« En­traî­neur, tu ne t’ar­rêtes ja­mais »

Le Télégramme - Quimper - - FOOTBALL - Pro­pos recueillis par Luc Bes­son

Le ma­laise en plein match ven­dre­di soir de l’en­traî­neur de Que­villyRouen (Na­tio­nal) Ma­nu Da Cos­ta fait écho aux condi­tions dans les­quelles son ho­mo­logue Ni­co­las Cloa­rec a quit­té l’US Con­car­neau l’hi­ver der­nier. L’an­cien coach des Tho­niers évoque aus­si l’ave­nir, im­pa­tient de re­trou­ver un banc. > Ni­co­las Cloa­rec, vous avez été tou­ché par le ma­laise de l’en­traî­neur Ma­nu Da Cos­ta ven­dre­di soir lors du match Que­villy-Rouen - Con­car­neau…

Oui, ça m’a in­ter­pel­lé. Ça m’a fait mal de voir un col­lègue de pro­mo­tion (au DEPF) qui a à peu près le même âge que moi su­bir ça. Les images m’ont fait froid dans le dos. Heu­reu­se­ment, les nou­velles sont ras­su­rantes.

> Vous avez eu l’im­pres­sion de re­vivre ce qui vous est ar­ri­vé ?

Pas exac­te­ment, car je me suis arrêté à temps, mais c’est peut-être aus­si la di­rec­tion vers la­quelle j’al­lais. En re­ve­nant comme spec­ta­teur au stade GuyPi­riou lors du match Con­car­neau - Ma­ri­gnane, j’ai dis­cu­té avec des gens qui ne com­pre­naient pas pour­quoi j’avais arrêté en no­vembre après le match de Coupe de France. Ils pen­saient que c’était une so­lu­tion de com­plai­sance. Certes, être en­traî­neur, c’est faire un mé­tier-passion, mais c’est aus­si un mé­tier qui te prend tout ton temps, qui ne s’ar­rête pas juste après le match. Moi, je me suis ef­fa­cé parce que j’étais épui­sé, parce que je res­sen­tais un ras bol de tout et parce que j’avais le sen­ti­ment que je ne pouvais plus aider l’équipe à gran­dir. Je pense que Jacques (Pi­riou, le pré­sident) a bien com­pris qu’il va­lait mieux que je m’ar­rête afin qu’un nou­veau coach, en l’oc­cur­rence Benoît (Cauet), ap­porte une éner­gie et un dis­cours nou­veaux.

> On a par­lé de « burn out » vous concer­nant…

C’est un mot à la mode, mais je n’étais pas loin de ça, dans un état d’épui­se­ment consé­quent. Quand tu as be­soin de dix se­condes pour te rap­pe­ler du pré­nom d’un de tes en­fants, c’est que le cer­veau ne tourne plus comme il de­vrait. Et ce n’est qu’un exemple. Là, il faut sa­voir mettre le cli­gno­tant. D’ailleurs, pen­dant les dix jours qui ont sui­vi mon ar­rêt, je n’ai fait qua­si­ment que dor­mir…

> Vous êtes prêt à re­prendre du ser­vice ?

Oui, je veux un vo­lant pour conduire. J’ai pris du temps pour moi. J’ai re­pris le sport et per­du du poids pour re­trou­ver un ni­veau d’éner­gie et de vi­ta­li­té afin d’être apte au ni­veau de stress qu’im­plique le mé­tier de coach. Je me suis même mis à ni­veau sur des as­pects que je ne pra­ti­quais pas comme le mon­tage vi­déo. Au­jourd’hui, je re­garde beau­coup de matchs à la té­lé, Na­tio­nal, Ligue 1 et Ligue 2.

> Avez-vous dé­jà des contacts ?

Pas en­core. Je me suis rap­pro­ché d’un agent qui pros­pecte. Des fe­nêtres vont s’ou­vrir en fonc­tion des ré­sul­tats et de pro­jets. J’ai hâte de me re­mettre en marche, même avec les chan­ge­ments que ça im­po­se­ra, no­tam­ment dans ma vie fa­mi­liale avec un dé­mé­na­ge­ment. Mais pour faire taire cer­taines ru­meurs, la phar­ma­cie de ma femme n’est pas à vendre. Elle va y res­ter tra­vailler.

> Votre an­cienne équipe va de­voir se battre jus­qu’au bout pour se main­te­nir en Na­tio­nal. Ça vous concerne ou c’est de l’his­toire an­cienne pour vous ?

Non, ça me prend aux tripes. Quand je me suis arrêté en no­vembre, il y a eu un dés­in­té­rêt pour l’USC, mais en­suite, j’ai re­pris le fil. J’ai vu une victoire im­por­tante contre La­val, puis cette mau­vaise sé­rie in­ter­rom­pue par la victoire contre Ma­ri­gnane à do­mi­cile où j’étais pré­sent dans les tri­bunes. Pour moi, il reste suf­fi­sam­ment de matchs pour s’en sor­tir. Et je suis de tout coeur avec le club pour qu’il s’en sorte, comme il a tou­jours su le faire dans les mo­ments dif­fi­ciles. J’ai confiance en l’équipe et en le staff pour sor­tir de l’or­nière dans la­quelle on s’est mis. Et je dis bien on.

Pho­to Luc Bes­son

Après une pé­riode de re­cul né­ces­saire, Ni­co­las Cloa­rec est prêt à re­prendre une équipe en main.

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