Le Télégramme - Quimper

Mariage : la pandémie a bousculé leurs plans

À Douarnenez, les mariages sont à nouveau célébrés depuis samedi. Deux couples se sont dit oui ce week-end, les premiers depuis le déconfinem­ent. Tous n’ont pas eu cette chance. Stéphanie et Olivier ont, eux, dû annuler la cérémonie.

- Léa Gaumer

Ça devait être le plus beau jour de leur vie. Le 16 mai, Stéphanie et Olivier auraient dû se passer la bague au doigt en l’église Saint-Jacques de Pouldavid. Un nouveau chapitre pour le couple qui s’est rencontré en 2013. « Un coup de foudre. Sa mère tenait un bar sur le Port-Rhu. Je suis allé y boire un coup et je l’ai aperçue », se souvient Olivier. Mais pandémie de Covid-19 oblige, les deux tourtereau­x ont dû annuler la cérémonie.

Depuis la demande, à Porticcio (Corse), ils n’avaient pourtant pas chômé. C’était en juillet 2019. Olivier avait offert un pendentif à sa future épouse après avoir mis un genou dans le sable de la Plage blanche. « La totale », sourit Stéphanie en y repensant. « Nous nous sommes plongés dans les préparatif­s dès notre retour sur le continent, poursuit la quadra, maman d’un petit garçon. Mairie, église, manoir, traiteur, photograph­e, DJ, fleurs, déco… Nous avions tout pensé, tout organisé dans les moindres détails ». Un événement aux 70 invités.

Les alliances étaient gravées depuis le mois de novembre, mises en lieu sûr. Le costume du futur marié, acheté le week-end précédant le confinemen­t, trône aujourd’hui au milieu du salon. « Il est là, sous mon nez. C’est une petite tentation mais j’ai promis de ne pas regarder », explique Stéphanie. Il ne faudrait pas se porter la poisse, alors que la cérémonie devrait finalement avoir lieu en avril 2021.

« Pourquoi nous ? »

À deux mois du grand jour, c’est le drame. Les annonces du gouverneme­nt se succèdent. Parmi elles, le report des mariages. « La cata ». Le ciel tombe sur la tête des deux amoureux. « Au début, on n’y croit pas, on se dit que ce n’est pas possible. Puis on passe par tous les états. Incompréhe­nsion, tristesse, déception, colère… » Avec une seule question : « Pourquoi nous ? ». Adieu la lune de miel, bookée aux Seychelles, où ils devaient s’envoler trois jours plus tard. « C’était un peu le voyage de toute une vie, pour moi qui ne suis jamais partie très loin, regrette la Douarnenis­te d’origine, qui vit maintenant près de Brest. Annuler ses congés, reprendre le boulot et se dire « Tiens, là j’aurais dû être au soleil », ça a été très compliqué ». Olivier se fait vite une raison. « Plus vite que ma conjointe ». Stéphanie, elle, s’accroche à son rêve. Pendant quinze jours, elle espère, attend une bonne nouvelle. Avant que tous deux ne finissent par se rendre à l’évidence et ne fassent le choix de reporter l’événement. Heureuseme­nt, ils ne tardent pas trop. « Nous étions dans les premiers à prendre cette décision, explique la future mariée. Beaucoup de couples ont attendu deux fois plus longtemps, histoire d’avoir plus d’informatio­ns ». Tous les prestatair­es peuvent être maintenus. Après la déception, place au soulagemen­t.

Partie remise

Le 16 mai arrive enfin. « L’attente était terrible ». Après-midi maussade pour le couple, qui aurait dû se présenter devant monsieur le maire à 13 h 45. Le jour J passé, Stéphanie et Olivier peuvent commencer à se projeter au printemps prochain.

« Avec le confinemen­t et les 2/3 kilos en plus, il va sûrement falloir réessayer la robe en début d’année prochaine », s’amuse la quadra. Avec le recul, les deux sont convaincus d’avoir pris la bonne décision et prennent les choses avec philosophi­e.

« On ne se voyait pas respecter les gestes barrières, porter les masques, rester à un mètre les uns des autres, ne pas pouvoir prendre notre famille dans nos bras. Nous nous marierons dans quelques mois, la fête n’en sera que plus belle ».

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Photo DR Stéphanie et Olivier auraient dû se marier le 16 mai.

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