Les dé­gats : « Un moindre mal vu les risques en­cou­rus »

Le Télégramme - Quimper - - QUIMPER. ACTUS - P. B.

Ne pas faire dé­ga­zer et neu­tra­li­ser sa cuve à fioul par un pro­fes­sion­nel peut avoir des conséquences par­ti­cu­liè­re­ment graves. Ni­co­las Ca­pi­taine, di­rec­teur de l’agence quim­pé­roise de la SARP Ouest Sa­ni­roise, en­tre­prise d’as­sai­nis­se­ment ex­plique. > L’en­lè­ve­ment d’une cuve à fioul dans une cave a pro­vo­qué

la pol­lu­tion dans l’Odet, le sa­me­di 6 avril.

Est-ce le seul risque au­quel s’ex­pose le par­ti­cu­lier ?

« Pas du tout, les dé­gâts peuvent ne pas être qu’en­vi­ron­ne­men­taux ! Une pol­lu­tion, c’est presque un moindre mal. Le risque peut al­ler bien au-de­là : s’il ne fait pas ap­pel à un pro­fes­sion­nel, le par­ti­cu­lier peut mettre sa vie en dan­ger : il ar­rive des ac­ci­dents mor­tels avec des cuves à fioul qui ex­plosent en rai­son des gaz in­flam­mables et ex­plo­sifs is­sus des pro­duits pé­tro­liers. Cer­taines per­sonnes at­taquent leurs cuves au cha­lu­meau ou à la dis­queuse sans se rendre compte des risques aux­quels ils s’ex­posent. Et puis évi­dem­ment, il faut chan­ger les pra­tiques : les gens ne se rendent pas compte du risque en­vi­ron­ne­men­tal quand il reste des résidus pé­tro­liers dans les cuves. On parle là d’hy­dro­car­bures, tout de même ».

> Avez-vous sou­vent en­ten­du par­ler de tels cas ?

« Heu­reu­se­ment, non. Les par­ti­cu­liers sont re­la­ti­ve­ment bien in­for­més par les chauf­fa­gistes no­tam­ment, ou les li­vreurs de fioul. Le risque que l’on ren­contre le plus sou­vent im­plique les cuves mé­tal­liques en­ter­rées à même le sol. Elles peuvent se cor­ro­der, se per­cer et le pro­duit peut alors se dé­ver­ser dans le sol. On as­siste alors à la ré­sur­gence d’hy­dro­car­bures dans des puits voi­sins ou la pol­lu­tion de nappes phréa­tiques ».

> Quelle est la bonne pro­cé­dure pour s’oc­cu­per d’une cuve à fioul ?

« Il y a une obli­ga­tion : celle que tout conte­nant ayant ac­cueilli des pro­duits, comme ceux d’une dans une cuve à fioul, doit être neu­tra­li­sé en cas de ces­sa­tion d’ac­ti­vi­té. La pre­mière chose à faire, c’est de réa­li­ser un de­vis au­près d’une en­tre­prise. Il faut sa­voir que des aides de l’État peuvent être ob­te­nues. Au to­tal, le prix est es­ti­mé entre 800 € et 1 000 €. En­suite, un ex­pert conduit une vi­site pour dé­ter­mi­ner le temps de tra­vail et les risques avant que les pro­fes­sion­nels ne viennent s’oc­cu­per de la cuve. Ils pos­sèdent des ca­mions spé­ci­fiques pour réa­li­ser ce genre d’opé­ra­tions, et des dé­tec­teurs de gaz pour ga­ran­tir la neu­tra­li­sa­tion. Cette der­nière doit in­ter­ve­nir dans les 48 heures après le dé­ga­zage. Il faut en­vi­ron une de­mi-jour­née de tra­vail ».

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