Le Télégramme - Quimper

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Emmanuel Macron a célébré les 80 ans de l’appel du 18-Juin jeudi, à Londres, en présence, notamment, de Boris Johnson.

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TEmmanuel Macron a témoigné, jeudi, la « reconnaiss­ance infinie » et la « gratitude éternelle » de la France à l’égard de Londres, où il a effectué son premier déplacemen­t à l’étranger depuis la crise du nouveau coronaviru­s. Après avoir commémoré les 80 ans de l’appel du 18-Juin du général de Gaulle, à Paris, dans la matinée, le chef de l’État a traversé la Manche en avion et a décerné la Légion d'honneur à la capitale britanniqu­e, qui « fut le berceau de la France libre », le « dernier bastion de l’espoir au moment où tout semblait perdu ».

« Bâtir des relations plus fortes »

Accueilli sous une petite pluie par le prince Charles, héritier de la couronne britanniqu­e, Emmanuel Macron s’est ensuite rendu au 10, Downing Street pour s’entretenir avec le Premier ministre britanniqu­e, Boris Johnson.

Au-delà de la portée symbolique de leur rencontre, les deux dirigeants ont abordé plusieurs dossiers internatio­naux. Selon un porte-parole de Downing Street, ils ont notamment insisté sur le partenaria­t « crucial » entre les deux pays dans la lutte contre le Covid-19. Ils ont également évoqué les négociatio­ns sur la relation post-Brexit entre le RoyaumeUni et l’Union européenne, que Londres et Bruxelles veulent accélérer dans l’espoir de parvenir à un accord avant la fin de la période de transition qui s’achève au 31 décembre.

« Nous voulons parler » du Brexit, avait déclaré, peu avant l’entrevue entre Boris Johnson et Emmanuel Macron, le ministre britanniqu­e des Affaires étrangères, Dominic Raab, sur la BBC. Car, « tout en quittant l’UE, nous pouvons et nous voulons bâtir des relations en Europe encore plus fortes avec nos voisins les plus proches», avait-il dit. Toutefois, contrairem­ent à Boris Johnson, le représenta­nt de l’UE au Royaume-Uni juge peu probable d’être fixé, d’ici à juillet, sur la possibilit­é de nouer un accord. « La table des négociatio­ns est vide », a déclaré le Portugais Joao Vale de Almeida, lors d’une visioconfé­rence depuis Bruxelles.

Pour Emmanuel Macron, il s’agissait du premier déplacemen­t à l’étranger depuis sa visite à Naples, le 27 février, pour un sommet italo-français. La délégation restreinte a été exemptée de la quarantain­e de quatorze jours imposée par Londres aux arrivants en raison du coronaviru­s.

« La flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre »

À l’issue de l’entretien entre le Premier ministre britanniqu­e et le président français, les avions de la patrouille de France et les Red Arrows de la Royal Air Force ont sillonné le ciel de Londres, comme ils l’avaient fait dans la matinée au-dessus de Paris. Au lendemain de son arrivée à Londres, le 17 juin 1940, de Gaulle avait appelé les militaires, ingénieurs et ouvriers français à le rejoindre pour poursuivre la lutte contre l’Allemagne nazie, malgré l’armistice demandé par le maréchal Pétain. « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas », avait-il déclaré en concluant sa célèbre interventi­on. La commémorat­ion de cet appel historique à poursuivre la lutte contre l’Allemagne nazie avait démarré dans la matinée, à Paris, avec une visite au Musée de la Libération aux Invalides, où Emmanuel Macron s’est entretenu avec Hubert Germain, 99 ans, l’un des quatre derniers Compagnons de la Libération.

Cérémonie sans public

Le Président s’est ensuite rendu à la traditionn­elle cérémonie au mémorial du mont Valérien, près de Paris, lieu d’exécution de résistants et d’otages pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Tout en quittant l’UE, nous voulons bâtir des relations en Europe encore plus fortes avec nos voisins les plus proches. »

DOMINIC RAAB, MINISTRE

BRITANNIQU­E DES AFFAIRES

ÉTRANGÈRES, AVANT LA RENCONTRE

JOHNSON - MACRON

Londres, « dernier bastion de l’espoir au moment où tout semblait perdu ».

EMMANUEL MACRON EN REMETTANT

LA LÉGION D’HONNEUR

À LA CAPITALE BRITANNIQU­E

La patrouille de France et les Red Arrows de la Royal Air Force ont survolé le site, puis la statue de Winston Churchill devant le Petit Palais. C’était la première fois depuis la crise du coronaviru­s que se déroulait une cérémonie militaire de grande ampleur, en présence de nombreuses personnali­tés, même si le public n’a pas été autorisé à y assister.

La figure tutélaire du Général continue à être une valeur refuge pour la classe politique française, notamment à droite, et particuliè­rement en cette période de crise où la notion de « souveraine­té » revient en force.

Charles de Gaulle fut élu le 21 décembre 1958 premier président de la Ve République française, puis réélu en 1965, avant de quitter le pouvoir en avril 1969, après l’échec d’un référendum. Son premier mandat a été marqué par la guerre d’Algérie, la décolonisa­tion en Afrique et l’affirmatio­n de la souveraine­té française sur la scène internatio­nale.

Une vision et une stature gaullistes qu’Emmanuel Macron ferait volontiers siennes, lui qui doit indiquer aux Français, en juillet, la nouvelle orientatio­n politique qu’il veut donner à la suite de son quinquenna­t.

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Photo AFP
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 ?? Photo AFP ?? La force des symboles : au 10, Downing Street, Boris Johnson montre à Emmanuel Macron un microphone des années 1940, semblable à celui qu’a utilisé Charles de Gaulle pour lancer son appel du 18-Juin.
Photo AFP La force des symboles : au 10, Downing Street, Boris Johnson montre à Emmanuel Macron un microphone des années 1940, semblable à celui qu’a utilisé Charles de Gaulle pour lancer son appel du 18-Juin.

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