Le Télégramme - Quimper

Lecointre et Retornaz enfin dans le même bateau

Les Jeux Olympiques ont été décalés d’un an. Un an de plus pour rester en haut de l’affiche pour Camille Lecointre et Aloïse Retornaz, qui ont repris les entraîneme­nts en double sur leur 470.

- Aline Merret

Depuis 2018 et leur associatio­n en 470, Camille Lecointre et Aloïse Retornaz avaient en tête les Jeux Olympiques de Tokyo et le mois d’août 2020 coché en rouge sur l’agenda. Mais le covid-19 est passé par là et la date a été décalée d’un an !

Après le confinemen­t, le duo a dû encore attendre avant de pouvoir reprendre les entraîneme­nts avec Gildas Philippe, leur entraîneur : « Ça a été un peu long avant qu’on ait un vrai feu vert de la Fédération française de voile. La reprise se passe bien, en douceur », explique Aloïse Retornaz.

La semaine passée à Brest, cette semaine en stage à Quiberon, elles sont enfin sur le même bateau. Camille Lecointre lâche : « Ça s’est fait attendre cette reprise à deux. Ça faisait partie des absurdités parce qu’on était un peu entre deux systèmes. La plaisance avait déjà repris, les gens pouvaient partir en croisière à plusieurs sur un bateau et nous, on n’avait toujours pas le droit de reprendre les entraîneme­nts en double. On ne savait pas trop si on était considéré comme un sport d’équipe ou de contact… »

« Les réflexes à deux reviennent plutôt bien »

Mais ça y est, elles peuvent reprendre leurs marques : « Les réflexes à deux, ça revient plutôt bien. Il y a même des petits trucs où on se dit qu’on s’en sort mieux qu’avant. C’est bien qu’on ait pu se regrouper avec d’autres 470. Là, on est cinq équipages avec des jeunes qui sont déjà passés en mixte puisqu’en 2024 ce sera une discipline mixte », avoue Aloïse.

Mais d’ici-là, l’objectif des Brestoises est pointé sur les JO de Tokyo avec encore pas mal d’incertitud­es. « On reprend un rythme assez tranquille parce qu’en fait, on ne sait pas encore quelles vont être nos prochaines compétitio­ns. Parce que nos championna­ts d’Europe (Hyères, septembre) et du monde (Palma, octobre), qui ont été reportés, n’ont pas été confirmés mais la classe décidera fin juin », avoue Camille.

Et ce manque d’échéances, ce n’est pas facile à gérer pour les sportifs de haut niveau : « Si notre prochaine "compét", c’est en mars, ça va être un hiver d’entraîneme­nt interminab­le. On a les Jeux en ligne de mire mais on a besoin de confrontat­ion pour se remotiver, se remettre à niveau, nous réorienter sur certaines choses. Là, comme ça dans le vide, c’est très dur ». Et il va falloir trouver des partenaire­s d’entraîneme­nt parce que jusque-là, le duo tricolore pouvait le faire avec des étrangères mais ça ne peut pas durer.

« Garder un ascendant sur les autres »

Camille Lecointre et Aloïse Retornaz sont évidemment motivées par cette reprise mais savent que mentalemen­t ça va être long jusqu’à l’été prochain : « On a quitté la saison à un moment où c’était très intense puisqu’on était dans le sprint final vers les Jeux qui ont finalement été reportés. On aura une grosse partie de mental à travailler. C’est important de garder notre ascendant sur les autres. On est parties, on était numéros 1 mondiales et il faut qu’on revienne en leur disant : voilà, on est toujours là ». Les championne­s d’Europe et médaillées de bronze au Mondial ont bien l’intention de gravir les sommets olympiques.

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Photo S. Beekandt Camille Lecointre et Aloïse Retornaz ont enfin pu reprendre les entraîneme­nts ensemble.

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