Woods re­de­vient ma­jeur

Le Télégramme - Quimper - - SPORTS -

Après onze an­nées d’at­tente, quatre opé­ra­tions du dos et bien des doutes, Ti­ger Woods a si­gné à 43 ans l’un des ex­ploits les plus re­ten­tis­sants de l’his­toire du golf, en rem­por­tant le Mas­ters d’Au­gus­ta, di­manche.

Comme aux plus belles heures de son in­croyable car­rière, Woods, ha­billé de son em­blé­ma­tique po­lo rouge, a don­né le tour­nis à la pla­nète golf et à ses ad­ver­saires.

Le « Tigre », deuxième en dé­but de journée à deux coups du lea­der l’Ita­lien Fran­ces­co Mo­li­na­ri, a écoeuré la concur­rence avec trois bir­dies entre les trous N.13 et N.16.

Alors que Mo­li­na­ri cou­lait en en­voyant sa balle dans la pièce d’eau bor­dant le trou N.15, alors qu’ils étaient un temps cinq à se par­ta­ger la pre­mière place, Woods a sor­ti le grand jeu au mo­ment le plus im­por­tant.

Il a pris le large avec une pré­ci­sion dia­bo­lique dans son jeu court et au put­ting et a trans­for­mé le pu­blic po­li­cé du très sé­lect Au­gus­ta Na­tio­nal Golf Club en foule vo­ci­fé­rante et sur­ex­ci­tée, consciente d’as­sis­ter à un évé­ne­ment his­to­rique.

Après son der­nier putt, sy­no­nyme de 15e titre du Grand Che­lem et de cin­quième sacre à Au­gus­ta, Woods a lais­sé écla­ter sa joie et a ra­pi­de­ment re­joint ses deux en­fants, sa mère et sa com­pagne, tous ha­billés de rouge. « C’est comme si la boucle était bou­clée », a-t-il ex­pli­qué, en­core sous le choc de sa victoire, sa pre­mière dans un tour­noi ma­jeur de­puis l’US Open en 2008.

« C’est surréaliste »

« C’est spécial, il a fal­lu faire preuve de patience lors des der­nières an­nées, mais aus­si du­rant ces trois der­niers jours », a re­con­nu ce­lui qui est tou­jours le joueur de golf le plus cé­lèbre de la pla­nète.

« C’est clai­re­ment l’une des vic­toires qui a été la plus dure à al­ler cher­cher après tout ce qu’il s’est pas­sé ces der­nières an­nées. Regagner ce titre, vingt-deux ans après mon pre­mier sacre ici, c’est surréaliste, je ne peux pas être plus heu­reux, je n’ai pas de mots pour dé­crire ce que je res­sens », a-t-il re­con­nu.

Woods re­vient, en ef­fet, de loin : entre 2014 et 2017, il a en­chaî­né les sai­sons dé­sas­treuses et a été opé­ré à quatre re­prises du dos. Il a ex­pli­qué de­puis qu’il avait son­gé à mettre un terme à sa car­rière et qu’il avait tra­ver­sé une pé­riode du­rant la­quelle il ne pou­vait plus mar­cher ni res­ter as­sis sans res­sen­tir des dou­leurs in­sup­por­tables. Mais ce­lui qui fut pen­dant longtemps le spor­tif le mieux payé de la pla­nète a te­nu bon.

Contrôle des émo­tions

Il est revenu au pre­mier plan en 2018 avec des places d’hon­neur au Bri­tish Open (6e) et au Cham­pion­nat PGA (2e), avant de rem­por­ter le Tour Cham­pion­ship en sep­tembre, son pre­mier titre sur le cir­cuit PGA de­puis cinq ans. Re­la­ti­ve­ment dis­cret cette sai­son, après avoir fait une pré­pa­ra­tion phy­sique achar­née comme il les aime, il a frap­pé fort cette se­maine à Au­gus­ta, en étant tou­jours pla­cé de­puis le 1er tour. C’est son ex­pé­rience et son men­tal d’acier qui ont fait la dif­fé­rence dans un 4e tour au scé­na­rio fou. Il s’est im­po­sé avec une der­nière carte de 70 (-2) pour un to­tal de 275 (-13) avec un coup d’avance sur ses com­pa­triotes Dus­tin John­son, Xan­der Schauf­fele et Brooks Koep­ka, 2e ex-ae­quo (276, -12).

EPA/MAXPPP

Ti­ger Woods a rem­por­té son 15e Grand che­lem et en­dos­sé sa 5e veste verte.

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