LES BRE­TONS RES­TENT EN RE­TRAIT

Alors que la banque en ligne sé­duit de plus en plus de Fran­çais, les Bre­tons sont en­core ré­ti­cents à fran­chir le pas. Ils res­tent at­ta­chés aux éta­blis­se­ments tra­di­tion­nels.

Le Télégramme - Saint-Brieuc - - LA UNE - Ma­rine Le Clech

Ils sont plus at­ta­chés aux gui­chets en dur que par­tout ailleurs en France.

1 Qui uti­lise les banques en ligne en Bre­tagne ?

Des qua­dra­gé­naires vi­vant dans les grandes ag­glo­mé­ra­tions et de ca­té­go­ries so­cio­pro­fes­sion­nelles éle­vées : voi­ci le por­trait-ro­bot du client bre­ton des banques en ligne, se­lon une étude Ar­cane Re­seard pour Show­here et Bour­so­ra­ma Banque. Un pro­fil proche de la moyenne na­tio­nale.

En re­vanche, la Bre­tagne se dis­tingue avec le taux le plus faible de pé­né­tra­tion (10 % contre 14 % en moyenne au ni­veau na­tio­nal). Au­tre­ment dit, les banques en ligne, banques mo­biles et autres néo­banques sé­duisent moins de clients en Bre­tagne qu’ailleurs. D’im­por­tantes dis­pa­ri­tés sont à si­gna­ler dans notre ré­gion. On constate que les taux de pé­né­tra­tion les plus faibles (- 7 %) concernent les pe­tites com­munes ru­rales. Ils grimpent en­suite en fonc­tion de la taille des villes et sont ti­rés par les cadres et les pro­fes­sions li­bé­rales, re­lève l’étude. C’est à Rennes qu’il at­teint le plus haut ni­veau. « En zone ur­baine, le mo­dèle de la banque à dis­tance a convain­cu as­sez vite », ex­plique Au­rore Gas­pard, di­rec­trice gé­né­rale ad­jointe de Bour­so­ra­ma.

Pas d’em­bal­le­ment tou­te­fois puisque le taux dans la mé­tro­pole ren­naise ne dé­passe pas la moyenne na­tio­nale : 14 %. Loin des 19,8 % af­fi­chés en Ile-de-france.

2 Pour­quoi les Bre­tons sont-ils crain­tifs ?

« Le be­soin de voir quel­qu’un en face-à-face pour dis­cu­ter de mes comptes et me faire conseiller » : c’est la pre­mière rai­son in­vo­quée par les Bre­tons (45 %) pour jus­ti­fier leur re­fus de sous­crire à une banque en ligne.

Il suf­fit de voir la mo­bi­li­sa­tion dans cer­taines com­munes bre­tonnes pour le main­tien d’une agence ban­caire pour com­prendre que les Bre­tons sont at­ta­chés au mo­dèle ban­caire tra­di­tion­nel. La fer­me­ture d’une agence ou d’un dis­tri­bu­teur de billets est sou­vent as­si­mi­lée à la mort d’un bourg.

Autres freins au dé­ve­lop­pe­ment des banques en ligne : l’ac­cès à in­ter­net, no­tam­ment dans le Centre-bre­tagne où cer­taines zones blanches per­sistent, et le vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion. « Deux freins qui vont dis­pa­raître dans les an­nées à ve­nir », se­lon Au­rore Gas­pard.

3 Com­ment les banques en ligne veulent-elles ga­gner du ter­rain ?

Le mar­ché est en train d’ac­cé­lé­rer.

Les ac­teurs se mul­ti­plient, avec d’un cô­té les his­to­riques (Bour­so­ra­ma, For­tu­néo, ING) et de l’autre, les néo­banques (Orange Bank, Hel­lo Bank). Et pour conqué­rir de nou­veaux clients, la guerre des prix fait rage, avec no­tam­ment des cartes ban­caires gra­tuites.

La loi Ma­cron, qui fa­ci­lite la mo­bi­li­té ban­caire, pro­fite aus­si aux banques en ligne.

En­fin, elles ont ga­gné en no­to­rié­té. Ré­sul­tat, les « ré­ti­cences des clients vis-à-vis des ac­teurs en ligne sont moins nom­breuses que par le pas­sé », confirme Alexis Ché­ry, du ca­bi­net de con­seil Simon Ku­cher, dans Les Echos.

En Bre­tagne, le sou­hait d’ou­vrir un compte dans une banque en ligne dé­passe dé­sor­mais les 20 %. Bour­so­ra­ma, qui compte 65 000 clients bre­tons, af­fiche une crois­sance de 6 % sur un an, en août der­nier. C’est la deuxième évo­lu­tion la plus im­por­tante après l’île-de-france pour le lea­der du mar­ché, qui comme ses concur­rents, n’a pour­tant tou­jours pas at­teint l’équi­libre.

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