Jus­tice. Un an ferme pour le fils ba­gar­reur

Le Télégramme - Quimper - - QUIMPER. ACTUS - Lan­nig Ster­vi­nou

Ivre, le soir de son an­ni­ver­saire, un homme âgé de 20 ans s’est bat­tu avec son père, son beau­frère mais aus­si avec les gen­darmes ve­nus l’in­ter­pel­ler. Pré­sen­té en com­pa­ru­tion im­mé­diate, il a été condam­né à un an de pri­son ferme.

Le bras en écharpe, la barbe blonde nais­sante sur un vi­sage ju­vé­nile, Char­ly Dam­bri­court vient d’avoir 20 ans. Le ro­man­cier Paul Ni­zan a dit dans Eden Ara­bie : « J’avais 20 ans et je ne lais­se­rai per­sonne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Der­rière la vitre, dans le box des pré­ve­nus du tri­bu­nal de Quim­per, en ce mar­di après mi­di en­so­leillé, Char­ly tente de re­te­nir ses larmes, comme un homme. Il est pré­sen­té en com­pa­ru­tion im­mé­diate de­vant la juge Anne-Ma­rie Ro­bert et ses as­ses­seurs pour avoir exer­cé des vio­lences sur son père, son beau-frère et des gen­darmes. Tout avait pour­tant bien com­men­cé, ce sa­me­di 13 avril, alors qu’il fê­tait son an­ni­ver­saire chez sa soeur à Lo­cu­no­lé. Mais l’al­cool coule à flots. Et Char­ly le sait, la bois­son et lui ne font pas bon mé­nage. C’est d’ailleurs en rai­son des spi­ri­tueux qu’il a dé­jà connu la pri­son.

« J’ai vu Char­ly étran­gler son père »

Il ne conteste pas les faits, mais ne se sou­vient de presque rien. Alors, la juge lui ra­fraî­chit la mé­moire. Il est 1 h 50 et tout le monde a dé­jà beau­coup bu. Sauf sa belle-mère qui a re­joint les bras de Mor­phée de­puis long­temps. Au mo­ment de se cou­cher, son père dé­cide de re­gon­fler le ma­te­las pneu­ma­tique sur le­quel le couple dort. Le bruit du gon­fleur élec­trique dérange Char­ly Dam­bri­court, qui par­tage la chambre de son neveu de 4 ans. Il en sort comme une fu­rie et pousse son père au sol. Suit une ba­garre. « J’ai vu Char­ly étran­gler son père dans le cou­loir », ra­conte, dans sa dé­po­si­tion, le beau-frère. « Il avait le vi­sage qui chan­geait de cou­leur, alors j’ai don­né un shoot pour le faire lâ­cher ». Suit une autre ba­garre, cette fois avec le beau-frère. « Ça a dé­gé­né­ré à une vi­tesse folle. Il est de­ve­nu in­gé­rable », té­moigne la belle-mère. En plein cau­che­mar, le pe­tit gar­çon de 4 ans se met à pleu­rer, ef­frayé par la scène à la­quelle il est en train d’as­sis­ter. C’en est trop. Le beau-frère des­cend ap­pe­ler les gen­darmes.

Le ta­ser le calme à peine

Lors­qu’ar­rivent les deux gen­darmes qui se sont consti­tués par­tie ci­vile alors que ni le père, ni le beau-frère n’ont pas vou­lu por­ter plainte - le pré­ve­nu est tou­jours très agi­té. Il en gifle un. Donne un coup de coude à l’autre. Les in­sulte. Les gen­darmes usent de leur ta­ser. Au sol, pas­sa­ble­ment cal­mé, mais pas tout à fait re­ve­nu à la rai­son, l’homme donne un der­nier coup de pied violent dans le torse d’un des mi­li­taires. Ils par­viennent en­fin à le maî­tri­ser et le placent en garde à vue. « Je ne com­prends pas les rai­sons de ma co­lère. Je ne peux pas les ex­pli­quer. Je m’en veux, c’est tout », lance le pré­ve­nu à la barre, avant de fondre en larmes. Des gros san­glots qui l’em­pêchent de par­ler. Comme un en­fant. La mère du jeune est morte alors qu’il n’avait que 11 ans. Ado­les­cence dif­fi­cile ponc­tuée par des re­la­tions père-fils qui ne le sont pas moins. Son avo­cat le rap­pelle, sou­li­gnant « la dif­fi­cul­té à mettre des mots sur leurs maux ». Sa belle-mère évoque « un ga­min en souf­france » ; sa soeur « un gar­çon avec un bon fond ». Le Par­quet n’est pas de cet avis et dit avoir « l’im­pres­sion qu’il re­mer­cie sa fa­mille en lui don­nant des coups ». Il ad­met que « l’al­cool est un dé­to­na­teur » mais n’est pas « une cir­cons­tance at­té­nuante ». Char­ly Dam­bri­court a été condam­né à un an de pri­son et main­te­nu en dé­ten­tion. « Ça me fait peur. J’ai­me­rais que ma fa­mille soit là. J’ai beau­coup de choses à leur dire », bal­bu­tie Char­ly vi­si­ble­ment ron­gé par les re­mords.

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