Les Eh­pad confron­tés à de vives dif­fi­cul­tés de re­cru­te­ment

Près de la moi­tié des mai­sons de re­traite mé­di­ca­li­sées peinent à at­ti­rer du per­son­nel, se­lon une étude de la DREES.

Les Echos - - FRANCE - Adrien Le­lièvre @Le­lie­vre_A­drien

Les temps sont durs pour les Eh­pad. Au-de­là du manque de moyens fi­nan­ciers dé­non­cé par le per­son­nel, les mai­sons de re­traite mé­di­ca­li­sées dé­clarent avoir de vives dif­fi­cul­tés de re­cru­te­ment. Se­lon une étude de la DREES por­tant sur l’an­née 2015, 49 % des éta­blis­se­ments d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes (Eh­pad) du sec­teur pri­vé disent être confron­tés à des dif­fi­cul­tés de re­cru­te­ment, ain­si que 38 % des éta­blis­se­ments pu­blics. Des dif­fi­cul­tés en lé­gère baisse par rap­port à 2011 dans le pri­vé (–1 point) comme dans le pu­blic (–2 points). Il est vrai que le re­nou­vel­le­ment des sa­la­riés est fré­quent dans ces éta­blis­se­ments, 15 % du per­son­nel ayant moins d’un an d’an­cien­ne­té.

Des postes non pour­vus pen­dant long­temps

Par­mi les Eh­pad ren­con­trant des dif­fi­cul­tés à at­ti­rer des sa­la­riés, 63 % ont des postes non pour­vus de­puis six mois ou plus. Les dif­fi­cul­tés concernent sur­tout les aides-soi­gnants et les mé­de­cins co­or­don­na­teurs. Le re­cru­te­ment d’in­fir­miers pose, lui, moins de pro­blèmes.

Les éta­blis­se­ments des com­munes iso­lées sont les plus concer­nés : près de 50 % d’entre eux ren­contrent des dif­fi­cul­tés de re­cru­te­ment, 15 % ayant des postes de mé­de­cins co­or­don­na­teurs non pour­vus. Mais l’Ile- de-France n’est pas épar­gnée : 47 % des Eh­pad pa­ri­siens ont éga­le­ment du mal à re­cru­ter des aides-soi­gnants et des in­fir­miers. Une si­tua­tion qui, se­lon l’étude du ser­vice de sta­tis­tiques du mi­nis­tère des Af­faires so­ciales et de la San­té, s’ex­plique par une pro­por­tion d’éta­blis­se­ments pri­vés plus éle­vée qu’ailleurs.

Tous per­son­nels confon­dus, le taux d’en­ca­dre­ment moyen en Eh­pad a pour­tant aug­men­té par rap­port à 2011, à 62,8 équi­va­lents temps plein pour 100 places fin 2015, contre 59,5 quatre ans plus tôt. Même si le ni­veau moyen de perte d’au­to­no­mie des ré­si­dents a lui aus­si aug­men­té sur cette pé­riode, no­tam­ment en rai­son du dé­ve­lop­pe­ment de la ma­la­die d’Alz­hei­mer, la hausse du taux d’en­ca­dre­ment se vé­ri­fie à ni­veau de dé­pen­dance com­pa­rable, pré­cise l’étude.

Le taux d’en­ca­dre­ment des struc­tures pri­vées à but lu­cra­tif – 55,6 équi­va­lents temps plein (ETP) – est in­fé­rieur de 10 points à ce­lui des Eh­pad pu­blics hos­pi­ta­liers, alors que les per­sonnes ac­cueillies sont aus­si dé­pen­dantes. Les Eh­pad pu­blics non hos­pi­ta­liers at­teignent, eux, 69,9 ETP pour 100 places. Concer­nant le per­son­nel soi­gnant (aides-soi­gnants, in­fir­miers ou psy­cho­logues, mais hors mé­de­cins), le taux d’en­ca­dre­ment moyen est de 28,1 ETP, avec, là en­core, de fortes dis­pa­ri­tés entre le pu­blic (36,7 dans les Eh­pad hos­pi­ta­liers) et le pri­vé (22,8 ETP dans le sec­teur lu­cra­tif). ■

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