur vic­toire, ven­dre­di soir, à Nan­cy.

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