L’HOM­MAGE DE LA NA­TION

Les 13 sol­dats tués au Ma­li, la se­maine der­nière, ont été faits, lun­di, che­va­liers de la Lé­gion d’hon­neur. Lors d’un hom­mage na­tio­nal aux In­va­lides, Em­ma­nuel Ma­cron s’est in­cli­né de­vant « leur sa­cri­fice ».

Le Télégramme - Saint-Brieuc - - LA UNE -

Le pré­sident Ma­cron s’est in­cli­né de­vant leur « sa­cri­fice ».

Dans une at­mo­sphère lourde, le chef de l’état a sa­lué « treize des­tins fran­çais », de­vant quelque 2 500 per­sonnes, dont les fa­milles des vic­times. Mi­li­taires, an­ciens com­bat­tants, ano­nymes… Ils étaient des mil­liers à s’être d’abord réunis pour voir pas­ser le cor­tège sur le Pont Alexandre III, avant qu’il ne pé­nètre dans l’en­ceinte de la cour des In­va­lides qui ac­cueille, de­puis le XVIIE siècle, vé­té­rans et bles­sés de guerre. Les cer­cueils dra­pés des cou­leurs na­tio­nales ont en­suite été por­tés par les ca­ma­rades des sol­dats tués, au son des tam­bours, au coeur de la cour pa­vée.

« Morts pour la li­ber­té »

Em­ma­nuel Ma­cron a égrai­né, un à un, leurs noms et leurs par­cours, le ton grave, sa­luant le « cou­rage » et les « qua­li­tés hu­maines » de ces hommes qui ont trou­vé la mort dans la col­li­sion de deux hé­li­co­ptères lors d’une opé­ra­tion de com­bat, dans le nord-est du Ma­li. « Je m’in­cline de­vant leur sa­cri­fice », « ils sont morts pour nous tous », a dé­cla­ré le chef de l’état. « Ils sont morts en opé­ra­tion, pour la France, pour la pro­tec­tion des peuples du Sa­hel, pour la sé­cu­ri­té de leurs com­pa­triotes et pour la li­ber­té du monde, pour nous tous qui sommes là ».. Tous ont été faits che­va­liers de la Lé­gion d’hon­neur, à titre posthume.

Le pré­sident ma­lien, Ibra­him Bou­ba­car Kei­ta, as­sis­tait à la cé­ré­mo­nie, de même que les an­ciens pré­si­dents Nicolas Sar­ko­zy et Fran­çois Hol­lande, le Pre­mier mi­nistre Édouard Philippe, et les res­pon­sables des prin­ci­paux par­tis po­li­tiques.

Mar­got Lou­vet, 23 ans, ve­nue de Gap (Hautes-alpes), ar­bo­rait sur son tee-shirt la pho­to of­fi­cielle, sur fond bleu blanc rouge, de son meilleur ami dé­cé­dé, An­toine Serre, 22 ans, du ré­gi­ment de chas­seurs de la ville. « Être ici, c’est une fa­çon de faire le deuil, de réa­li­ser qu’il ne ren­tre­ra pas », a-t-elle confié avant la cé­ré­mo­nie.

Opé­ra­tion Bar­khane : les Fran­çais di­vi­sés

« Ils sont morts pour nous tous qui sommes là ».

LE PRÉ­SIDENT EM­MA­NUEL MA­CRON

Le lourd bi­lan hu­main de ce drame, qui laisse treize or­phe­lins de père, a fait l’ef­fet d’un élec­tro­choc en France, dont l’ar­mée n’avait pas su­bi de telles pertes de­puis l’at­ten­tat contre le QG fran­çais Drak­kar, à Bey­routh, en 1983 (58 morts). Le dé­cès de ces sol­dats a éga­le­ment re­lan­cé les ques­tions au­tour de l’en­ga­ge­ment fran­çais au Sa­hel, où la si­tua­tion sé­cu­ri­taire ne cesse de s’ag­gra­ver. Presque six Fran­çais sur dix (58 %) sont tou­te­fois fa­vo­rables au main­tien de l’opé­ra­tion Bar­khane, se­lon un son­dage Ifop pu­blié lun­di.

Pho­to AFP

Les cer­cueils dra­pés des cou­leurs na­tio­nales ont été por­tés par les ca­ma­rades des sol­dats tués, de­vant le chef de l’état.

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