Quand les ex-conseillers du Pré­sident livrent leur for­mule mi­racle…

Le Télégramme - Quimper - - FRANCE - Sté­phane Bu­gat

Voi­là donc l’ou­vrage avec le­quel Da­vid Amiel et Is­maël Eme­lien, ex-conseillers du pré­sident de la Ré­pu­blique, pré­tendent po­ser les fon­de­ments idéo­lo­giques du ma­cro­nisme. Ils les rangent sous la ban­nière du pro­gres­sisme. Un concept as­sez vague, dont ils ne sont pas les pre­miers à re­ven­di­quer l’exclusive pa­ter­ni­té.

Ba­na­li­tés et bons sen­ti­ments

En re­fer­mant le livre, la pre­mière re­marque qui vient à l’es­prit, c’est que les deux au­teurs ont peut-être été soit im­pru­dents, soit pré­somp­tueux, en re­non­çant à leurs fonc­tions au som­met de l’État pour… ça. Pré­sen­ter leur tra­vail n’est pas ai­sé tant il abuse des ba­na­li­tés et des bons sen­ti­ments. D’en­trée, ils éva­cuent la droite comme la gauche du pay­sage po­li­tique. Ce qui est al­ler un peu vite en be­sogne, même si l’on sait que les adeptes du « nou­veau monde », forts d’un in­dis­cu­table suc­cès élec­to­ral, se targuent d’avoir dé­fi­ni­ti­ve­ment éli­mi­né toute force sus­cep­tible de s’op­po­ser à eux. C’est ou­blier qu’en po­li­tique, si l’on aime le neuf, les idées comme les hommes ne dis­pa­raissent ja­mais com­plè­te­ment.

Vient en­suite le diag­nos­tic sur la so­cié­té fran­çaise, d’au­tant plus juste qu’il est as­sez gé­né­ra­le­ment par­ta­gé, sur sa pro­pen­sion à fa­bri­quer des in­éga­li­tés, sur sa dif­fi­cul­té à s’ou­vrir aux in­no­va­tions, etc. « Les pro­messes et les réa­li­tés semblent avoir di­vor­cé. Voi­là pour­quoi nous vivons dans une so­cié­té de la frus­tra­tion », constatent-ils lu­ci­de­ment. Pré­ci­sons que la re­marque ne met pas en cause la res­pon­sa­bi­li­té de l’ac­tuel pou­voir mais tous ceux qui l’ont pré­cé­dé.

Mais alors, que pro­posent nos sym­pa­thiques jeunes gens ? C’est simple, leur for­mule mi­racle, en même temps que la clé de voûte de leur rai­son­ne­ment, se ré­sume à « la maxi­mi­sa­tion des pos­sibles ». Et d’évo­quer un cer­tain nombre d’exemples où leurs pro­po­si­tions consistent gé­né­ra­le­ment à faire bien ce que l’on a fait plu­tôt mal jus­qu’alors. Ils ont bien rai­son ! Et l’on es­père qu’Em­ma­nuel Ma­cron sau­ra suivre leur per­ti­nent conseil. Le lui on­tils dit en le quit­tant ? « Il est temps de maxi­mi­ser, mon­sieur le Pré­sident ».

« Le pro­grès ne tombe pas du ciel », de Da­vid Amiel et Is­maël Eme­lien. Édi­tions Fayard. 15 eu­ros.

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